#anthologie #18 l Agrandissement 1967

Photographie I : Juste une image. Celle d’une jeune fille adossée contre le mur de la maison, tout près du vieux chêne. Elle cherche à se protéger de la pluie, à se faire la plus discrète possible. Photographie II : Les os Tu es interpellé par la finesse de ses os, aussi fins que les tiens. C’est la première fois Continuer la lecture#anthologie #18 l Agrandissement 1967

#anthologie #15 | pourquoi tu es parti ?

La question revient sans cesse… « Pourquoi tu es parti ? »… Il y a d’abord ceux qui me la posent pour éviter de devoir y répondre eux-mêmes… Ils sont partis il y a un peu moins longtemps et cherchent à justifier leur départ, sans trouver de raison valable… Et puis, « Pourquoi tu es parti ? » veut souvent Continuer la lecture#anthologie #15 | pourquoi tu es parti ?

#anthologie #19 | images rémanentes

Toutes les images s’effaceront, avant cela, elles émergent de la brume, impromptues, elles ramènent les fantômes que nous accueillons avec une tendresse aussi belle que les sourires qu’ils nous adressent de là où ils nous attendent, Images étudiantes chargées d’insouciances oubliées, amphithéâtres et manifestations, amitiés et routes divergentes, Vieux films noir et blanc sans les dialogues qui accompagnent, notamment la Continuer la lecture#anthologie #19 | images rémanentes

#anthologie #14 | C’est bon pour le moral

– Tu vois toujours le mauvais côté des choses, mais maintenant que tu es à l’hôpital, confortablement installé dans un lit qui se lève tout seul, juste en appuyant sur un bouton, eh bien maintenant, tu vas avoir le temps de lire, parce que si tu veux mon avis, on n’est pas sortis de l’auberge avec un pansement pareil et Continuer la lecture#anthologie #14 | C’est bon pour le moral

#anthologie #14 | C’est pas terrible

C’est pas terrible, c’est ce point de confusion de la langue, là où l’histoire et la logique n’ont plus pied et la langue s’en fiche de toute l’histoire et de toute la logique, la langue s’en fiche de ses racines et étymologies, la langue s’en fiche d’elle-même, se renferme, se courtise, s’éloigne de la tragédie, c’est pas terrible, un de Continuer la lecture#anthologie #14 | C’est pas terrible

#anthologie #14 | J’m’en fous.

Dès le plus jeune âge, vers les six ans je dirais puisque ça a dû commencer autour du CP, dès les premiers « contrôles » à l’école primaire, quand le monsieur en blouse blanchement scientifique me tendait les dessins en demandant scientifiquement « que vois-tu ? », je savais déjà. Je savais déjà ce qu’il ne fallait pas dire. Surtout ne rien dire. « Je ne Continuer la lecture#anthologie #14 | J’m’en fous.

#anthologie#20 | toi petite

Je n’ai pas compté les photos que j’ai de toi mais elles sont rares. Je les ai tellement regardées que je les connais par cœur. Sans relâche j’ai parcouru les plages d’ombre, les expressions de ton visage, le contact du corps des autres avec le tien. Je les ai usées de mes yeux. Tu es une pièce majeure de mon Continuer la lecture#anthologie#20 | toi petite

#anthologie #18 | duel

Ma détestation des photos de famille nait d’une indifférence d’enfant, les dimanche après-midis, malgré l’effort qu’avait l’écran de sentir la poupée neuve. On déplaçait les chaises comme à l’école et les diapositives se suivaient, similaires. Des ciels bleus et des visages de face qui ne ressemblaient pas au vécu et stoppés, comme si c’était possible de mettre la vie du Continuer la lecture#anthologie #18 | duel

#anthologie #19 | Images de Basse Seine

Yvetot, un nom connu depuis toujours, lettres bleu nuit sur un fond blanc crème qui s’écaille, panneaux routiers en ciment sur le bord de la route, et le numéro de la route en blanc sur un fond rouge dans le petit rectangle dépassant du panneau. D’Yvetot je n’ai aucune image – sauf, plus tard, celles d’Annie Ernaux. Continuer la lecture#anthologie #19 | Images de Basse Seine

#anthologie #21 À l’usine (extrait avec notes)

Un portail arborant un ruban de fer (1) TREFILERIE (2) CABLERIE (3) (4). Pourquoi pas « Arbeit macht frei » ? Le travail-émancipation, le travail-libération, le travail-délivrance… Garer son vélo parmi tant d’autres, fermer l’antivol, glisser la clé dans sa poche, vérifier qu’elle y est bien, marcher dans la rue principale de l’usine, vers les bâtiments de la direction. Pensant encore à l’enseigne Continuer la lecture#anthologie #21 À l’usine (extrait avec notes)