# Boost # 13 | Une étude

La nuit est presque défaite et le corps mer étale. Ni dénouement, ni attente. Les battements du cœur semblent chercher une issue mais tout est clos. Être au repos est une apparence. Quelque part dans le labyrinthe un courant se concentre. Fore un passage. Dans la respiration-même, une force clandestine entre les parois : en gestation. Tantôt cri, tantôt chant, Continuer la lecture# Boost # 13 | Une étude

#boost #13 / Becket / me te se… je tu il… parle

Allongé. Encore. Le dos au drap ou le drap au dos peu importe, à quoi bon distinguer. Rien ne bouge sauf ce qui ne peut s’en empêcher. Les paupières parfois haut bas ça passe le temps. Ou l’illusion. Le noir le presque noir puis encore plus noir. Et puis pas. Un soupir sans souffle de dedans pas tout à fait Continuer la lecture#boost #13 / Becket / me te se… je tu il… parle

#boost #13 | Imagine

Qu’as-tu fait ? J’ai fait un pas de côté et j’ai glissé. J’avais oublié que la neige est friable. Que dans tout ce blanc qui scintille et enveloppe toute chose, tu peux t’enfoncer. Sans arrête où porter ton regard, tu perds pied. Il est aventureux de distinguer une forme précise qui te parlerait. Le monde devient ouate bleu-gris-blanc et s’évapore. Continuer la lecture#boost #13 | Imagine

#boost #13 | travail au noir – premier jet

Elle a fermé les volets, les volets de la nuit d’hiver qui est ici, la nuit, – faut voir, ici surtout-, d’un noir très noir. Comme du beurre de goudron ou du charbon. Un rien luisant. De pure matière. Plein. Net. Dense. Sans aucune couture.  Épais à couper au couteau ou à débiter à la hacheTon noir de la nuit Continuer la lecture#boost #13 | travail au noir – premier jet

#boost11 #ter La deuxième lune

Myrha Je le sais moi, que c’est une deuxième lune. Ivan dit que non, que ça ne peut pas être une deuxième lune, que la lune c’est le nom qu’on donne à un astre et que le nom est déjà pris mais moi je le sais que c’est une deuxième lune. Je sais des choses qu’Ivan ne comprend pas, comme Continuer la lecture#boost11 #ter La deuxième lune

# Boost # 12 | Cambuse sibylline

Dans la brume, lueur comme lampe de mineur au lointain. Douce et rassurante pour l’adolescente. Phare ténu au bord du marais. La terre de Briolle, lestée par la présence de l’eau, absorbe les pas prophéties des sibylles d’Orlando à l’écoute, tu empruntes l’ancien chemin de halage comme font les revenantes la beauté chromatique se mêle aux fragrances du canal la Continuer la lecture# Boost # 12 | Cambuse sibylline

#boost #12(2) | chanson pour une gardienne ou rues sans adresse à l’adresse d’une rue

Rue de la sellerie à l’entrée des artistes après la cage de verre, emprunter l’escalier Dans sa cage de verre la gardienne connait chansonles retours donnent le laici, maintenant La, si, do, fa       Elle n’aime ni les contrebasses, ni les cors, ni les basses mais les ténors et Carmen  C’est la gardienne, c’est elle, rue de la Scellerie qui Continuer la lecture#boost #12(2) | chanson pour une gardienne ou rues sans adresse à l’adresse d’une rue

boost #12 | Rue de l’église

La vieille main soulève le rideau pelucheuxgeste du dedans pour attraper les nouvellesdu dehors et le geste surprend la vieille Léontine,elle prend son courrier. Il est bien tard pourtant sous le perron et sous la main qui soulève le rideaudeux adolescents maladroits s’embrassentdans l’obscurité de la cave un peu pour voir un peu pour rire. Mais le soir tombe déjà Continuer la lectureboost #12 | Rue de l’église

#boost #12 / Micolet / Chez Éric ou bien Chez Julia ?

Codicille : exercice difficile je ne sais si je suis entrée quelque part… chez Éric ou chez Julia  Chez Éric ?Non, avant.C’était chez Julia. Oui, c’est ça. Le taureau comme signe.Un taureauà Montfuron, pays des moutonset des pignons —menu provençal promis. À notre palais urbain,à notre palais rustique,à nos palais qui cherchent encore. On descendles marches en pierrefendue, pour ne pas se cognerla tête —voûte basse, cave vieillede plusieurs siècles,restaurée en restaurant. Odeur de thym dans les pierres,mobilier rustique,bois de chêne vert. Ils poussentcomme les petits painsde la multiplication — ou les souvenirs — de table en table,les voixmontent comme la conduction de la chaleur des platsdans les nappes à carreauxet les verres humides. Julia rit,nonc’est quelqu’un d’autre ? Un regard,un taureau sur l’étiquettede la bouteille. AOC.Montfuron rouge.Ne pas trop en boire. La voûte tangue.Tu te souviens ?Moi, non. Justele boiscontre la joue. Une pierrefroide,sous la main. Et cette voix,loinqui dit encore : tu sais,c’était avant.Chez Julia. Chez Julia,c’était haut,oui — vue large,le ciel piquéd’antennes et de martinets. Des collines à perte d’œil,le vent dans les oliviers,des pins noueux comme des veines. Le soirs’étiraitdans les pierres chaudes. On voyait loin,au-delà du champ,le Luberon comme un silence. Parfois des brebis,des cloches —et rien d’autre. Puis —plus tard, peut-être des étés après —c’est devenu chez Éric. Chez Éric,la vue butesur une haie bien taillée. Continuer la lecture#boost #12 / Micolet / Chez Éric ou bien Chez Julia ?

#boost #12 | chez Jeannette le dimanche

Au village quand nous descendions chez Jeannette le dimanche pour le goûter de pain perdu Le dessus de table à carreaux, les bols à oreilles bleus, le pot de crème et le lait chaud La Singer qui dort Ta blouse à la patère : Jeannette, ta robe de dessous et de dimanche faite à la même machine qui dort : peignoirs, Continuer la lecture#boost #12 | chez Jeannette le dimanche