fragments

… fond de cale, odeur de vomi, de ferraille arrachée, mal de mer, larmes amères, et déjà sourd la nostalgie de l’autre rive … guetter la lumière de la salle de bains et le va-et-vient des parents en pleine nuit, ne dormir que d’un œil … hôtel du bout du monde, carreaux cassés, cloisons qui peinent à se hisser jusqu’au Continuer la lecturefragments

#P1 | éclats antichronologiques

Draps tièdes et peau glabre. Nausée. Un cheval piétine mes intestins. La soif me fait rêver de jus de fruits. Terreur, puis honte. On m’observe. Surprise de trouver ce bout de carton rembourré par l’amitié plus confortable que certains lits. Senteur sirupeuse du caoutchouc. C’est une fournaise sous la tente. Le matelas couine et colle à ma peau. Les étoiles Continuer la lecture#P1 | éclats antichronologiques

#P1 Se déployer

Le premier lieu où j’ai dormi est la clinique de la rue Albert 1er, grise et froide, bâtiment des années soixante à qui on a donné le nom d’un oiseau migrateur. Je n’en ai aucun souvenir. Peut-être celui d’un cri dans mes rêves enfouis ? Je ne vais plus que rarement dans la maison qui m’a vue grandir, je n’en ressens Continuer la lecture#P1 Se déployer

#P1 entrée en matière(s)

Peinture bleue au petit matin, découpe d’une petite main qui s’ouvre à peine sur des choses souples. Murs râpeux, poreux, mélodie des histoires du soir, narration de tendresse, musique des âmes qui se rejoignent et rassure. Lit humide, attente du petit matin, incorporer dans sa chair la matière mouillée pour ne plus la sentir, ne pas bouger, ne pas réveiller Continuer la lecture#P1 entrée en matière(s)

Couchettes, bannettes et autres couchages temporaires

Trop chaud. La fermeture éclair du duvet est coincée, pas moyen de résoudre le problème sans réveiller le 39 autres du dortoir. Sortir les bras aide un peu, mais sortir aussi les pieds moites de transpiration, ce serait tellement mieux ! Réveil en sursaut. On ne bouge plus dans le bon sens. L’angle entre le bateau et les vagues a changé. Continuer la lectureCouchettes, bannettes et autres couchages temporaires

Ce balancement du hamac

Ce balancement du hamac brodé aux ajours mis- clos me mêlait au décor alentour aux voix aux murs comme dans une peinture de Vuillard. Cette ombre douce grossissante jusqu’aux mains de satin qui auraient bordé mon lit, m’aurait fait miraculeusement sentir en apesanteur. Alors que je vous voyais dans cette chambre sous la lueur crépusculaire tournoyante sur les murs résonants Continuer la lectureCe balancement du hamac

#P1 | Entre-deux

une main sur le ventre qui palpite, creuse une terreur surgie des viscères… la sensation d’une présence, un souffle juste à côté, au-dessus… attendre le contact, la voix du brouhaha de voix feutrées, une crainte sourd, le long couloir, les pas, la bonne humeur, les injonctions qui se mêlent, c’est un désordre de bruits heurtant le front c’est la panique Continuer la lecture#P1 | Entre-deux

#P1 Des insomnies et des portes

L'insomnie. Le jour se lève. Nuit sans sommeil.

un disque vinyle punaisé dans sa rondelle au mur faisait office de décoration, le noir mat brillait tout le temps, la chambre était petite et sans fenêtre–le deuxième soir, sa copine est venue, ils n’ont pas tardé à faire l’amour ; ça m’a aidé à dormir, je crois–marguerite jaune pétales orange sur fond vert et marron, je crois que c’était le Continuer la lecture#P1 Des insomnies et des portes

#P1 Du dehors à l’intérieur de moi

vu depuis une tente

derrière la toile, je sentais le vent, les herbes, les arbres, les bruissement, les sifflements, les hululements, la fraîcheur de la nuit contre laquelle j’essayais de lutter, j’avais les organes plein de soleil, j’étais peuplé du dehors,–les yeux grands ouverts, je regardais le vide, je comptais le trop ; le nombre de fois où, les chemins mal embarqués, les oublis, les Continuer la lecture#P1 Du dehors à l’intérieur de moi

P#1. Chambres intérieures.

Ce matelas une place et le sommier pas trop bon, le dépouillement commence là. Etrange cette petite chambre et si nécessaire à ce moment là. Un lit campagnard l’épais édredon et la cuisinière chargée pour tenir la nuit dans cette pièce unique d’une petite maison à mille deux cent mètres en hiver. Il fait très froid mais une grande béatitude. Continuer la lectureP#1. Chambres intérieures.