A propos de Laurence Baudot

Arrivée à l’écriture par des chemins détournés, j’aimerais pouvoir m’engager sur cette voie avec plus de constance. Malheureusement le temps manque trop souvent et la discipline n'est pas mon fort.

faire un livre #10 | fleurs de fêlure

Un jour à la fois. Chaque jour qui passe est un jour de gagné. Mais gagné sur quoi ? Elle se dit pourtant qu’il faut continuer. Mais pour aller où ? Elle ne sait pas. Alors ses pas la mènent et la ramènent ici, semaine après semaine, un petit bouquet à la main quand elle peut en trouver un. Ce n’est pas Continuer la lecturefaire un livre #10 | fleurs de fêlure

hors-série #impératif | Chant de plumes

Chantez oiseaux, chante la pie, chante la mésange, croasse le corbeau, pépie le moineau, gazouille rossignol, que vos chants minuscules apaisent nos cœurs meurtris, que vos innocentes vocalises couvrent notre cacophonie. Aidez-nous à oublier ce qui nous afflige, sans vous laisser distraire par nos errements. Le rouge-gorge qui s’égosille à ma fenêtre, ne pousse-t-il pas la même note que celui Continuer la lecturehors-série #impératif | Chant de plumes

#L9 | Le bouquet de violettes

C’était un petit, tout petit bouquet aux frêles pétales chiffonnés, un ballotin violet cerclé de vert frileux. Entre les mains crispées les nuances de bleu et de mauve froissées se fondent sur la grisaille du manteau. Seul l’éclat jaune du cœur des fleurs flétries réchauffe de minuscules touches lumineuses la terne silhouette.

#L8 | les voix des morts

Elle avance, portée par elle ne sait quel courant, sûrement un courant souterrain, mince filet d’eau putride qui sent la mort ; c’est cette odeur de mort qui l‘entraîne jusqu’ici, un parfum puissant qui l’enveloppe entièrement et dont elle a conscience sans savoir d’où il provient ; est-ce d’elle, de lui ou de tous les autres qu’il s’échappe pour l’assiéger où qu’elle Continuer la lecture#L8 | les voix des morts

#L6 Le calendrier des postes

Elle repose la tasse de café encore chaude sur la petite table bancale de sa chambre. Un dimanche comme un autre, elle prend le temps, savoure ces instants précieux où elle peut laisser son esprit vagabonder librement. Son regard erre de la fenêtre au mur de sa chambre. La fenêtre donne sur une cour sombre et grise. Pour apercevoir, lorsque Continuer la lecture#L6 Le calendrier des postes

#L5

Absorbée dans ses pensée, elle n’entend pas le gardien lui rappeler que la fermeture approche et qu’elle doit se préparer à quitter les lieux. Elle ne voit plus vraiment non plus le décor qui l’entoure : cet alignement monotone de tombes entre les allées bordées d’arbres. Elle remarque à peine le murmure du vent dans les feuilles, comme un chant funèbre Continuer la lecture#L5

#L4 | Quelques piliers

De Maupassant, Une vie : premier choc littéraire, une impression forte, presque physique d’émerveillement, vers 12-13 ans, de découvrir quelque chose de nouveau, de vital, de décisif, « la littérature », rien à voir avec tout ce que j’avais pu lire auparavant, et le désir impérieux de s’engouffrer à tout jamais dans cette nouvelle sensation. De Poe, ses nouvelles et certains poèmes (A Continuer la lecture#L4 | Quelques piliers

#L3

Il fait noir et froid j’ai froid ça s’agite au-dessus quelqu’un vient elle me parle je ne comprends pas ce qu’elle dit mais j’ai un peu moins froid quand elle vient je ne sais pas qui elle est c’est peut-être Mathilde elle était si triste quand ils m’ont enfermé ici elle pleurait mais non ce n’est pas elle pourquoi ils Continuer la lecture#L3

#L2 Le gardien

Tandis qu’elle se recueille sur la tombe, le gardien du cimetière s’apprête à fermer la grille après avoir fait un tour pour prévenir les retardataires de se diriger vers la sortie. Sans qu’elle s’en rende compte il l’observe attentivement, comme il surveille tous ceux qui s’aventurent sur son territoire. C’est lui le maître des lieux et il entend bien faire Continuer la lecture#L2 Le gardien

Paul

Elle s’avance à petits pas, son bouquet de violettes à la main. Tête baissée sous son chapeau noir, elle trébuche un peu sur les graviers. Elle vient tous les dimanches, silhouette discrète que personne ne remarque. C’est toujours le même trajet, à l’heure où les autres s’en vont. Besoin d’être seule. Ses doigts se crispent sur les fleurs mauves alors Continuer la lecturePaul