#L2 La Valise

Oui, elle a bien entendu. Elle est sûre. C’est ce bruit qui l’a décollée de sa chaise, tirée de son activité favorite. Un bruit inhabituel. Un bruit de pas. De sa fenêtre, elle le voit bien le chalet d’à côté, inhabité depuis plusieurs mois. Alors oui, elle est sûre et certaine, elle a entendu ce bruit de pas et elle a vu un homme. Elle n’a pas rêvé. Il portait une valise. Une valise à roulettes. Elle n’avait pas pu s’empêcher de penser — pourquoi porter une valise quand il y a des roulettes —. Peut-être était-il de ces gens ennemis de la facilité qui pensent qu’ils doivent porter, pas faire rouler. Le fait est donc, qu’il portait une valise alors qu’il aurait pu la faire rouler. D’autant qu’elle paraissait lourde. Elle l’avait vu s’accroupir devant la porte d’entrée, gratter dans les gravillons sous un reste de paillasson, en retirer un sac en plastique dans lequel il y avait une clef. Alors ça ! se dit-elle si j’avais su que la clef était là… Mais visiblement, ce n’était pas la bonne à moins qu’elle ne soit complètement rouillée. Il renonce. Bon ! pensa-t-elle pas de regret. Et là il donna un grand coup d’épaule à la porte qui ne résista pas. Si j’avais su se dit-elle encore une fois… Puis il entra dans le chalet, sa valise à la main. Puis plus rien. Elle resta de longues minutes derrière sa fenêtre à observer. Sa curiosité ne fut pas récompensée. Aucun bruit si ce n’était celui du volet qui depuis des mois n’arrêtait pas de claquer au vent. Enfin se dit-elle en désespoir de cause, il pourra peut-être le réparer. Et sur ce, elle quitta son poste d’observation, retourna à son activité favorite.

A propos de Marie Moscardini

Après une formation à Aleph en 2014, j'anime des ateliers d'écriture dans une petite ville de Saône et Loire. En apprentissage permanent je m'enrichis, je m'agrandis en participant depuis 2016 aux ateliers de François BON.

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