Dialogue #03 | Scène de crime

La victime repose sur son flanc gauche. Un filet de sang s’échappe du coin de ses lèvres et goutte sur le sol avant de se perdre dans l’herbe et sous un tapis de feuilles mortes. La commissaire est accroupie au niveau de sa tête et observe avec attention le corps sans vie, en quête d’un indice. Jeune femme, environ vingt-cinq Continuer la lectureDialogue #03 | Scène de crime

dialogue #03 | II, post-it

— Ils ont appelé du pressing, c’est la troisième fois cette semaine.— Oui Marie, j’y passerai au retour. Est-ce qu’il y a autre chose Marie?— Non. Rien.Après elle a parlé du pain, celui de la boulangerie de l’angle de la rue; celle à la devanture bleue.— N’y vas pas, dans cette boulangerie il y a des pigeons qui entrent. C’est Continuer la lecturedialogue #03 | II, post-it

dialogue #03 | le mobilier

le mobilier réapparait et la petite fille joue du tambour de ses mains et finalement de tout son corps ; joue de ce lit-tambour posé à la verticale elle semble dans une lente chorégraphie les bras levés vers le ciel vouloir ouvrir une porte les personnages regardent le cheval alors que la petite fille s’en approche et lui donne un nom Continuer la lecturedialogue #03 | le mobilier

dialogue #02 | les voiles s’écartent

les voiles s’écartent ; donnent à voir une femme (Ari/Elle) ; un homme (Man_sour); et un chœur d’hommes et de femmes (les lecteurs) tantôt immobiles tantôt marchant ; le son du tambour s’estompe ; la petite fille se couche au sol je suis face à Man_sour mon frère, au centre de la scène-labyrinthe circulaire dont les échos sonores le mélange de formes figures géométries derrière Continuer la lecturedialogue #02 | les voiles s’écartent

dialogue #03 | quand Deleuze buvait avec les flics Modiano n’était pas mort

Je suis suis allée directement à l’hôtel; quand je l’ai appelée pour confirmer notre rendez-vous, elle m’a semblé distante. Avec le téléphone on interprète souvent à tort. —11h30 au Bar des amis rue des dames. —j’y serai. C’est le bureau qui m’avait réservé la chambre, une single de cet hôtel déclassé de la rue de Buci. Je me suis douchée Continuer la lecturedialogue #03 | quand Deleuze buvait avec les flics Modiano n’était pas mort

dialogue #02 | Vhoum Shlaaah

Direction Villejuif, prochain train dans 08 minutes clignote le panneau. Le quai est désert, seules les sourires carnassiers des pubs grimacent sur les parois en faïence. Appliquez les gestes-barrières, enjoint la pancarte en langue des icônes. Ah oui, le masque. Je le tire de ma poche en même temps que mon guide : Les passions ordinaires – Anthropologie des émotions Continuer la lecturedialogue #02 | Vhoum Shlaaah

dialogue #01 | le poids des mots

Musique Le chœur. – Voyez Médée s’avancer vers Créon, arrogante, menaçante. Il lève le bras droit dans sa direction à l’intention des soldats et se couvre du même geste avec son manteau. Ses lèvres frissonnent, il redoute les paroles, il refuse d’entendre. Les soldats, en hurlant, font signe à la Colchidienne de reculer ; l’ordre, terrifiant, jaillit comme un jet de Continuer la lecturedialogue #01 | le poids des mots

dialogue #02 | Massalanmo

Et puis soudain, oui, ça y est. Un grondement. On les entend. Massalanmo me souffle à l’oreille : (ils arrivent) Je les sens. L’air s’électrise. Ça arrive oui, démange les corps. Autour de moi, on s’agite. Massalanmo sourit. Certains remontent déjà la rue téléphone en main. En écho à Massalanmo : oui, oui, ils arrivent. Je t’attends. Dépêche-toi. Au niveau de la cathédrale. Continuer la lecturedialogue #02 | Massalanmo

dialogue #02 | l’hirondelle

La route de graviers et de sable se mue en poussière sous la pression de mon pas. Depuis combien de temps cette marche forcée en avant ? La Camargue à l’échelle d’un continent. Voilà où nous en sommes elle et moi. Dans cette végétation revêche, chagrine, imberbe sous un soleil de plomb. Condamnées à claudiquer sous le bleu du ciel, Continuer la lecturedialogue #02 | l’hirondelle