#anthologie #21 | Et plus personne pour me le dire

Maurice Il a perdu sa fille quand elle avait vingt ans (1) en 1948 (2) après la guerre il habitait encore dans le Nord. Personne ne parlait de cette jeune femme sur la photo encadrée dans le salon on m’a peut-être dit qu’elle s’appelait Liliane je trouvais que ça lui allait bien qu’elle était belle comme une actrice avec sa Continuer la lecture#anthologie #21 | Et plus personne pour me le dire

#anthologie #16 | Une recherche impromptue

Jacques a 72 ans. Bedonnant, il a le cheveu clairsemé, et arbore souvent un air jovial. Il n’est pas très bavard. Aujourd’hui, il semble soucieux. Le père et le fils se sont donné rendez-vous dans une brasserie proche du travail d’Elias pour déjeuner. Jacques a tant de choses à dire, mais il se trouve toujours empêché de le faire. Les Continuer la lecture#anthologie #16 | Une recherche impromptue

#anthologie #23 | quatre ampoules, deux bananes et une boîte pour le chat

À droite rue D’Orsel, à quelques pas du premier, il y en a un grand, je n’y suis jamais entrée. Ma mère préfère le premier : Celui de l’angle est un vrai piège à touristes qui affiche des prix aberrants, en plus la moitié des produits se trouve en sous-sol et l’ascenseur est toujours en panne, avait dit ma mère; Continuer la lecture#anthologie #23 | quatre ampoules, deux bananes et une boîte pour le chat

#anthologie #10 | à l’ombre

Elle a 36 ans. Un mari aimant. Deux enfants déjà grands. Elle vit à Lyon. Ses yeux se mettent à rougir, à suppurer. Elle souffre d’une kératite aigue et ne supporte plus la lumière. Nous sommes à quelques jours de la date de sa mort et de sa naissance. J’ai peur de sortir dehors en plein lumière, en pleine chaleur. Continuer la lecture#anthologie #10 | à l’ombre

#anthologie #23 | sous la grotte

Plus bas, il y a la grotte. On pourrait y entrer par la cheminée que le père avait creusée. On tomberait sur le feu, sur la couverture, sur les enfants grelottants, sur un lit de feuilles mortes et de paille éparpillée, sur la pierre friable d’un sol poreux où traineraient des tasses ébréchées, des fourchettes, des bouts de cartons, des Continuer la lecture#anthologie #23 | sous la grotte

#anthologie #15 | Où voudrais-tu aller ?

« As-tu beaucoup voyagé dans ta jeunesse ? Oui, non, peut-être » … Silence… Une ombre passe sur son visage. Un mauvais souvenir de voyage ? Difficile de savoir. Je n’ose pas lui poser davantage de question. J’ai envie de la questionner sans retenue, d’entrer sans gêne dans l’intime, de chercher à toucher du doigt l’origine du malaise qui nous sépare. Pour quelles raisons ce Continuer la lecture#anthologie #15 | Où voudrais-tu aller ?

#anthologie #22 | au-delà du Tibre

Pendant l’hiver 1991, je prenais souvent la rue de la Lungara pour aller chez K. Il habitait alors sur les flancs du mont Janicule à Rome. Je me souviens surtout de la traversée du pont Garibaldi qui enjambait de Tibre et me portait de l’autre côté, au-delà du Tibre, au Trastevere. Comme j’apprenais l’italien , saisir l’étymologie de ce toponyme Continuer la lecture#anthologie #22 | au-delà du Tibre

#anthologie #21 | de toi dans le vivant des jours (notes)

Je n’ai que deux photos de toi (1) / (2). L’une est un portrait en noir et blanc que tu as dû faire chez un photographe (3). L’autre m’a été transmise par Thérèse, ta fille, ma tante (4). Cette photo m’est précieuse car elle te surprend dans la vie. Elle est trace de toi dans le vivant des jours (5). Continuer la lecture#anthologie #21 | de toi dans le vivant des jours (notes)

#anthologie #22 | Moulin de Prez

Le pont tient bon. La rivière en dessous s’écoule sans heurt. Un banc de bois tout neuf permet aux promeneurs de se reposer un instant près des traces d’un feu depuis longtemps éteint. La nuit, parfois, on grille des cervelas. De l’autre côté du pont, un grillage se dresse parmi les herbes hautes. Interdiction d’entrée. La maison pourrit au bord Continuer la lecture#anthologie #22 | Moulin de Prez

#anthologie #21 | notes de retour

Notre bateau1 va enfin toucher au but son balancement son roulis sa vitesse ralentissant considérablement à l’approche de Sanlucar2 J’entends le claquement des voiles dans le soir tombant les secousses dues aux manœuvres de l’équipage3 lentement la nuit s’installe sur la côte que je devine Je suis monté sur le pont pour m’assurer que je ne me suis pas trompé Continuer la lecture#anthologie #21 | notes de retour