## été 2023 #08 bis | Laboratoire photographique

Dans l’obscurité feutrée du laboratoire photographique, il se tient, silhouette énigmatique, aux mains nerveuses et aux yeux encore brûlés d’une passion intemporelle. Dans cet espace hors du temps, les gestes se fondent dans une chorégraphie mystérieuse, comme si chaque mouvement était une danse sacrée en communion avec la photographie Les rayons lumineux de l’agrandisseur projettent l’image négative qui se déposent Continuer la lecture## été 2023 #08 bis | Laboratoire photographique

#été2023 #08bis | En boîte

/ Partant de la plaque de cheminée, dirigeant le regard vers le mur opposé, plantée sur le tapis, en arrière des quatre assis, une table de chêne sombre, lourde, noire, quasi, plateau rectangle à fonction de bureau, comportant, sur un de ses petits côtés, un tiroir, chargé on ne sait de quoi, d’une ouverture peut-être difficile, dont trois des personnes Continuer la lecture#été2023 #08bis | En boîte

#été2023 #08 | Cellules.

La petite case ouverte de la cage de verre donne l’illusion qu’un élan vital est possible. Foutaises, elles ne respirent plus, n’ont jamais respiré d’ailleurs, ces fleurs-nids-à-poussière posées là depuis un temps sans date, alourdies par la poudre sécrétée par la touffeur de la pièce. On ne sait pas si l’enferment est protecteur ou simplement cellulaire, un peu comme la Continuer la lecture#été2023 #08 | Cellules.

#été2023 #08bis | rampe

La descente se fait doucement. Des pierres juxtaposées fabriquent ce mur couché, prenons garde à ne pas glisser, c’est le début, les pieds sentent déjà que le principe de gravité s’étale, prend la tangente, se répand, s’élasticise un peu, ils vont devoir s’acclimater au poids du corps autrement partagé entre une main sur la rambarde humide et le nez pris Continuer la lecture#été2023 #08bis | rampe

#été2023 #07 | Lisser le corps

Les poils, à cette distance, ne se verraient sûrement pas, mais les sentir, ces minuscules barrières érigées malgré soi contre la perfection fantasmée, envahirait la scène, freinerait toute réussite, boucherait la vue, oui, dans leur imperceptible immanence désinvolte, dans leur insidieuse poussée souterraine, -celle qui se joue avant l’éclosion, celle qui remue les profondeurs de la chair innocente-, dans leur Continuer la lecture#été2023 #07 | Lisser le corps

#été2023 #07 | Son corps n’a pas été retrouvé

Son corps n’a pas été retrouvé. Demain, ils écriront autre chose. Hier encore tu lisais, tout comme avant-hier, son corps n’a pas encore été retrouvé et le texte parlait des recherches toujours en cours, encore en cours. Aujourd’hui, plus de encore, on ne le cherche plus, corps retrouvé ou non. Affaire classée. Plus d’espoir officiels, les seuls espoirs qui restent Continuer la lecture#été2023 #07 | Son corps n’a pas été retrouvé

#été2023 #08 | le portrait

Le portrait accroché au mur dans son dos est encadré de bois clair et de taille moyenne, dessiné au pastel sur un papier vert de gris. C’est un portrait fait du temps de son adolescence par un peintre impressionniste qui trouvait son visage intéressant et lui avait proposé d’en dessiner les contours à la fin d’une journée de stage. Elle Continuer la lecture#été2023 #08 | le portrait

#été2023 #07bis I ce qui apaise l’âme

Sa cuisine est une sorte de vortex dans lequel on plonge sans certitude d’en ressortir indemne. C’est étonnant. Parce que le reste de la maison ne laisser pas présager de ça. De ce vortex. Un vortex dans une cuisine c’est évidemment inattendu. On l’imagine dans la cave. Ou à la rigueur dans le grenier. Dans une tour abandonnée, ce que Continuer la lecture#été2023 #07bis I ce qui apaise l’âme

#été2023 #08bis | calfater

Des années que le vieil homme choisissait avec soins les morceaux d’étoupe — des années qu’il chauffait patiemment le goudron de pin — des années qu’il s’efforçait à coups de maillet à rendre étanches les interstices du pointu sur lequel jamais il ne prendrait la mer — cette barque était son rêve — les fissures de ses bois, les points Continuer la lecture#été2023 #08bis | calfater

#été2023 #07bis | Réminiscence

Je n’ai pas assez parlé de cette odeur. Quand je me suis réveillée ce matin, la tête lourde du manque de sommeil, elle était là, tapie dans un coin de ma tête. Machinalement, encore pelotonnée sous la couette, j’ai humé l’air, comme s’il allait par magie la faire pénétrer dans mes narines et la diffuser dans la pièce. Je me Continuer la lecture#été2023 #07bis | Réminiscence