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pas question de sauter une ligne dans l’espace carcéral
pas question d’évacuer les règlements lois arrêtés préfectoraux et tout ce qui régit l’intérieur et l’extérieur des domiciles comme la bonne conduite à adopter dans une chambre comme ne pas fumer ne pas cracher
pas question d’allumer des choses sans la certitude de pouvoir les éteindre un barbecue qui cuirait la viande toutes les viandes même les viandes au frais et sur des hectares
partez partez il n’y a rien que l’on ne puisse garder
à présent que tout flambe allez
et la petite valise que vous tirez tirez tirez
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samedi, de vingt heures à vingt-et-une heures
le boulevard Michelet grouille de tout son Marseille, des piétons s’engouffrant dans le métro, des voitures impatientes klaxonnant à la première seconde d’inattention oh c’est vert oh tu avances !, de ceux qui rentrent de la plage, de ceux qui sortent le chien jusqu’à ceux qui convergent vers le temple, promenant leurs couleurs ciel et blanc, maillots écharpes, un scooter traverse le rond-point du Prado en i grec comme on dit, roue arrière jambes en l’air, après tout pourquoi pas ?
si l’on regardait du ciel et à travers le sol, on verrait ces ramifications immenses de supporters qui traversent la ville par les rues le métro pour rejoindre le stade ça joue ce soir
en bas on prend des portions fromage, on descend des pintes puisque dans l’enceinte c’est interdit alors on se chauffe un peu
les groupes de supporters sont déjà à l’intérieur, ont déjà déployé les tifos dans les gradins, on fume on parle on pronostique évalue les dernières recrues
soir de match l’espoir est là
j’espère qu’on fera pas la saison de l’autre fois sans déconner
l’espoir que ce sera pour cette fois
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– ah vous aussi ça fait une heure que vous attendez ?
vague oui de la tête signifiant le souhait de cantonner l’échange à cette question
– une heure vous vous rendez compte
sourire qui consolide eh oui mais regard fuyant pour que rien ne s’installe
je suis à jeun j’attends la prise de sang et le café je n’irai pas plus loin
– à quoi ça sert ils nous donnent des rendez-vous si après c’est pour te faire attendre une heure
– …
– oh à cinq heures trente je me suis levée oh cinq heures trente si j’avais su je restais dans le lit
– hmm
– de toute façon moi je me suis faite avoir
– …
– je me suis faite avoir je pensais c’était un rendez-vous obligatoire
– Madame, personne ne se fait avoir c’est un rendez-vous médical de contrôle, c’est pour votre santé et c’est gratuit, précise gentiment la secrétaire médicale puisque la conversation résonne dans toute la salle et les couloirs
– eh oui moi je pensais c’était la sécu c’est pour mon arrêt je pensais je me suis faite avoir
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sans doute un accident aura eu raison de sa colonne vertébrale
mais précédant l’accident et l’annonçant peut-être car trop pressé sur son scooter trop de rush trop de défonce au ricard jusqu’à tard quand le lendemain ça bosse et tôt en plus, sans doute annonçant l’accident il y avait eu ces trente années de manutention chantiers à pousser les brouettes nettoyage de site aussi les mains dans la crasse toujours
le type bras pliés étrangement brisés même s’appuie allège son poids sur la rambarde debout devant moi assise dans le tram
sa colonne vertébrale un arbre qui voulait pousser vers la route et qu’on aurait maintes fois taillé tenez monsieur asseyez-vous
le temps pour qu’il capte quelqu’un me parle la jeune femme la place derrière je suis déjà accoudée près de la porte il prend son souffle articule merci beaucoup madame
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tenir un verre dans sa main
vide appuyer sur les touches des
mots choisis parmi la cascade
de pensées toutes ne sont pas
à prendre à la lettre ou à la première
personne et attendre dans sa chambre
que quelque chose advienne debout