Mes lunettes

1 Elles sont sur mon nez, elles sont près de l’ordinateur, ou près de mon lit, elles pendent à mon cou, elles sont accrochées à mon sac, elles sont dans leur étui, leurs étuis respectifs, elles ne sont jamais sous la main, impassibles, elles guettent mon regard impérieux : de près ? de loin ? soleil ? Elles ou plus simplement elle, la paire élue Continuer la lectureMes lunettes

proposition #02 | un parpaing de phrase LEPORELLO 2 O, 3 L, 2 E (version 3)

LEPORELLO exercices devant le miroir, murmures, articulations , attaques sur « LE» légèrement souriant, à peine, « LLO », finale plus accentuée, bien faire sonner la double consonne et le « O » bien moelleux et détaché, recommencer en glissant sur les deux  syllabes médianes « PO, RE », aimer les mots chantants , les mots rares, les mots exotiques, et l’objet LEPORELLO déniché dans une galerie Continuer la lectureproposition #02 | un parpaing de phrase LEPORELLO 2 O, 3 L, 2 E (version 3)

BRRrraa !

Arrachée j’ai crié j’ai appris inspire expire expulse je me suis assimilée du mieux que j’ai pu bricolé des fictions je me suis battue j’ai été battu j’ai battu craché au dessus des balcons je me suis débattue pour rien pour échapper aux chatouilles prendre le bus être à l’heure je me suis débrouillée pour rester debout rester invisible j’ai Continuer la lectureBRRrraa !

Planète habitable, maison châtaigne.

On en est donc à là, sur une frise qu’on tracerait en tremblant, de découvrir des planètes habitables et sur les réseaux réagir, comme quoi d’abord sauver la nôtre plutôt et que 31 années lumières faut pas avoir oublié quelque chose et vouloir revenir. La maison châtaigne donnait sur la place du village. On accédait par un gros escalier à Continuer la lecturePlanète habitable, maison châtaigne.

Augusta

là         ça        sentait la pénombre         la lueur des tomettes         rouges échauffées       par le feu de la cheminée        qui aspirait doucement        de sa langue brûlante        la marmite en fonte        qui pesait bouillante        irradiée des caresses        léchée des flammes        dans l’âtre        dès le matin        pour toute        la journée        pour toute        la vie de la maison        pour toute        la vie de ses occupants        l’oncle qui gemmait        la tante que j’aimais        aux sourcils noirs        épais         au-dessus de ses yeux sombres        qui me regardait        en m’aimant        dans ma robe de velours rouge        et Continuer la lectureAugusta

Maison du premier domaine


Sans doute une fenêtre à l’étage donnant sur les ombres du domaine avec, juste devant, le vieux terrain de jeux désaffecté qui sert d’enclos au chien-loup, gardien de la lune montante. De là se devine la maison entre les branches qui bougent à peine. Cernée par un labyrinthe de buis pour créer les fugues, à l’approche du médecin. Les buis forment des dessous froids pour les rituels d’enfouissement. Aspérités des pierres meulières: les fils brillants indispensables y sont accrochés.. Tourelle sur un côté, vieil escalier tournant pour embarquer les bruits du dedans quand les marches craquent sous le poids d’une présence qui gravit en boitant les marches jusqu’aux chambres des enfants sans jamais ouvrir la porte. En bas, une cheminée ne laisse à l’intérieur aucune trace de flambée. L’éclat des flammes est prisonnier du cuivre bien astiqué qui dessine les contours des réceptions familiales. Sur le mur de la salle à manger, des trophées : têtes de brochets desséchées, gueules ouvertes laissant entrevoir les secrets du lac.  Dans le sillage de la maison,  une autre maison, celle qu’on n’a pas le droit d’aborder car la grave maladie est venue de là. En face, un marronnier immense au bord de la prairie. Sert à inventer  des troupeaux de marrons bais ou mouchetés qu’on cache entre les racines  avant de rentrer à la maison. Un perron revient à l’appel du mot rentrer : une grand-mère inquiète y est debout, lançant à la volée le prénom de l’enfant qui s’est enfuie malgré fièvre et interdiction. Volée de marches. Hors de la maison.