#été 2023 Estivales

# été 2023 #07bis il n’a pas assez parlé

Il n’a pas assez parlé de cette odeur de sang mêlé odeur de métal d’entrailles débordantes odeur de souffrance odeur de savon liquide odeur de désinfectant qui jamais ne peut masquer toujours dessous l’odeur de miasmes toujours revient l’odeur de pus il n’a pas assez respiré l’odeur du vent son esprit ne peut recomposer l’odeur du vert de l’herbe l’odeur Continuer la lecture# été 2023 #07bis il n’a pas assez parlé

###été 2023#09 La maison où il a grandi

Depuis longtemps, il me demande de venir le voir dans sa maison des G. Au téléphone, lorsque j’annonce la date et l’heure probables de notre arrivée sa femme m’explique le chemin. pas celui mentionné sur l’adresse, la rue de l’église (c’est facile, au bout on voit l’église) jusqu’au bout, puis tourner deux fois à gauche et le chemin du pâtre Continuer la lecture###été 2023#09 La maison où il a grandi

véronique müller #été 2023

  • #été2023 #10bis | instance

    /

    tu participes à un atelier d’écriture et je viens au monde et tu m’écoutes à peine et je peine et tu traînes. alors j’ourdis et m’alourdis des complots à ton assaut. 
    dans quels limbes tu me laisses non-advenue, éperdue, dans quels états j’erre, dans quelles matières éparses de tes feintes indifférences m’écris-tu, quand tu pourrais d’un trait faire advenir ce qui est : la solidité et ma vie, prise dans le miracle d’un corps, intérieur et extérieurs compris, ainsi qu’etcaetera,  que tu tardes tant à rassembler, à malaxer. malaxe, toi, malaxe, comment faut-il que je t’appelle, ramasse, ouvre les bras, bouge, foule-toi, glisse les mains dans la fonte des lettres, je te prie je te plie supplie. assise en tailleur sur le sable mouillé face à la mer, seulette tu pellètes distraite. est-ce que tu ne me sens dans ta  bouche bouger, est-ce n’entends les mots si vitaux de ma supplication que je ne trouverai si tu ne m’emboites et si nous n’allons, miche, récolter les sèves non encore entendues, inouïes, qui les prendront doucement mes membres, souverainement par leurs fins orifices dont nous savons si peu et qui sont si souples. viens,
    autorise que me vienne la vie. fais  stp même contre ton gré, le gré viendra plus tard, nous l’invoquerons ensemble, nous grimperons les falaises, fais que je devienne un personnage, fais que je sois ce personnage de toi, accepte-moi reçois-moi crée-moi. à quoi sinon serviraient tes bras.

    je publie aujourd’hui 25 août ce #10, juste après le #04, et plutôt que le #05, et je pense que je le laisserai à cet endroit-là du roman, si ce roman que j’avoue tenter d’écrire venait à advenir. parce que ce qui s’y dit du personnage, là, s’y dit à l’instant T, à cet instant présent du livre, c’est-à-dire après un, deux, trois et quatre et tous leur bis. (De même que je ne suis pas sûre que je pourrais garder le 07 et 07bis à l’endroit où ils sont, soit ils devront sauter, soit passer à l’avant, tant ils ont eu charge inaugurale pour moi. peut-être que je devrait les réécrire, puis les reprendre pour démarrer autre chose, leur chose.)

    je fais ce jour, jeudi 31 août, de ce #10, #10bis, ayant tenté ces nuits-ci la ponte d’un autre #10…

#7 Préparation du corps

Nous nous préparons à partir. Vers la rue Delanglade où siège le consulat d’Espagne, dans une rue tranquille bordée d’immeubles haussmanniens. Les cocktails Molotov sont planqués sous les blousons. Nous allons jeter les bouteilles sur les murs qui abritent les représentants de la dictature. Celle qui a garrotté Puig Antich. Certains comme moi devaient avoir peur. Les jeunes corps devaient Continuer la lecture#7 Préparation du corps

#Faire un livre #Prologue Rivières et ravines

J’ai demandé à Tonton Odilon de me raconter les rivières. Nous sommes seuls dans la maison à Bergette. Lui dans le jardin, moi dans mes cahiers. Nous parlons peu. Le chat Féfé dort à mes pieds. Tonton Odilon dit que les chats ça guéri. Il faut le laisser et ne pas le chasser. Est ce que j’ai besoin de guérison? Continuer la lecture#Faire un livre #Prologue Rivières et ravines

été2023 #09bis | Journal de Pl

Pl. le 12 août 2023 J’ai disparu. J’ai invoqué un vol de téléphone quand je l’avais simplement jeté dans le fleuve. Il est 18h quand le bus quitte R. et s’enfonce dans la forêt. Le ciel est d’un blanc laiteux. J’ignorais, y allant que ce que j’y trouverais correspondrait très exactement à l’image que je m’en faisais. C’est qu’il nous Continuer la lectureété2023 #09bis | Journal de Pl

#été2023 #07bis | l’odeur du silence

Je n’ai pas assez parlé de cette odeur passée. Les allées venues de la cuisine à la salle, de la terrasse au comptoir. Les effluves de la pêche du jour cuisiné pour les ouvriers à l’heure du déjeuner, la musique, les éclats de voix au jardin embaumant le soleil emmagasiné tout le long de la journée. Servir, desservir, remplir les Continuer la lecture#été2023 #07bis | l’odeur du silence