autobiographies #07 | «Ouvre la porte.» El gato negro.

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En fait je n’aime pas les portes, j’aime ce qu’il y a derrière. Mais il faut l’ouvrir d’abord!

Devant la porte de la cave, tous ensemble, la sirène vient de donner l’alerte. Juste comme il va l’ouvrir, le panneau du bas saute, premier souvenir à quatre ans de ce panneau devant nos pieds .
La porte d’entrée des grands-parents, le heurtoir est trop haut pour nos petites jambes, on sonne impatiemment le petit déclic, elle s’ouvre, lourde la porte, et jaune défraichi. Ça sent déjà le jardin.
Juste de l’autre côté de la rue, la porte-fenêtre de la passementière à domicile, un peu bringuebalante, on l’ouvre vite chaque fois elle nous donne des bouts de ruban soyeux, des petits noeuds de toutes les couleurs, des bobines en bois pour en faire un tricotin. à six ans, on adore.
Le portillon en bois au ras du sol cache le puits pour les petits. Nous , à dix ans, on a le droit de l’ouvrir pour remplir le seau. Quel bonheur : on crie dedans pour l’écho.
La porte de l’appartement fermée à double tour de ses cinq ans à ses dix-neuf ans, on aime mieux la regarder côté couloir, vite dehors. on entend que déjà on la ferme derrière nous, le double tour toute la journée ce clic clac appuyé.
La double lourde porte à ventaux entre le couloir et la cour de récréation, très sombre, le penne est facile à ouvrir, la porte dure à ouvrir, les soeurs n’aiment pas la récréation. Nous si.
La porte grise en métal du cimetière de campagne. À quatorze ans, tu as envie d’ailleurs. Et bien non, tu iras en vélo du cimetière au transformateur, sept-cent mètres à tout casser, et pas plus loin.
La porte claquée en haut de l’escalier, on voit l’oncle les dévaler à toute allure, là-haut par l’entrebâillement, on a eu le temps de voir une tête, c’est tout, on n’en saura pas plus. Chut. On ne parle de rien ici.
La porte de la classe moyenne section, avant d’entrer tu la regardes sans y croire, les petits sont derrière toi, eux aussi poussent mais pas trop, ils n’osent pas. Tu prends ton temps, mets ta main sur le loquet, déjà ça sent la craie, et le tableau mouillé .Elle s’ouvre sans bruit.
La porte à double battant donne sur le couloir, tu as loué le rez-de-chaussée à une comtesse. Elle t’a prêté gentiment pour deux-trois jours son appartement au troisième étage pour une tante, tu l’ imagines très chouette : tu as la main sur le loquet très sale, la porte est d’un blanc terni, tu as comme un pressentiment…
La portière de voiture, il vient de l’ouvrir devant toi, te tend le panier, attend que tu sois assise, et vas-y sinon tu ne le feras jamais. Tu viens juste d’avoir ton permis. Elle a grincé la portière, elle n’est pas toute jeune, mais le vert argenté a bien tenu.
La porte battante s’ouvrant dans les deux sens, comme dans les saloons des westerns, dans ce restaurant familier. Et le geste de la serveuse, elle se tourne côté salle, pousse la porte avec ses fesses, passe très vite avec son plateau pour ne pas recevoir la double porte en retour. Dix fois, vingt fois et plus.
Le portillon vert de la vieille dame au rez- de- chaussée, Elle s’appuie dessus légèrement en tenant sa boite de bonbons à chaque sortie de classe. Il est toujours là ce portillon, pas la vieille dame.
Les portes de prison, depuis toujours, tu entends l’écho de ce bruit quand les gardiens les ferment. Le monde est une gigantesque prison, on a tous vu et entendu dans la vraie vie ou dans les vraies infos ou dans les films ces lourdes et grandes portes et le bruit assourdissant qui résonne encore et toujours.

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