#techniques #03 | corps emmurement

Derrière les silences, son corps emmuré. Il n’y a pas de corps plus neutre, plus parfaitement transparent, plus au fait du vide que son corps de femme enfermée dans la maison. Son corps s’est délabré. Il l’a trahie. Le miroir de la salle de bain en est le seul témoin. Au bord du lavabo, son dentier trempe dans un bol. Continuer la lecture#techniques #03 | corps emmurement

#techniques #03 | 1 – riens notes

Les choses sont ainsi. Les gelures, les crevasses, l’odeur ; c’est au retour dans ta nuit et ta peau emporte les remugles du jour. Tu peux cacher tes mains. Mais l’odeur. Les choses sont ainsi. Le corps emporte, il porte. Puis il pourrit ou brûle, selon. Elle bouge ses bras en place de jambes, elle dit : mon corps est ma prison. Continuer la lecture#techniques #03 | 1 – riens notes

#revisite #08 | Le bol

J’ai été cet enfant qui regardait ce bol encrassé de tartre sur le bord de l’évier de la salle de bain. Ma mère m’y lavait en morceaux. Nous dormions tous les deux dans la chambre attenante et chaque nuit je rêvais que mes dents tombaient une à une dans le bol. Pas grandi en sachant que selon le centre national Continuer la lecture#revisite #08 | Le bol

#techniques #02 | Les sirènes d’ailleurs

Le noir des cheminées au loin, noyé dans le gris de la mer et du ciel. Tout étalé par des doigts géants et enfantins, les teintes se mélangent, traînées avec négligence les unes sur les autres. Les yeux tâtent, les yeux devinent les contours dissous de la côte qui remuent, des tuyères hoquettent leur vapeurs envoûtantes et vaguement mortifères. Les Continuer la lecture#techniques #02 | Les sirènes d’ailleurs

#technique #01(bis) | rien

Je ne peins pas l’arbre je peins le sentiment de l’arbre ( l’arbre de Matisse). L’arbre de Mondrian. De Durer. L’arbre de Kahlo. De Penone. L’arbre de Wyeth. Le sentiment de la lumière dans le cerisier peint. …et s’écarquiller pour voir entendre : mais rien ; se tromper sciemment, gagner une seconde sur…; la matité cireuse, le creux sous la paupière, la lèvre en dedans ; Continuer la lecture#technique #01(bis) | rien

#techniques #02 (2) | Silencio

Couloir. Portes. Plateaux. Les couloirs comme des rues : les portes énorme bayant sur la vastitude des studios. L’escadre en bleu de chauffe : sept heures. Camions, charriots, tours. Matin chargé de visses, de clous, de pigments, de plâtre. Châssis qu’on roule pour assemblage : une feuille à l’endroit une chambre à l’envers, ou l’inverse. Fenêtre avec rideaux de brocart Continuer la lecture#techniques #02 (2) | Silencio

#atelier|paysage, image phrase|Nuit

Le béton anthracite des buildings. La lumière partout, les bandeaux publicitaires aux néons bariolés déroulant la verticale et allongeant l’horizontale, les vitrines, phares aveuglants, inondant le trottoir, les couleurs criardes, tantôt clignotantes souvent paralysantes, crues et impudiques, si omniprésentes que la nuit oublie d’en afficher ses étoiles, renie l’espoir d’une aube, s’éternise. Le boulevard est insomniaque. La foule sans fin couche Continuer la lecture#atelier|paysage, image phrase|Nuit

#techniques #02 | la chambre petite

Verte et rêche, la couverture militaire qui recouvre à peine le lit, est trouée par endroits, mitée et brûlée par les cendres d’un cigare toscan — le marbre blanc de la haute commode garde les traces des colles, des peintures, des vernis dont les boites et les pots sont alignés là, contre le mur au papier peint jauni, avec parfois Continuer la lecture#techniques #02 | la chambre petite

#technique #02 | Olivier le patron du bar peint des marines à l’aube

Venelles. Longues fleurs : roses girafes. L’amer entre ciel et port, sa flèche noire-blanche-douce-amère en dentelle de pierre : hier. L’éclair d’une jetée (enfances) avec la grande lessive de septembre remontant la dune. L’immensité portée en seau. Un repas de sable et de coquillages? Dans les oyats l’immortelle safran. Le pin décharné. À dos de bicyclette l’océan ; le ciel rose. Continuer la lecture#technique #02 | Olivier le patron du bar peint des marines à l’aube