
FLAUBERT Œuvres complètes Collection L’intégrale des éditions du Seuil 1964
Ces deux livres jumeaux ont été dans mes bibliothèques successives depuis longtemps. Je peux indiquer avec certitude la date à laquelle ils sont entrés en ma possession : juin 1965. Ils m’ont été remis à une distribution des prix à l’issue de ma classe de 1ére. C’est indiscutable car collé sur la première page, il y a un petit papier « Lycée Jules Ferry . Tananarive. » Sous cette mention, d’une écriture manuscrite appliquée : Année scolaire 1964-1965 et mon nom. Le lycée ne s’était pas fichu de moi, il s’agit des œuvres complètes de Flaubert en deux volumes, éditées en 1964 aux Éditions du Seuil. La couverture des volumes est tendue d’un tissu rouge vif. En lettres d’or, centrées dans la partie supérieure du livre : « Flaubert » et dessous « œuvres complètes ». Encore dessous une étoile pour le tome 1, deux pour le tome 2. Sur la tranche, en long « Flaubert», en bas une étoile pour le tome 1, deux pour le tome 2 et dessous le nom de la collection : « L’intégrale ». Au dos, en bas, justifié à droite « aux éditions du Seuil » suivi de deux points. Toutes les écritures sont à empattements droits (Georgia sur un clavier d’ordinateur). C’est tout. C’est beau, c’est noble et sobre, d’un luxe discret adapté à la grandeur de l’écrivain. Bien qu’âgés de plus de six décennies, les livres sont parfaitement conservés, non pas faute d’usage, mais parce que protégés par des couvertures en plastique transparent, un peu craquelées, elles aux coins. Première page blanche, deuxième page FLAUBERT, troisième page, une reproduction du visage de l’écrivain, jeune, imberbe et chevelu pour le tome 1, d’âge mûr, dégarni et moustachu pour le tome 2. Page suivante FLAUBERT, ŒUVRES COMPLÈTES, TOME UN ou TOME DEUX, PRÉFACE DE, etc. Suivent les listes des œuvres contenues dans chaque volume. En bas de la page AUX ÉDITIONS DU SEUIL et sur la dernière ligne, 27, rue Jacob, Paris-VIe. Le tout centré et dans des corps différents de la police. Sur la page de gauche. Copyright 1964, by Éditions du Seuil
Je m’aperçois que je n’ai pas précisé leurs dimensions : 17 x 22 x 4. Ce sont donc des volumes qu’on lit plus facilement sur une table que sur un fauteuil ou dans son lit. Ils sont trop lourds pour être portés à bout de bras. Cette particularité explique en partie leur parfait état de conservation.
Curieusement, le prénom Gustave n’apparaît nulle part, ni sur les couvertures, ni dans les corps des livres.
Les textes sont imprimés sur deux colonnes, dans la même police que les mots des couvertures (Georgia), dans un corps petit, mais restant d’une lecture aisée. Le grammage du papier est plutôt fin sans être bible. Sans doute blanc à l’origine, il a jauni au cours des années. Chaque volume contient environ huit cents pages.
Les parties les plus cornées sont celles de Madame Bovary dans le volume 1 et de Un cœur simple dans le volume 2. Sans doute plus fréquemment consultés. Je n’en suis pas surprise, tant j’aime ce conte et ce roman.
Entre les pages de Bouvard et Pécuchet, un marque-page en papier antemoro, garni d’un décor floral. La fabrication de ce papier cartonneux et solide est une spécialité malgache. Sa pâte est faite à partir d’un arbuste endémique de l’île, l’avoha. Les Malgaches y disposent souvent des pétales de fleurs avant le séchage au soleil. Ce marque-page dort dans le livre depuis soixante ans, lui aussi. Parfaitement conservé, comme mon souvenir ému de mon année scolaire 1964 – 1965, qui me fit découvrir, en même temps que Madagascar, la plume merveilleuse de Flaubert;