#photofictions #03 | Traversée

Mon rêve de photographe c’est de capturer l’animal sauvage qui déboulerait subitement devant moi, cerf, isard ou renard. Sur le fond vert en pointillé de la forêt, il viendrait trouer l’image de sa clarté flamboyante. Il inscrirait la trace floue de son pelage vaporeux. La marche en forêt n’est pas une performance de touriste en quête de pittoresque, elle n’est Continuer la lecture#photofictions #03 | Traversée

#photofictions #02 | Elles

Ce que j’ai photographié. La petite enfance, l’adolescence. Ce que je ne photographierai peut-être pas. L’âge de femme ou de mère, la vieillesse.Ce que j’ai photographié. Les gros plans du visage, l’œil, le nez, la bouche, jusqu’à l’appareil dentaire, les moues, les mimiques. Aussi la chevelure ramassée ou celle qui danse, qui lance ses longs filaments dans l’air, la nuque Continuer la lecture#photofictions #02 | Elles

#photofictions #04 | berlin

comme si j’étais le miroir, je t’ai aimée d’abord dans tes images, les images de toi faites par toi, des images posées sur le fil des jours, j’allais à rebours dans les passés où nous ne savions rien l’un de l’autre, ton visage devenait multitude, suivant la spirale je revenais à celles que tu avais faites seulement pour moi, ton Continuer la lecture#photofictions #04 | berlin

#photofictions #03 | Trompe l’œil

Attroupement dans une ruelle face à un mur, ça discute, ça rigole, ça pose, rapide et au suivant… Un mur quelque peu noirci par endroits montre une scène banale d’un vendeur ambulant avec ses marchandises sur une carriole chapeautée d’un parapluie-ombrelle. Je comprends vite que les gens attroupés devant la fresque veulent poser entre les individus dessinés et faire partie Continuer la lecture#photofictions #03 | Trompe l’œil

#photofictions #03 | Sans photo c’est mieux

Elle sourit en me regardant. Ses dents sont parfaitement alignées et blanches. Ses traits sont réguliers et son sourire avenant. Elle porte des cheveux longs, ramassés en une queue de cheval basse. Ils n’ont pas été tirés exagérément. La coiffure laisse voir qu’ils sont fournis, le volume de la tête en témoigne. La ligne n’est pas stricte, ne partage pas Continuer la lecture#photofictions #03 | Sans photo c’est mieux

#photofictions #03 | un bazar domestique

Y aller enfourner son œil photographique Je me réveille, j’ai mal dormi, mon regard se tourne vers un empilement, un tas, un bric-à-brac de tissus dépareillés. Je décide de le photographier sans conviction, perspective d’une photo banale, sans intérêt, à mettre ordinairement au rebut photographique, pourtant je cadre vite et j’appuie sur le bouton. Rien d’arrangé, agencement dicté par le Continuer la lecture#photofictions #03 | un bazar domestique

#photofictions #03 | La fatigue ou la fumée

La fumée ou la fatigue qu’est-ce qu’elle veut capturer ? la fumée qui remonte et qui se voit bien, traits et volutes blanches remontant mais on n’en saura rien puisque l’image sera figée, puisque la photo sera un arrêt. La fumée qui se voit plus encore parce que derrière c’est noir comme jamais. Noir partout sauf à droite au fond, comme Continuer la lecture#photofictions #03 | La fatigue ou la fumée

#photofictions #03 | Sable

C’est le soir et le salon. Lumière tendue comme un dais sur la nudité de la pièce traversée. Vers les fenêtres, d’où l’on voit, elle le sait, le désert. Pas encore quitté la ville, pas encore, et un mois déjà. La fenêtre est l’oeil, l’oeil de ce nouveau salon, dans le Sahara. Oasis dans la poussière du sable qui s’infiltre Continuer la lecture#photofictions #03 | Sable

#photofictions #03 | La Perle sucrée

Fumier de lapin ! tu crois que j’te vois pas ? j’t’entends tu sais, qui gratte à côté, j’te vois derrière cette porte, tes griffes sur un bout de tissu, et c’est sûrement le tapis, j’vois bien comment tu peux faire, là dans le salon, c’est pas parce que j’suis dans le bureau, j’t’entends sur le tapis, un coin patchwork Continuer la lecture#photofictions #03 | La Perle sucrée

#photofictions #03 | Le Lab’Oratoire

Faut-il esthétiser pour qu’on s’y arrête dans cette cave à ciel ouvert sur la gauche – la faute au coteau, il prête le flanc – on y est arrivé par les degrés des Dentellières, entre la rue Pierreuse et la rue du Palais, et si la température monte on ne fera pas dans la dentelle, une grille ouvre sur un Continuer la lecture#photofictions #03 | Le Lab’Oratoire