#anthologie #23 | quatre ampoules, deux bananes et une boîte pour le chat

À droite rue D’Orsel, à quelques pas du premier, il y en a un grand, je n’y suis jamais entrée. Ma mère préfère le premier : Celui de l’angle est un vrai piège à touristes qui affiche des prix aberrants, en plus la moitié des produits se trouve en sous-sol et l’ascenseur est toujours en panne, avait dit ma mère; Continuer la lecture#anthologie #23 | quatre ampoules, deux bananes et une boîte pour le chat

#anthologie #10 | à l’ombre

Elle a 36 ans. Un mari aimant. Deux enfants déjà grands. Elle vit à Lyon. Ses yeux se mettent à rougir, à suppurer. Elle souffre d’une kératite aigue et ne supporte plus la lumière. Nous sommes à quelques jours de la date de sa mort et de sa naissance. J’ai peur de sortir dehors en plein lumière, en pleine chaleur. Continuer la lecture#anthologie #10 | à l’ombre

#anthologie #23 | les limbes de la bibliothèque

La bibliothèque de Bordeaux est un grand vaisseau en verre de quatre étages. L’architecture de ce bâtiment des années quatre-vingt n’est pas exceptionnelle, pourtant le lieu est exceptionnel. On y découvre des trésors de la littérature, poésie, films, musique, jeux et des livres sur des tas de thématiques. Et plus bas ? Plus bas on y trouve le premier sous-sol, Continuer la lecture#anthologie #23 | les limbes de la bibliothèque

#anthologie #17 | à la supérette de Meymac

Les enfants ont d’abord râlé. Quoi la Corrèze? Pourquoi ne retourne-t-on pas en Espagne ou en Toscane? Heureusement la piscine, la table de ping-pong et le baby-foot ont rapidement eu raison de leurs réticences. Et puis, trouver une maison à louer en juillet pour douze personnes avec piscine quand on s’y prend en juin limite le champ des possibles. Voilà comment je me retrouve un samedi matin de juillet 2010, dans la supérette de Meymac, une liste de courses à la main, à la recherche de flocons d’avoine. Que de temps on perd dans un magasin qu’on ne connaît pas. Les rayons sont déserts, personne à qui demander un renseignement. Devant le rayon des pâtes et du riz, une silhouette familière. L’homme est de dos. Chemise bleue en fil, pantalon large gris, le cheveux est court et gris, le crâne légèrement dégarni, un morceau de papier dans la main gauche. Je m’arrête, retiens mon souffle, souhaite devenir invisible. Ne pas le déranger. L’animal a l’oreille fine. I Continuer la lecture#anthologie #17 | à la supérette de Meymac

#anthologie #23 | remonter le temps

La première fois que je suis revenu en arrière, je ne suis pas allé très loin. C’était un matin, je buvais un café dans ma cuisine, je ne travaillais pas ce jour-là. J’ai posé ma tasse, je suis retourné à mon percolateur, je suis revenu dans le salon pour lire les gros titres du journal du jour, je suis allé Continuer la lecture#anthologie #23 | remonter le temps

#anthologie #23 | sous la grotte

Plus bas, il y a la grotte. On pourrait y entrer par la cheminée que le père avait creusée. On tomberait sur le feu, sur la couverture, sur les enfants grelottants, sur un lit de feuilles mortes et de paille éparpillée, sur la pierre friable d’un sol poreux où traineraient des tasses ébréchées, des fourchettes, des bouts de cartons, des Continuer la lecture#anthologie #23 | sous la grotte

#anthologie #23 Sous les cabinets

Quelque chose subsiste  des premiers temps de cette ferme : les cabinets à la turque. Ceux qu’utilisèrent fin 19ème, début 20ème, les fermiers, les métayers, les ouvriers agricoles, les journaliers, les vendangeurs, les égrappeuses, les trieuses, les cuisinières des repas de moissons ou de vendanges. Mais aussi les tonneliers, les menuisiers, le maréchal ferrant, voire le bouilleur de cru, car cette Continuer la lecture#anthologie #23 Sous les cabinets

#anthologie #23 | la tire-vieille

En bas du village, écoute bien, vraiment tout en bas, en descendant le sentier, aujourd’hui étranglé de ronces, thrombosé des cailloux blanchâtres d’alentour : les maisons éventrées, répandues –, les toits crevés dont un au moins avec la poutre calcinée brisée en deux, encore cinquante soixante mètres peut-être plus bas encore sur la gauche, peux pas le manquer, la margelle en Continuer la lecture#anthologie #23 | la tire-vieille

#anthologie #15 | Où voudrais-tu aller ?

« As-tu beaucoup voyagé dans ta jeunesse ? Oui, non, peut-être » … Silence… Une ombre passe sur son visage. Un mauvais souvenir de voyage ? Difficile de savoir. Je n’ose pas lui poser davantage de question. J’ai envie de la questionner sans retenue, d’entrer sans gêne dans l’intime, de chercher à toucher du doigt l’origine du malaise qui nous sépare. Pour quelles raisons ce Continuer la lecture#anthologie #15 | Où voudrais-tu aller ?

#anthologie #23 | La femme sous mes pieds

Il y a sous mes pieds, juste sous la surface, une moi tête en bas qui vit ma vie à l’envers. Pendant que j’écris, elle danse ; pendant ma douche, elle se jette dans la boue avec des cris de joie ; pendant que je mange, elle fait jaillir de son corps toutes sortes d’effervescences colorées ; pendant que je parle, elle éructe Continuer la lecture#anthologie #23 | La femme sous mes pieds