#rectoverso #02 | ombre solitaire

RECTO à ce stade de la nuit, plus rien n’existe. Les réverbères municipaux se sont éteints et la nuit glisse sur la ville jusqu’à engloutir la moindre lumière résistante. Je retiens mon souffle. Peu à peu, mes yeux s’habituent à l’obscurité. De la fenêtre de la chambre, j’aperçois un chat ramper le long du mur d’en face. Ombre solitaire sans Continuer la lecture#rectoverso #02 | ombre solitaire

#04 rectoverso | la décennie

Y’a un homme, une femme, un autre humain — moi — et puis encore deux autres mais je vais pas les embêter plus que ça. Il faudra penser chaque fois que eux aussi sont par-là, pendant la décennie. Tu y retournes encore ?  Que crois-tu en dire que tu ne saches déjà. Que tu n’aies déjà dit, pensé et même, Continuer la lecture#04 rectoverso | la décennie

#rectoverso #04 | à reculons

RECTO Des blouses grises et bleues, des préfabriqués, des vastisas et l’origine du mot, was ist das?, des murets, des marches en cairons, des grillages, un portail, un couloir, ce qui pourrait définir une prison. C’était l’inverse.  Auguste Comte, le positiviste qui ne respecte pas les règles d’orthographe,  Les billes, et forcément le sac de Billes de Joseph Joffo. L’ai-je Continuer la lecture#rectoverso #04 | à reculons

# recto-verso #04 | L’Emprise de la princesse de Clèves

Bien sûr, je me souviens de la Princesse de Clèves, et de son infortunée liaison qui a fait le tour des salons. Mais plutôt que de narrer des événements désormais bien connus, je me contenterai d’évoquer les robes à panier de soie, les pas de danse, les petits fours et les éventails.En toile de fond, les murmures et chuchotements des Continuer la lecture# recto-verso #04 | L’Emprise de la princesse de Clèves

# recto-verso #04 | Un bloc de silence obscur et dense.

nous portons en nous ce qui nous a fait. (A. Marzano-Lesnevich) Raconter la chambre noire de l’enfance ? Eculé. Difficile. Impossible ? Et pourtant. Récemment la question d’un ami : « Pourquoi as-tu commencé à écrire ? » La question m’a étonnamment surprise. Je ne me la suis jamais posée de façon aussi explicite, et c’est ça je pense qui m’a étonnée, perturbée. Je crois que Continuer la lecture# recto-verso #04 | Un bloc de silence obscur et dense.

#rectoverso #04 Portes

Portes. Fermées. La porte de l’armoire de la chambre de ma mère. Une armoire haute et sèche, anguleuse et formidable. Tout en haut, hors de portée de l’enfant, un étui noir où gît un violon couché dans son écrin doublé de soie violette. Derrière la porte de droite, sur l’étagère du milieu, veillent, lovées sur la pile de linge, deux Continuer la lecture#rectoverso #04 Portes

# recto/verso #04 | narration

Je ne suis pas ukrainien, non plus que russe, gazaoui ou israélien, pas plus que syrien ou afghan, argentin ou hongrois, brésilien ou turc, vietnamien chinois ou philippin, yéménite ou soudanais. Je ne me sens rien de spécial vis à vis du pays où je vis, de la langue que je pratique, je ne tiens pas à aller perdre la Continuer la lecture# recto/verso #04 | narration

#recto-verso #04 | les souvenirs de Camille

Il y a eu Bangkok et il y a eu Siam Reap. Une année professionnelle entre ces deux villes ou plutôt passant de l’une à l’autre. Des sensations se répondant, se superposant, s’entremêlant. Tout cela m’a constitué, s’est constitué comme une mémoire trouble et fondamentale. L’arrivée d’abord, le trajet entre l’aéroport et le quartier encore inconnu où j’allais loger de Continuer la lecture#recto-verso #04 | les souvenirs de Camille

#rectoverso #04 | on n’y peut rien

Déjà là à peine arrivé ici bas…partenaire d’une vie à jamais inséparable jusqu’à ce que la mort nous sépare dit-on…un serment? non une évidence…une certitude…c’est ainsi pas moyen de faire autrement…toutes les tentatives, toutes les ruses pour y échapper n’y feront rien…on doit faire ensemble notre bonhomme de chemin. Au début, c’est discret, imperceptible et pourtant déjà à l’oeuvre, agissant Continuer la lecture#rectoverso #04 | on n’y peut rien

#rectoverso #04 | le monde coule rouge

la mémoire effroi se couche devant toutes les époques_devant grand Homme et petite femme_devant tous petits corps_le point de bascule est là dans ce petit corps fragile qui ne sait pas comment dire non_comment se protéger de la grande main trop grande pour le petit corpsl’effroyable brutalité des corps qui choquent et croquent à n’en plus finir jusqu’aux os jusqu’à Continuer la lecture#rectoverso #04 | le monde coule rouge