vers un écrire/film #01 | et puis

(souffles étouffés de moteurs et de de canalisations) un visage presque de profil sculpté sur une bague entourant le majeur d’une main laiteuse tendue vers le ciel invisible sur rectangle à fond noir punaisé dans la mi pénombre contre le bleu granuleux d’une paroi accidentée au dessus d’une étagère de bois clair où un verre épais rassemble deux crayons gris Continuer la lecturevers un écrire/film #01 | et puis

vers un écrire/film | palpitations

Même taille. Pantalons noirs. Blouses noires. Bottes. Ils n’ont pas de bâton. Une femme et un homme rampent sous la clôture électrique. Trois autres hommes pénètrent dans la pâture. Les bêtes ne sont pas tranquilles. Elles ne les connaissent pas. Elles sont méfiantes. Ce sont des charolaises à la robe blanche. Elles portent haut leurs cornes. La femme en noir Continuer la lecturevers un écrire/film | palpitations

vers un écrire/film #01 | l’heure de méditation

Ils patientent devant la porte close, elles patientent, il n’y a qu’un homme. Le professeur n’est pas là, il est souvent en retard au cours de 8 h. On parle, on bavarde, à distance, sans embrassades, de tout, de rien, des fêtes, des enfants, des petits enfants, de l’école, du virus. Il arrive à vélo, pantalon très large dans lequel ses Continuer la lecturevers un écrire/film #01 | l’heure de méditation

vers un écrire/film #01 | entre 7h51 et 8h41

Écorce humide de la branche à contre jour. Rattrapage du point sur l’horizon à l’infini: premières lueurs dans la confusion de la mer et des nuages. Plan fixe large : un ciel bleu et vide, un seul petit nuage étrange à la gauche du cadre. Plan fixe large : la fourche d’une branche à contre jour à la droite du Continuer la lecturevers un écrire/film #01 | entre 7h51 et 8h41

vers un écrire/film #01 | vingt-quatre images

une seconde c’est ce qu’on peut encore décrire à la rigueur – pendant ce temps-là, ce laps de temps incommensurable, vingt-quatre images défilent – on est assis dans un fauteuil rouge, on a enlevé son manteau, il fait froid peut-être bien dehors – j’avais une amie dont la thèse avait pour objet la salle de cinéma – un moment d’égarement Continuer la lecturevers un écrire/film #01 | vingt-quatre images

vers un écrire/film #01 | trajet

L’ombre d’un corps sur le carrelage d’un mur, le rideau se ferme, des étoiles blanches sur le rideau, transparence et opacité à la fois, la main sous le pommeau, l’eau sur la main, de l’autre côté du rideau une buée envahit le miroir, contours flous du corps, blancheur, formes peut-être masculines, le mouvement de va-et-vient d’un linge gris, celui de Continuer la lecturevers un écrire/film #01 | trajet

vers un écrire/film #01 | avec un objectif en tête

Ils ne sont que trois dans le bus, presque un tête à tête. Quatre avec Moïse, le chauffeur. 50mm. C’est un bus de tourisme, des sièges de deux places bien alignés de chaque côté, une allée centrale, montée à l’avant, descente au milieu, panneaux lumineux pour les issues de secours et pour boucler sa ceinture. Interdit de fumer. Et de Continuer la lecturevers un écrire/film #01 | avec un objectif en tête

vers un écrire/film #01 | une heure à musarder

La grande place du village. Le bar-restaurant O’Délices. Au soleil, une table carrée, une tasse de café, un verre d’eau, un croissant. Tintement de la cuillère qui brasse le sucre. Le Dauphiné est grand ouvert. Un gros titre éclate : les prêtres des Hautes-Alpes ont été en tête du top 50. Les doigts de la lectrice martèlent le guéridon. Bruissement Continuer la lecturevers un écrire/film #01 | une heure à musarder

vers un écrire/film #01 | une heure à retrouver

Les yeux grands ouverts ne voient rien ne s’attardent pas gardent pour la nuit les images du jour et la nuit entre par leur canal dans le cerveau endormi qui découvre ce qu’il n’avait pas vu ce qu’il n’avait pas voulu voir les êtres informes assis sur les trottoirs trop fatigués pour tendre même leur sébile les pas précipités qui Continuer la lecturevers un écrire/film #01 | une heure à retrouver