Sous l’édredon

Je me souviens de l’édredon, ou plutôt de la sensation de ce véritable édredon de plumes, lourd sur un corps d’enfant, chaud et rassurant, peut-être rose ou mauve ou encore vert tendre, selon les fois. Le sentir peser ainsi garantissait la sécurité d’un sommeil serein sous cette montagne qu’il formait, nous ensevelissant complètement. Il y avait forcément deux petits lits dans cette chambre à la campagne chez mes grands-parents. Un pour moi et un pour mon petit frère. Sous le lit, le pot de chambre que mamie vidait au matin, tout en disant, peut-être amusée, étonnée, satisfaite, en tout cas ce n’était pas sur un ton de reproche : « Ah, mais tu as fait le tour du cadran ! ». Cette expression je ne crois pas l’avoir entendue ailleurs, elle reste liée à cette chambre, si propice au repos qu’on y faisait facilement le tour du cadran. Près du lit, des piles de magazines, le journal de Mickey, Pif gadget, ou autres bandes dessinées, qui plaisaient surtout à mon frère, mais que je lisais aussi, parmi d’autres livres que j’ai oubliés. En tout cas la lecture ne manquait pas. Allongée sous l’édredon moelleux, enfouie sous sa bosse protectrice, malgré le froid de l’hiver ou la fraîcheur des jours de pluie, je m’endormais apaisée, bercée d’une chaleur si douce qu’elle m’emportait aussitôt au pays des rêves.

A propos de Laurence B.

Arrivée à l’écriture par des chemins détournés, j’aimerais pouvoir m’engager sur cette voie avec plus de constance. Malheureusement le temps manque trop souvent et la discipline n'est pas mon fort.

2 commentaires à propos de “Sous l’édredon”

  1. Tout semble “véritable” dans cet interstice – pas que l’édredon de plumes ! Et ce mot d'”édredon”, quel moelleux à lui tout seul ! Merci à vous pour cette douce image…