#anthologie #11 | changer de liste

Les ralentisseurs signalent l’entrée dans le village Il est assis côté passager Il regarde le paysage qu’il reconnait Paysage parcouru de fond en comble les étés à déplacer les tuyaux d’irrigation Sa femme conduit Elle dit qu’il peut se reposer Que ça lui fait du bien de lâcher Déjà revenir ce dimanche à quatre cent trente kilomètres de leur nouvelle Continuer la lecture#anthologie #11 | changer de liste

#anthologie #12 | Port-au-Prince Butembo Brighton

Quelque chose colle à la peau. De sa propre sueur jouxtant celle des autres dans le taptap qui descend la ville. Port-au-Prince. Une odeur acre, mélange de feu de plastique, de poubelles et de viande boucanée tapisse les narines. Des vagues de poussières s’échouent dans les cheveux. Les vendeurs aux feux rouges qui tendent aux voyageurs leurs bouteilles glacées semblent Continuer la lecture#anthologie #12 | Port-au-Prince Butembo Brighton

#anthologie #14 | Ponctuation

« C’est du grand n’importe quoi ». Il ne lui parle pas, ne la regarde pas, pas un signe, ni bonjour, ni bonsoir. « C’est du grand n’importe quoi ». On se demande tous c’est quoi « ce grand n’importe quoi » des années à se côtoyer au quotidien, à vivre dans la même maison, sans échanger un mot, quel est leur secret pour réussir « ce Continuer la lecture#anthologie #14 | Ponctuation

#anthologie #14 | Non mais attendez, faut arrêter là !

« Non mais attendez, faut arrêter là ! » Je…je je ne sais pas de quoi il s’agit alors je me cache derrière cette expression qui laisse supposer que je domine plus largement le sujet que mon adversaire, à tel point que le recul que j’ai sur la thématique me permet d’en définir et d’en rejeter dans la même phrase la grossièreté Continuer la lecture#anthologie #14 | Non mais attendez, faut arrêter là !

#anthologie #13 | salle d’attente (en 3983)

Le cabinet se situe dans un de ces groupements médicaux où l’on trouve plusieurs praticiens. Il y a ici le kiné et l’ostéopathe chez qui je vais régulièrement, pour des soins ou à titre préventif. Deux secrétaires sont derrière la banque d’accueil. Nous ne nous y arrêtons pas. Nous savons très bien où nous allons. Je clopine sur mes béquilles Continuer la lecture#anthologie #13 | salle d’attente (en 3983)

#anthologie #13 | la Plaine

Le tram T1 dépose à l’arrêt Eugène Pierre avant de disparaître dans le tunnel terminus Noailles, évitant la Plaine, évitant les motos et scooter qui remontent à contre-sens la piste cyclable, évitant les allers et venues des serveuses en terrasse aux frontières floues aux enfants libres courants en tous sens, on soulève un minot qui filait direction la route l’oriente Continuer la lecture#anthologie #13 | la Plaine

#anthologie #06 | La plage

Seule sur la plage. Les pieds nus plantés dans le sable. La mer avance, les vagues finiront par lécher les orteils bien ancrés dans ce sol en mouvement. Crépuscule. Le soleil se couche à l’horizon, rougit les nuages qui s’effilochent, se reflète dans la ligne bleue immobile. Le vent s’est adouci, effleure les cheveux, câline le visage. Détente. Paix. Penser Continuer la lecture#anthologie #06 | La plage

#anthologie #05 | La casquette orange

Boulotte et pas bien grande. Très jeune aussi. Juste ado. Une silhouette lourde à porter. Tout est de trop, les seins qui pointent, les bras tout ronds, le ventre qui déborde, un peu, ça tremble, sautille, danse quand elle danse. Parce qu’elle danse, elle sautille, elle virevolte. Elle est lourde, mais pas tant que ça. Elle court au milieu des Continuer la lecture#anthologie #05 | La casquette orange

#anthologie #14 | Je dis ça, je dis rien

« Je dis ça, je dis rien » ce serait à utiliser immédiatement pour ponctuer la correction que nous voudrions donner sans pour autant le contredire frontalement ? Sa certitude est erronée, mais comment l’alerter. Il vient de s’exprimer publiquement. Pouvons-nous commettre l’irréparable et révéler son erreur non seulement à lui mais aussi aux autres. Les conséquences peuvent être lourdes, déplaire à Continuer la lecture#anthologie #14 | Je dis ça, je dis rien

#anthologie #04 | Liens et attaches

J’ai habité de grandes pièces haut de plafond, des parquets cirés pour danser et marcher pieds nus, un piano à queue dans la pièce principale, de grandes fenêtres où entre la lumière à pleins flots, de l’Est le matin, du Sud ensuite, un regard sur les marronniers d’un jardin proche en symbiose avec les saisons… espace précieux pour un enfant Continuer la lecture#anthologie #04 | Liens et attaches