#anthologie #19 l Des images comme des rêves

Je n’avais aucune image d’Istanbul avant d’y arriver. L’impression d’irréalité persiste. Il n’y avait pas d’image avant et maintenant celles qu’il me reste en mémoire sont fragiles et commencent à se dissiper après trois semaines. Je dois faire un effort pour me souvenir. La jeune femme de l’hôtel fume la shisha. L’objet bleu tranche avec le vert du gazon synthétique Continuer la lecture#anthologie #19 l Des images comme des rêves

#anthologie #20 et 21 I La voleuse

C’est une photo carrée noir et blanc, trois fillettes brunes en robes blanches, souliers vernis se donnent  la main devant la grande baie vitrée du salon (1). Sur la gauche un caoutchouc grimpe jusqu’au plafond. Derrière la vitre le vide (2). Tu es au centre, je ne vois que toi. Ta petite sœur te donne la main.  Elle a de Continuer la lecture#anthologie #20 et 21 I La voleuse

#anthologie #18 l Des images et des hommes

La photo d’identité Le consulat m’a indiqué l’adresse du photographe où je devrais faire mes photos.L’agent m’a déconseillé d’aller dans un photomaton à Istanbul parce que les photographies n’étaient pas aux normes françaises. J’ai l’interdiction de sourire. Je ne me maquille jamais et sur la photographie destinée à mon passeport d’urgence j’ai l’air de sortir de prison. La photo ratée Continuer la lecture#anthologie #18 l Des images et des hommes

#anthologie #20 | Un brevet des collèges.

Tu viens de m’envoyer cette photo avec un petit mot très gentil, merci Noélie. Je ne te connais pas, mais tu es telle que je t’imaginais, exubérante et drôle, tu es avec une copine et vous riez beaucoup toutes les deux dans cette rue passante, deux personnes se retournent sur vous, interrogatives. Tu as les cheveux longs, et tu es Continuer la lecture#anthologie #20 | Un brevet des collèges.

#anthologie #20 | Tête perdue

Nous n’avons qu’une photo de toi. Te voilà sur le web, Frau Auguste Deter. Et toujours au dessus de toi, Aloïs, l’homme rose qui dévore ton nom, ton prénom — celui de ton père. Je te regarde, dévorée. Je regarde tes mains croisées sur ton plexus, tes ongles bombés, ta grosse chemise, ta tête d’asile, ta tête perdue, tes yeux Continuer la lecture#anthologie #20 | Tête perdue

#anthologie #14 | comme tu veux

« Fais comme tu veux », dit-il. La phrase tombe, sèche et tranchante, dans l’air déjà saturé de sous-entendus. L’intonation, elle n’est pas à prendre à la légère, malgré le ton de la plaisanterie, mais une plaisanterie qui porte en elle cette pointe d’ironie, si subtile qu’elle pourrait presque passer inaperçue. Elle est là, indéniable, une ironie qui se déguste Continuer la lecture#anthologie #14 | comme tu veux

#anthologie #21 | paratexte et bad pages

je ne saurai jamais pourquoi Sherlock Holmes, cet ami véritable dont la compagnie me manque, s’est érigé en juge et transformé en bourreau. J’ai été son complice. J’emporterai avec moi ce lourd secret. Pourquoi avons-nous assassiné les frères Moriartini ? Pour éviter, certes, cette humiliation à la justice d’être une nouvelle fois un jeu d’escrime illusoire contre le crime (1). Mais mon Continuer la lecture#anthologie #21 | paratexte et bad pages

#anthologie #21 | galerie de portraits

Le cabinet se situe dans un de ces groupements médicaux où l’on trouve plusieurs praticiens (1). Il y a ici le kiné et l’ostéopathe chez qui je vais régulièrement, pour des soins ou à titre préventif. Deux secrétaires sont derrière la banque d’accueil (2). Nous ne nous y arrêtons pas. Nous savons très bien où nous allons. Je clopine sur Continuer la lecture#anthologie #21 | galerie de portraits

#anthologie #21 | ton oncle

Tu es assis sur la marche d’une boutique de la rue principale 1. Tu dois avoir, quel âge, quatre? cinq ans?, je ne sais pas 2. Tu as les cheveux bruns, très bruns, coupés courts sur un visage rond. Tu es en culotte courte comme les gamins, à l’époque, avec des godillots. Ça nous amène à quand, si tu as cinq ans, Continuer la lecture#anthologie #21 | ton oncle

#anthologie #20 | te regardant

Je n’ai qu’une photo de toi… J’en ai vue d’autres, y compris de ton enfance, je n’en ai souvenir que de vos trois silhouettes aux tailles décroissantes à partir de la  tienne. Je n’ai de toi que des impressions presque effacées, celles qu’une enfant ou une adolescente peut avoir d’un adulte bienveillant et un peu distant. Mais quand nous avons Continuer la lecture#anthologie #20 | te regardant