#LVME #02 | Le chantier

Rue des Savonniers, route barrée, route creusée. Impossible d’accéder en voiture. On doit se garer plus loin, marcher au bord du trou, il y en a que ça contrarie plus que d’autres. Matahiarri est debout au fond de la fosse. Dans la brume piquante du matin, il regarde le godet de la grosse pelleteuse déposer son sable noir au fond Continuer la lecture#LVME #02 | Le chantier→

roman maison #02/14# | l’homme de passage ou la femme

Son visage de jeune femme maquillée œil de biche capte la lumière de l’écran de l’interphone les cheveux tirés en queue de cheval dévoile une nuque déterminée… elle traverse l’espace avec assurance vêtue d’un pantalon de camouflage ajusté et d’un teeshirt Realift et se dirige vers l’armoire technique de l’ascenseur en panne. Arrivée devant, elle sort une clé singulière en Continuer la lectureroman maison #02/14# | l’homme de passage ou la femme→

#LVME #02 | La ville et ses fantômes

Sur la devanture d’entrée de l’immeuble, un ouvrier agenouillé frotte vigoureusement le mur pour tenter d’effacer un tag, épais et tourmenté, peint en noir la nuit précédente. C’est le propriétaire de l’appartement du rez-de-chaussée qui l’a remarqué le premier en sortant faire ses courses ce matin et qui l’a signalé à la Mairie. Le netttoyeur porte une combinaison tachée d’anciennes Continuer la lecture#LVME #02 | La ville et ses fantômes→

les mardis | #03 | fascisme et rues

L’ultima giornata di Reginaldo Giuliani è cominciata molto presto, all’alba del 21 gennaio 1936. La notte di Padre Reginaldo è stata insonne, la mancanza d’acqua si fa sentire su tutto il campo. A cinq d’heure du matin il s’assoit sur son lit de camp, prend son rosaire et commence la prière. A cinq heures vingt il se lève, sort de Continuer la lectureles mardis | #03 | fascisme et rues→

#mardis #07 | Aria di Conioli, dopo Bordighera

Ici tout prend le dessus, le vert sur le noir du goudron, la roche marron presque noire sur le vert de l’herbe des prés et la mer plus au loin, très claire ce matin, sur le rocher là où est suspendue cette aire d’autoroute, aussi celle-ci, je ralentis, je freine, envahie par cette suspension. Bandes blanches a lisca di pesce Continuer la lecture#mardis #07 | Aria di Conioli, dopo Bordighera→

#LVME #01 | A sept heures cinquante, comme chaque lundi, tout recommencera

A sept heures cinquante, comme chaque lundi, tout recommencera, mais pour l’instant tout est calme. La lumière rasante du soleil d’hiver révèle peu à peu la grande structure métallique surmontée d’une sorte d’aile qui pourrait aussi faire penser à un navire. Des ombres commencent à franchir la grille d’entrée qui donne sur la esplanade légèrement pentue, qui mène à l’entrée Continuer la lecture#LVME #01 | A sept heures cinquante, comme chaque lundi, tout recommencera→

#LVME #02 l un homme de passage

Peut-être qu’il est là, dans l’embrasure de la porte du sept. Peut-être que, malgré tous ses efforts pour se fondre dans le décor, la petite fille du quatrième le voit, sans comprendre, avec cette légèreté étrange qu’ont les enfants quand ils frôlent l’invisible. Il avance. Ou plutôt, il suit. Le rythme, c’est celui d’un autre. Peut-être qu’à force de marcher Continuer la lecture#LVME #02 l un homme de passage→

#LVME #02 | l’homme au blouson

À cette heure de la matinée le parking de l’immeuble est presque désert. Sans difficulté il peut garer sa Renault Mégane sur une des places, côté gauche. Une jambe d’un pantalon sombre, puis une seconde s’extraient de la voiture. Le haut du corps assez grand qui se déploie ensuite arbore un blouson en suédine marron. Dans les mains il tient Continuer la lecture#LVME #02 | l’homme au blouson→

#LVME #02 I Laissez tomber les p’tits papiers…

Il, est plusieurs. Jamais le même sous l’habit orange visible depuis toutes les fenêtres qui l’entourent. Il, est aussi elle. L’habit leur donne la même démarche lourde et pesante dans la terre. Habit de pluie, habit de saisons froides et humides quand iel pique avec une sorte de longue épée les papiers gras abandonnés sous les bancs. La chorégraphie est Continuer la lecture#LVME #02 I Laissez tomber les p’tits papiers…→

#LVME #02 | le technicien de l’eau

Trois coups de sonnette, un employé de la Saur, compagnie des eaux, demande où se trouve le compteur. La femme l’ignore. L’homme d’une cinquantaine d’années porte un tee-shirt noir, un pantalon noir et un gilet sans manches vert fluo avec le nom de la compagnie imprimé. Il part explorer le garage, l’arrière cuisine, le jardin. Son corps est souple. Quasiment Continuer la lecture#LVME #02 | le technicien de l’eau→