#rectoverso #07 | À bout de souffle

RECTO Le fait que nous soyons le 26 octobre 1984, le fait que c’est mon trente-cinquième anniversaire, le fait que j‘ai demandé congé à mon patron pour cette occasion, le fait que je viens de me lever, le fait que j’ai regardé le ciel par ma fenêtre, le fait qu’il fait un temps exécrable, le fait que je suis retourné Continuer la lecture#rectoverso #07 | À bout de souffle

#rectoverso #06 | Toute une vie.

«l»                                  RECTO. J’ai mis du temps à me faire. Le certificat et basta, après c’était la ferme. Comme les parents et comme mes frères et sœurs et puis l’armée où j’ai connu ce premier et seul copain. On ne parlait pas beaucoup à la maison, ça m’est resté. Par contre, je ne suis pas resté paysan, je sentais que c’était Continuer la lecture#rectoverso #06 | Toute une vie.

#rectoverso #05 | Rien n’a vraiment changé

Je cours au-devant de ma mère. Mes sœurs sont un peu en arrière. Toujours complices toutes les deux. Moi la cadette, moi la spontanée, je les agace. Ma joie les agace. L’école a deux portes bleues, l’une au-dessus de laquelle on peut lire « filles » et l’autre où l’on peut lire « garçons ». L’école élémentaire Saint-Lambert, lieu de rires, lieu de jeu Continuer la lecture#rectoverso #05 | Rien n’a vraiment changé

#rectoverso #06 | autoroute

Allez, on bouge. je prends le train en marche. En retard, mais j’ai mes raisons. Petit à petit vous comprendrez si vous me lisez. Je vous la fais à l’envers. Qu’importe. Là je me veux me souvenir de quelque chose de très ancien, de Savigny-les-Beaune et de mon métier que je n’exerce plus, mais qui a été le mien pendant Continuer la lecture#rectoverso #06 | autoroute

#rectoverso #07 | Le fait que ça vienne de là-haut

Le fait que ça vienne de là-haut fait encore plus peur que si ça venait du fond du jardin, le fait que ça descende devant la fenêtre juste au moment où le frère vient de faire sa bêtise et refuse de se laisser gronder par les grands donne vraiment l’impression d’un pouvoir extraordinaire, le fait que le pelharòt soit le Continuer la lecture#rectoverso #07 | Le fait que ça vienne de là-haut

#rectoverso #05 | le lac aux pivoines

Trois magnolias tout maigres, tout juste plantés, un large trottoir et la maison. Étroite, un étage avec balcon, des fenêtres en arc, la façade repeinte en gris-bleu. Avec d’un côté un immeuble au pied duquel une pharmacie vient d’ouvrir et de l’autre une villa au crépi jaune lézardé. Le petit portail noir, métallique, s’ouvre sur une cour minuscule. Il y Continuer la lecture#rectoverso #05 | le lac aux pivoines

#rectoverso #06 | Gaëlle Obiégly

Recto : Là tout prèsJe ne sais pas pourquoi j’y pense aujourd’hui. Peut-être parce qu’il sont plus nombreux que mes vivants. Ceux qui sont partis sont plus nombreux que toute l’humanité réunie de manière générale, depuis le temps. Partent-ils vraiment ? Nous abandonnent-ils ? Ils sont là. Tout près. Le jour, la nuit, peu importe. Je ne peux me résoudre à ces Continuer la lecture#rectoverso #06 | Gaëlle Obiégly

#rectoverso #06 | ce que je fais

Ce que je fais, officiellement, n’explique rien. Je suis institutrice, ici, à Sidi Barrani. Dans une salle aux murs blanchis, pour une poignée d’enfants que je vois grandir trop vite. Je me lève tôt. Ici, tout le monde se lève tôt, même ceux qui n’ont plus rien à faire. Je fais chauffer de l’eau pour le thé, je mâche du Continuer la lecture#rectoverso #06 | ce que je fais

#rectoverso #06 | Il n’y a pas que du fenouil

Recto Quand on est rempoteur de Capucines, on oublie le monde tel qu’il est, on s’enfonce, on se laisse emporter par notre univers intérieur. On ne voit pas les dos penchés, les fronts en sueur. On n’entend pas le bruit des tracteurs et encore moins celui et tomates et des fenouils jetés dans le hangar. Du moins c’est l’impression que Continuer la lecture#rectoverso #06 | Il n’y a pas que du fenouil

#rectoverso #06 | la poussière est l’apanage des riches

RECTO  Instituteur. C’est écrit là, sur la carte de visite, juste en dessous de mon nom. Ça a une autre allure qu’entrepreneur! Mon père a beau dire -l’entrepreneur c’est lui, mon père- que je gagnais moins que son ouvrier quand j’ai débuté, il échangerait bien ma blouse grise contre ses vêtements de chantier, ses mains bouffées par le plâtre, et Continuer la lecture#rectoverso #06 | la poussière est l’apanage des riches