#40jours #35 | démolition

Depuis que je suis arrivée à Boulogne-Billancourt. (cela fait maintenant six mois), la disparition soudaine et entière de pâtés de maison me surprend. Le vide grignote mon quartier. Toutes les semaines s’ouvrent de nouveaux chantiers de construction. Quand j’habitais à N. les choses ne changeaient jamais. Parfois, on refaisait un trottoir, on réparait une canalisation, on installait la fibre mais Continuer la lecture#40jours #35 | démolition

#40jours #30 | pini di roma

On avait donné à cet endroit un nom prometteur bien représentatif de cette époque, le Jardin de Cythère. C’était une résidence médicalisée rochelaise avec des murs rose saumon, des carottes betteraves au déjeuner, des vieux parkinsoniens tremblotants et une infirmière en chef qui s’adressait aux pensionnaires avec le pronom il ou elle : « elle a bien dormi », « il a encore Continuer la lecture#40jours #30 | pini di roma

#40jours #22 | Rue François Bonvin, 2ème étage gauche

Rue François Bonvin, 2ème étage gauche. Le salon donne sur la rue. En face, la Poste, son centre de tri. Deux hommes en noir remontent la rue, chacun sur un trottoir. La soufflerie d’en face étouffe le son de leurs pas. Ils avancent vite et au même rythme, on croirait voir une ombre et son reflet. Sans jamais s’arrêter, ils Continuer la lecture#40jours #22 | Rue François Bonvin, 2ème étage gauche

#40jours #hors-série | dédoublement

Elle t’a invitée chez elle, en Bretagne, à Etel. Tu es tellement contente de les retrouver. Passer quelques jours entre ami.e.s, en bord de mer. Dès le départ le train a du retard à cause d’un bagage abandonné. La gare Montparnasse est bondée de familles, de gens seuls, de valises. Des cris, des rires, des conversations se chevauchent, des annonces Continuer la lecture#40jours #hors-série | dédoublement

#40jours #40 | c’est le début de…

Ce n’est pas le début d’un livre, Ce n’est pas le début de la fin, Ce n’est pas un sujet bien précis, Cela ne parle pas que du Nord, Cela ne parle pas que de moi, Cela ne parle pas que de la ville, Cela ne dure pas que 40 jours, Ce n’est pas un début mais un voyage. C’est Continuer la lecture#40jours #40 | c’est le début de…

#40jours #39 | si loin et si près à la fois.

Les lieux de l’enfance sont ceux qui m’ont construite, j’ai ensuite choisi les miens. Au fin fond d’une poussette ou d’un lit à barreaux, je reçois et perçois le monde, sensations imperceptibles, trop lointaines, seules les photos, permettent de me souvenir de leurs réalités. Trop petite et pourtant déjà mal aux oreilles, chaque soir et pendant des années, mal à Continuer la lecture#40jours #39 | si loin et si près à la fois.

#40jours #40 | Ça peut toujours servir

C’est l’inconvénient d’être seul dans la voiture : il y a de la place. Potentiellement trop de place. Alors tu ne tries pas, tu ne sélectionnes pas, tu emmènes tout, tu décides d’emmener tout ce dont tu penses avoir besoin : ça peut toujours servir. Des habits, évidemment. Des qui te tiendront chaud, des pour si il fait chaud, d’autres qui te Continuer la lecture#40jours #40 | Ça peut toujours servir

#40jours #40 | quoi t’a conduite si fort ?

qu’est-ce que tu as fait pendant tout ce temps, embarquée dans l’histoire avec un peu de retard ? dans quelle enfilade de rochers t’es-tu risquée et pour quelles raisons en ce moment où l’été 22 commençait, la canicule ruminant déjà sur les versants boisés ? quoi t’a retenue dans ce lieu-vallée où tu habites, dans ce trou qui n’est pas un trou puisque Continuer la lecture#40jours #40 | quoi t’a conduite si fort ?

#40jours #34 | un volet claque

Basile se réveille au milieu de la nuit. Intrigué, il entend le bruit d’un volet claquer. – Réfléchissons, se dit-il. Je viens d’entendre un volet claquer. Analysons l’évènement calmement. Ne paniquons pas. Je ne suis pas dans une demeure hantée ou au milieu d’un bois. Le volet claque de nouveau. Un volet claque alors que la fenêtre de son appartement Continuer la lecture#40jours #34 | un volet claque

#40jours #07 | sombre frère, sombre encore

C’est en pente. On descend. On descend toujours. On descend dès l’entrée de la ville lorsque l’on quitte la voie consulaire. On ne fait que descendre. On descend, mais comme les routes sont sinueuses, serrées, pas de perspective, on ne voit pas le bas, on reste dans sa tranchée de ciel. On sait qu’il y a quelque chose en dessous. Continuer la lecture#40jours #07 | sombre frère, sombre encore