La poule et la coquille

C’est un bruit littéralement innommable. La langue française n’a aucun mot pour le signifier. Elle porte de nouveau une coquille de nacre à sa bouche, les lèvres en cul de poule, elle aspire. La matière flasque disparait en une seconde, aspirée par un cul de poule. Un cul de poule aspirant. C’est un bruit littéralement innommable. Puis dans un même Continuer la lectureLa poule et la coquille

Sentier

Sous le pont. L’herbe cesse, c’est la terre nue. Détrempée en hiver, toujours humide l’été. L’été la fraicheur de l’ombre, l’hiver l’humidité pénétrante. L’eau verte, qui roule doucement. Sauf après les jours et les nuits de pluie, dont elle revient bourbeuse et chargée. Le chemin, l’ancien chemin de halage, sûrement. Aujourd’hui seulement les promeneurs, les joggeurs, les chiens. L’hiver rien. Continuer la lectureSentier

En prenant le train, je pense d’abord à cette ville, et à ce qui m’attends dedans. J’arrive avec mes bagages, la buée aux fenêtres, le sol en marbre chauffé par l’appartement d’en dessous, la terre sèche des tomates cerises en pot, la clarté de ma chambre… Voilà ce que j’apporte. Pas fini.

Le trésor

L’immense clé du portillon. Grande comme pour ouvrir un coffre fort. Inutile puisqu’on a toujours préféré grimper sur les lames de bois gris pour passer par dessus. La ruelle bossue et rugueuse sous nos pieds nus. Il faut résister à la douleur jusqu’à la grande rue. Résister à l’appel du béton lisse et clément du caniveau. Le premier arrivé à Continuer la lectureLe trésor

autobiographies #04 | carnet d’adresses : l’esprit n’est rien sans le souffle des origines – A. Suarès

Le carnet d’adresses dans ma tête ne m’appartient pas. C’est le legs d’une petite fille.De couleur bleu franc, sa peau à l’odeur du vent dans les pins. Il contient un conglomérat de monde, un babélisme. Ses mots, éclats et brisures de vie, on le goût du sel. Ces lieux ne sont plus, ou peut-être n’ont-ils étaient que dans l’imaginaire d’une Continuer la lectureautobiographies #04 | carnet d’adresses : l’esprit n’est rien sans le souffle des origines – A. Suarès

autobiographies #03 | des arbres comme écriture

Avec insolence je prospérais au centre du jardin, au centre de sa vie de femme. Elle m’avait choisi par souvenir, en hommage à ces rares jours heureux, lorsqu’elle allait voir le carnaval de Nice. Par confiance aussi à mon espèce, annonçant toujours, immuablement le retour proche du printemps, seule certitude dans un monde désenchanté de petite fille. C’était l’année de Continuer la lectureautobiographies #03 | des arbres comme écriture

autobiographies #07 | «Ouvre la porte.» El gato negro.

En fait je n’aime pas les portes, j’aime ce qu’il y a derrière. Mais il faut l’ouvrir d’abord! Devant la porte de la cave, tous ensemble, la sirène vient de donner l’alerte. Juste comme il va l’ouvrir, le panneau du bas saute, premier souvenir à quatre ans de ce panneau devant nos pieds .La porte d’entrée des grands-parents, le heurtoir Continuer la lectureautobiographies #07 | «Ouvre la porte.» El gato negro.