autobiographies #01 | projets

Terrain. Un chemin de terre sculpté par des chenilles. Talus et tumulus en jachère…Pierres en taille brute et bruyère foisonnante. Bruits de ville muets. Etoiles clignotantes d’avions s’éloignant dans le noir. Murs de terre aux alentours et vasque d’eau stagnante en contrebas. Vaste espace tourmenté sous un dôme de ciel. Nénuphars et roseaux. Pont de bois de jardin japonais. Graviers imberbes crissant sous les pieds. Tonnelle et margelle sous un parasol. On sirote un verre de manzanilla dans la fraîcheur d’un soir d’automne. Tant de choses à faire. Auvent et luminaires. Ronces rampantes à déraciner et cerisiers à enraciner. Moustiques à chasser par poissons interposés. Stridulations de criquets bercés au rythme d’un ronron de chat. Monticule de bois pour l’hiver. Armatures et barrières métalliques avec casque d’appoint. Plan de masse en accordéon pour piquets écarlates. Corde en coins comme ton sourire. Trou souterrain en pente pour tranchées béantes en attente de raccordement. Briques ensablées à assembler. On avance.

Plantes herbacées et plants de tomates. Pommes de terre et poireaux à extraire. Choux à planter au cordeau sous le regard endormi d’un hibou guettant rats et mulots. Rat des villes et rat des champs. On est l’un ou l’autre à l’affût d’une source d’abondance. Potager à partager. Collecteur d’eaux de pluie prisonnières de chaînes de gouttière, finissantes et mourantes dans un fond de bac recyclé. Semis buttés et rebutés. Bois mort brûlant aux quatre vents. Fanes et racines compostés. Odeurs de saucisses grillées. Rosé et rougeurs. Ton rire cristallin. Discussions interminables sur la pluie et le beau temps. Partage entre voisins. Recette de gratin à la mode dauphinoise et aligot. On recouvre la serre d’un linceul de toile. Protéger la nouvelle génération des salades et des carottes. Arroser avant de partir sauf par temps de pluie. Outils remisés et bottes décrottées on reviendra demain.

Torchis ou paille de la couleur de tes cheveux. Chanvre à étendre et chanvre à fumer pour toit et pour moi. Peinture acrylique blanc mat cassé…trois pots et deux couches. Plinthes et moulures plafonds et fenêtres. Plancher brut à bois franc ou en epoxy métallisé, en style chevron à bâtons rompus sous un escalier à quart tournant d’abord à droite puis à gauche. Baie vitrée au nord avec persienne et volets à double battant à l’est à moins que ce ne soit à l’ouest. Oeuf de boeuf ou puits de lumière c’est à voir. Fenêtre à crémaillère à installer pour une crémaillère à organiser ce soir. Cheminée à granulés sans enfumage pour le chat et les nuits froides. Lampes à batteries pour panneaux sans soleil. Entrée simple sans chichis, pour gens chics, de plein pied au son du carillon. Portes pleines avec ou sans fenêtres à foyer triple épaisseur. Salon et séjour à moins que ce ne soit un simple séjour au salon. Tout ça c’est de la cuisine interne. Cuisine encastrée ouverte sur le monde du salon ou repliée sur son îlot de chaleur. Et les chambres? chaleureuses et spacieuses. Au fait combien serons-nous?

A propos de Laurent Damerval

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