Archives de la catégorie : 2021, progression
#P4 | Ah, mais vous n’y pensez pas ?
Le couperet tombe, net, tranchant. « Ah mais vous n’y pensez pas ! ». Sur le coup, c’est la surprise, vous n’y avez donc pas pensé avant. Comment sait-il – lui – les choses que vous ne savez pas ? Vous restez indécis et silencieux, momentanément. Puis une démangeaison se manifeste, vous la situeriez au niveau de l’estomac, elle remonte, Continuer la lecture#P4 | Ah, mais vous n’y pensez pas ?
P#4| Sissastrouve
Si ça se trouve je suis en train de rêver…Si ça se trouve je n’ai jamais reçu cet appelSi ça se trouve je suis juste dans mon lit, chez moi, et tout va bien Si ça se trouve pour une fois ce n’était pas une opération militaire : il n’y a encore eu aucun coup de feu, et le type là il Continuer la lectureP#4| Sissastrouve
#P4 / Occidentation
Pour mettre votre interlocuteur à l’aise, placez-le en position géographiquement neutre. Car s’il est à l’ouest, vous aurez du mal à orienter la conversation. …Tu appelles ça comment ? … le Feng Jouy ? … non, je n’en ai jamais entendu parler… je t’assure… si je suis à l’ouest ? Je ne crois pas. Regarde, j’ai le soleil en face… C’est vrai, ça dépend Continuer la lecture#P4 / Occidentation
#P4 | zigzags
…vous voyez ce que je veux dire… elle répète …vous voyez n’est-ce pas… elle nous regarde, nous voyons ses yeux, ce qu’ils disent, mouvements en zigzag pour attraper le visage qui céderait, qui parmi nous tendrait une brèche …vous voyez ce que je veux dire… on ne s’était pas préparés à reprendre son fil, le tisser de nos yeux, elle Continuer la lecture#P4 | zigzags
#comme | Quand je t’évente…
Je t’évente comme la mouche bourdonne sur ma tartine de miel Je t’évente en petit négrillon de porcelaine avec une palme en vraies plumes Je t’évente comme le mistral où s’envolent les parasols Je t’évente comme la fenêtre ouverte dans la chambre close Je t’évente en rythme binaire comme la queue du cheval Je t’évente en sourdine comme le bruit Continuer la lecture#comme | Quand je t’évente…
#P5 | Extraits des archives déclassifiées de la clinique du Docteur Pezner
Ni silence, ni parole. L’impossible expression paralyse tout, mobilise tout, fige le monde. Pas un vertige — pas une absence — le souffle qui ne sert plus à rien — la volonté impuissante — des soubresauts à l’oreille encore — langue, bouche et muscles qui cherchent en vain, impuissants, stériles, devenus inutiles — l’œil face à soi qui exclut — Continuer la lecture#P5 | Extraits des archives déclassifiées de la clinique du Docteur Pezner
#P5 | Débandade
Rebrancher la machine. Retrouver le sens de l’absurde et faire avec. Pas pleurer, surtout. « C’est ta parole contre la sienne » Il n’arrête pas de dire ces mots assassins. Et comment lui dire qu’à l’école, petite, déjà on ne me croyait pas ? J’ai un blanc. Impossible de me rappeler la chronologie des événements. Je suis à l’arrêt. Je ne sais plus Continuer la lecture#P5 | Débandade
#P4 « ça va pour tout le monde ? » quelques minutes avec des élèves
Merde, j’ai pas pris les photocopies, bon j’enverrai Kenza ou Nestar si elle se tient tranquille, allez, on éteint les portables, y aura peut-être Nico en salle des p, hihi, allez, on se range, on est en silence, on avale les chewing gums et les langues, mais madame on va s’étouffer wesh, on discute pas- et le zeugme ?, c’est Continuer la lecture#P4 « ça va pour tout le monde ? » quelques minutes avec des élèves
#P5 | Index
Pesanteur vide et moite le tempo du sang qui tape sous la peau. Gonfler jusqu’à exploser, peut-être. Se couper des sens. Caresser la sensation persistante et y revenir. Là où l’on tente d’évanouir le réel dans une routine sur le fil. Le silence n’est pas le sommeil, ni la mer calme il est une enveloppe. Inutile, les ondes lointaines oscillent Continuer la lecture#P5 | Index