#chroniques #00 | Prologue

1 

Comment va le monde? Il se mélange madame, c’est étonnant et pas seulement gay

2

11h18 : Des enfants piaillent, crient, chantent dans la cour d’école voisine.

11h33 : Derrière moi à la terrasse du café, deux hommes discutent « Je m’en bats les couilles » « Carrément, à douze ans je pense aussi que les cerveaux passent un cap »

11h48 : Une camionnette au bas de caisse rouge avec écrit en gros caractères « Unité mobile paramédicalisé », un taxi, une voiture noire, une estafette marque Iveco, deux bus qui se suivent, la descente est lente rue de Belleville depuis qu’elle est en sens unique;

12h03 : Elle passe devant moi, soucieuse, l’air renfrognée en se mordillant le doigt, inquiète. Est-ce qu’on vient de lui apprendre que son enfant est atteint d’une leucémie incurable ?

12h18 : Odeurs : d’échappement, de café et de pêche sucrée

12h33 : Un homme de grande stature, avec un chapeau noir, une canne, marche lentement avec aisance et élégance, on dirait mon voisin Patrick mais il est mort, il y a deux ans déjà. Il nous manque dans le quartier.

12h48 : Sur le canapé vert amande, deux soutiens à gorges, deux tee-shirts, 6 coussins

13h03 ……

13h11 : Emportée pas la rédaction d’un mail, j’ai raté la note sur le réel de 13h03

13h18 le chronomètre indique 35°, le soleil brille dans un ciel bleu, l’air est étouffant, une goutte de sueur perlent à mes cils.

13h33 : Sonnerie de téléphone portable. Tiens, je ne me souviens plus comment sonnait le téléphone fixe, je me souviens du numéro 0145416284 

13h48 : « En bobèche de souffrance », ça veut dire quoi bobèche? Pitre, bouffon, niais. 

14h03 : J’ai faim

3

Regardant ces portraits de femme, je suis happée, silencieuse, je plonge, dans le tableau, dans la mélancolie. Pensive, comme obnubilée, je reste là et je m’y noie. Une tristesse profonde m’envahit ou bien je flotte, barbote dans un calme serein, là où, nos solitudes, se rejoignent. Reconnaissance. Ressemblance.

Elles sont souvent assises, ces femmes. Elle regardent sans voir, droit devant, la tête légèrement penchée, mais surtout perchée au-dessus d’un cou, long, très long. Derrière le visage ou le buste, l’arrière plan est neutre : marron, gris, noir, bleuté. Rien que ce visage à contempler. Peu de détails : des cheveux plats, deux traits fins arqués pour sourcils, deux fentes à peine entrouvertes pour yeux, un long trait vertical pour nez, un rond rouge pour bouche. Et surtout un cou, un cou long, très long. Peu d’expression, seulement une présence, sans artifice. Elles regardent, dans le vide, sans adresse précise, comme si elles fixaient l’intérieur d’elles-mêmes. Oh non… Ce sont leurs âmes qui nous observent, tandis que moi, je reste là, muette, fascinée par ce cou, long, très long, si long.

Et soudain, je me demande : est-ce leur silence qui m’attire, ou le mien qu’elles révèlent?

4

Affaire, bazar, désordre, fouillis, pagaille, bordel, capharnaüm, charivari, chaos, bric-à-brac, fatras, foutoir, souk, truc, machin, bidule, chose, barda, bimbloterie, merdier, tas, toutim, attirail, saint-frusquin, chaut, bibeloterie, chantier, amas, binz. Affaire à faire

A partir des lettres de votre prénom et votre nom, extraire une dizaine de mots. 

Vous ne pouvez utiliser qu’une seule fois, chaque lettre, par mot. 

En revanche pour le mot suivant vous avez à nouveau toutes les lettres à disposition.

Ecrire un texte dans lequel apparait ces dix mots (au milieu d’autres bien sur)

A propos de Cécile Bouillot

Bonjour je suis comédienne. Je développe également des projets vidéos dans lesquels je filme les gens autour d'une même question. J'écris des poèmes de rue a partir de phrases récoltées dans la rue, j'aime m'amuser avec différents jeux d'écriture, j'écris régulièrement depuis deux ans. Acte 2 Scène 2. Chaine Youtube : https://www.youtube.com/user/cecilebouillot

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