#été2023 #04 | Autoroute

La lanière glisse sur le torse, le fermoir claque doucement dans la nuit bleu pétrole, le jour attend. Deux billes, la pupille fixe, regard vers l’intérieur, enclos de rêves récursifs et morbides, la boucle sur la boucle, la nuit, cette nuit a-t-elle une destination, un ailleurs ? En sont-ils un jour sortis ? Les corps se confondent dans l’habitable, chair et tôle, Continuer la lecture#été2023 #04 | Autoroute

#été 2023 #04 | Avoirs ou Tiroirs de Mémoires

Pour ces 650.000 Français livrés à l’ennemi par le pseudo-gouvernement de Vichy, pour l’honneur des 40.000 qui y périrent, (dont près de 15.000 furent fusillés, pendus ou décapités) et auxquels la République a attribué la mention « Mort pour la France », la Fédération Nationale des Victimes et rescapés des Camps Nazis du Travail Forcé et l’Association pour la Mémoire de la Continuer la lecture#été 2023 #04 | Avoirs ou Tiroirs de Mémoires

#été2023 #03bis | quatre enfants

Ils sont quatre. Quatre enfants qui dorment sous la couverture. Ils sont serrés, la couverture est trop petite pour les couvrir tous les quatre. Les quatre tirent la couverture à eux, à lui, à elle. Florida tente de tirer la couverture à elle, Gaspard aussi, et les deux autres, l’autre fille, l’autre garçon, tentent aussi de tirer la couverture à Continuer la lecture#été2023 #03bis | quatre enfants

#été2023 #03 / Derrière la porte

Tout le monde le sait dans la petite rue aux trottoirs défoncés, et puis je l’ai déjà dit. Écho a vécu trois années de sa vie vagabonde derrière la porte grise du 2171. Comme on l’a beaucoup dit, poussée – chassée ? – par un tempérament follement « romantique ». Aujourd’hui encore je ne sais pas ce qu’il faut entendre par « romantique ». Continuer la lecture#été2023 #03 / Derrière la porte

#été2023 #04 | salon de l’artistique

A L’Isle Adam, elle leur est venue comment l’idée de m’inviter au Salon de l’Artistique cette année ? L’année dernière, il leur avait signalé ma présence sur la commune, ils sont venus à trois, ont installé un beau stand avec mes photographies du Mexique, des tirages d’époque, début des années 40 Paul Strand ne pouvait pas faire ce reportage, il Continuer la lecture#été2023 #04 | salon de l’artistique

#été 23 #4 | trois fois vers Grigny

Le train d’avril s’arrache à la grande ville, qui ne s’efface pas vraiment, prise et postée tout du long dans le maillage de la banlieue avoisinante. La voie ferrée longe le fleuve, que l’historien et l’étudiante suivent du regard, comme s’il avait le pouvoir d’adoucir le paysage autant que l’histoire.  A ce moment-là, tout est possible :  puisque l’étudiante sous pression Continuer la lecture#été 23 #4 | trois fois vers Grigny

été2023 #04 | au chaud d’elle dans le bus

Je me rends en autobus au bourg voisin. J’expérimente le trajet pour de vrai. D’ailleurs je pensais qu’il n’y avait pas de bus, en fait si, on m’a renseignée. Un le matin et un le soir, c’est ce qu’on m’a dit à la mairie. Très bien j’ai dit. Mais je n’ai pas l’intention de faire le voyage en solitaire. J’ai Continuer la lectureété2023 #04 | au chaud d’elle dans le bus

#été2023 #03bis | Louise, Marie et Jeanne

Il est question de femmes ; sur la photographie elles sont trois, Louise, Marie et Jeanne. Louise Sénac est née Louise Fouga, sa mère s’appelle Jeanne, Jeanne Justal. Le prénom complet de Marie, la fille aînée de Louise, est Guilhaumette Jeanne Marie, elle s’appelle Guilhaumette comme son grand-père paternel, Guilhaume Sénac, Marie comme sa grand-mère paternelle, Marie Sénac, née Marie Gascon. Continuer la lecture#été2023 #03bis | Louise, Marie et Jeanne

#été2023 #03 | Derrière l’absence

Comme je le disais, elle était tout sourire, cela irradiait, une source intérieure, cela jaillissait. Il n’y avait pas d’épaisseur, cela irradiait, l’intention livrée entière à son expression, le sentiment tout sourire sur le visage. La présence, sans épaisseur, sans la cave de l’intérieur, une façon pastorale d’être là. Comme les bêtes, comme si infusait la proximité de cette vie Continuer la lecture#été2023 #03 | Derrière l’absence

#ateliers #été2023 #2bis | Jokari

Il avance sur le quai d’un air nonchalant. L’air est humide, la bruine immobile, le ciel touche le sol. Il entend une voix annonçant le départ d’un train sur le quai 2 et il hésite un instant : repartirait-il vers cet ailleurs indiqué ? Non, il ne peut pas renoncer. Pas maintenant. Il sort de la gare et remarque que l’Hôtel Continuer la lecture#ateliers #été2023 #2bis | Jokari