#anthologie #09 | Chemin de fer

L’idée était pourtant d’aller chercher le goûter et l’on se représentait déjà la table semée de tartines, de bols, de pots de confitures, la nappe à carreau, les chaises de bois, l’odeur du chocolat, pour cela traverser quelques trottoirs, trottiner, courir au sortir de l’école, regarder à droite, regarder à gauche, longer les immeubles, ne pas lever la tête, ou Continuer la lecture#anthologie #09 | Chemin de fer

#anthologie #10 | de père non dénommé

Marie Celina, numéro 4188 dans le registre de Réception des Enfants de la Patrie. Célina sa mère a trente-deux ans. Elle accouche sous le numéro d’admission des mères 3496. Le 27 mars 1816, Célina nait sous le numéro 1471. À l’âge de trente-deux ans, elle est femme de ménage. Elle habite à Paris. Elle porte, et le relevé du commissaire de police du 9e arrondissement Continuer la lecture#anthologie #10 | de père non dénommé

#anthologie #10 | Maurice

Il a perdu sa fille quand elle avait vingt ans en 1948 après la guerre il habitait encore dans le Nord. Personne ne parlait de cette jeune femme sur la photo encadrée dans le salon on m’a peut-être dit qu’elle s’appelait Liliane je trouvais que ça lui allait bien qu’elle était belle comme une actrice avec sa robe blanche et Continuer la lecture#anthologie #10 | Maurice

#anthologie #10 | Prix Nobel

Il a soixante-douze ans et il parle à Stockholm. Claude Simon se dit un vieil homme qui a déjà beaucoup vécu, beaucoup travaillé, beaucoup écrit, beaucoup publié. D’ailleurs, c’est pour ce qu’il a fait de ces beaucoup qu’il reçoit le prix Nobel de littérature. Il est devant le pupitre, en smoking, chemise blanche à manchettes, nœud papillon immaculé. Un homme Continuer la lecture#anthologie #10 | Prix Nobel

#anthologie #09 | têtes coupées

Tous les jours avant de faire sa balade, grand tour à cent quatre-vingts degrés à travers tout le quartier, il sait qu’ils seront là, de l’autre côté de la route, vautrés sur les bagnoles, goguenards, presque à l’attendre, à le rancarder lui, T., le jeune échevelé à l’allure douteuse, le pas comme tou’l’monde, un gars de biais mal fagoté, alors Continuer la lecture#anthologie #09 | têtes coupées

#anthologie #09 | sur un papier brouillon

dans le rêve qui remontait à plusieurs années, la lumière était encore différente, elle ne venait ni de l’avant ni de l’arrière, elle se diffusait non pas des nuages entre lesquels je flottais dans le grand tee-shirt illustré qui me servait de chemise de nuit, j’avais quinze ans peut-être quand j’ai fait ce rêve, la lumière passait comme à travers une toile de tente, elle ressemblait à celle d’un écran de radioscopie, elle ne venait de nulle part, je flottais et j’étais morte, Continuer la lecture#anthologie #09 | sur un papier brouillon

#anthologie#10 | Léonie

Cette proposition d’écriture arrive à point pour essayer à nouveau d’écrire autour de Léonie, la sœur de ma grand-mère maternelle, ma grande tante, mais jamais je ne l’ai appelée ainsi, elle est morte bien avant ma naissance. J’ouvre le tiroir de mon bureau attrape la petite boîte dans laquelle sont précieusement rangées la photo de Léonie et une longue lettre Continuer la lecture#anthologie#10 | Léonie

#anthologie#10 | Louise

Elle a dix ans. Elle est placée comme fille de ferme. On la fait dormir dans la grange. Elle redoute de traverser le petit bois à la nuit tombée en ramenant les vaches. Elle a vingt-et-un ans. Enceinte de huit mois, un éclat d’obus lui ouvre la cuisse gauche. Elle pousse sa bicyclette sur plusieurs kilomètres pour fuir les bombardements Continuer la lecture#anthologie#10 | Louise

#anthologie #10 | les mains dans le passé

en juin, il épouse Elisabetta et ouvre cette année là un commerce d’épices, de cafés et de livres | ses chroniques enthousiastes des nouvelles de France | débarque en Corse, à Bastia, un mois d’octobre | sa demande d’un décret de naturalisation, soutenue par le conseil général du département de Corse, est consultable quelque part dans les archives de l’Assemblée Continuer la lecture#anthologie #10 | les mains dans le passé