#photofictions #02 | Giacomelli | papier mâché

Choisir l'endroit, le geste. Choisir le geste qui conduit à l'endroit qui va rentrer dans l'image. Pas loin. Lieu de l'intime quotidien "extrêmement proche". Le jardin est l'intime. Descendre au jardin, à quelques pas du lit, à quelques pas de la table où est posée la tasse de thé. Trouver ce qui a changé depuis la veille. Ne pas traîner. Deux ou trois secondes pour poser l’œil, décaler le cadre, positionner, déclencher. Ce rituel entre le sommeil et le jour, le dedans et le dehors qui permet de faire circuler le souffle dans le corps. Noter s'il pleut encore, s'il y a du vent ou non.

en fait, pas grand chose dans l’image | diagonale du bois | textures matières végétales imprégnées d’eau | se rapprocher | on dirait des pigments, des morceaux de papier mâché, des pétales de carnaval, des déchets déjections débris | rien que l’œuvre éphémère d’une nuit et d’une poignée d’orages forts | pas grand chose dans l’image, pourtant ce fourmillement de particules humides réunies en toile de sol comme au commencement des temps | besoin de se rapprocher encore pour observer l’absorption de la couleur par la terre, la transformation des pétales en dépôt gluant | l’humidité précipite la dégradation ainsi que le passage des bêtes

A propos de Françoise Renaud

Parcours entre géologie et littérature, entre Bretagne et Languedoc. Certains mots lui font dresser les oreilles : peau, rébellion, atlantique (parce qu’il faut bien choisir). Romans récits nouvelles poésie publiés depuis 1997. Vit en sud Cévennes. Et voilà.

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