#anthologie #02 | la salle

Allongée sur le divan, caché par la porte qui ouvre sur cette salle salon chambre – rien n’est bien défini –, où elle reposerait pour une sieste d’un après-midi d’été. Le dessus de lit jaune soleil serait rabattu sur ses pieds, le visage de l’enfant tourné vers la droite comme s’il regardait l’étagère de livres près du lit. Les livres, Continuer la lecture#anthologie #02 | la salle

#anthologie #prologue | j’ai respiré

J’ai respiré, les poumons se sont défroissés, distendus, dans tous les plis, dans toutes les nervures l’air est rentré, le souffle nouveau à plein s’est suspendu, s’est retiré en prenant le chemin inverse aussi loin qu’il pouvait me quitter, les laissant en attente du battement initié. J’ai inspiré, j’ai expiré.J’ai crié. ils attendaient ce cri. J’ai oublié que je respirais. Continuer la lecture#anthologie #prologue | j’ai respiré

#anthologie #prologue | je neige

Je nais en mai      alien en mon crâne allongé    chauve       j’ouvre des yeux noirs    ahuris    je surprends     peut-être que j’émerveille    une surprise dont l’écho traverse les ans     à chaque anniversaire ma mère se demande de quelle planète je venais     derrière la fenêtre elle regarde des flocons tomber    je ne les vois pas       mais j’entends le silence      ce jour-là Continuer la lecture#anthologie #prologue | je neige

#anthologie #prologue | je suis venuE au monde

Je suis venue au monde sans savoir que c’était le monde. Sans savoir que j’étais venue avec un E. J’ai vu du vert partout, des camaïeux de vert, sans savoir que vert et couleurs existaient. J’ai touché le vert à pleines mains, couchée dans l’herbe sans connaître la différence entre herbe et lit. J’ai essayé d’attraper la coccinelle et le Continuer la lecture#anthologie #prologue | je suis venuE au monde

#anthologie #prologue | On en reparlera

En un seul jour j’en ai eu des naissances. J’ai bavé et ce n’était que le début. J’ai frotté une peau qui était mienne qui n’était pas mienne on en reparlera. J’ai eu envie de déclarer l’interdiction totale d’avoir froid ou de manquer d’un mot tendre de quelle que bouche que ce soit et on en reparlera. J’ai activé des Continuer la lecture#anthologie #prologue | On en reparlera

#anthologie #prologue | lent puis accéléré, pour trop d’années

Fus conçue. Me suis accrochée, suis née, ils ont souri de fierté et bonheur, ne m’en suis pas souciée, apprenais à respirer et à ne plus pédaler dans le liquide. Ai senti que j’avais une peau et qu’elle était touchée. Ai senti autre peau, l’ai respirée, elle était chaude et douce, ai aimé être posée contre elle, m’y blottir, elle Continuer la lecture#anthologie #prologue | lent puis accéléré, pour trop d’années

#anthologie #prologue | J’ai appris

Je n’ai pas choisi, mais je me suis mise au monde. J’ai appris à respirer. J’ai appris à regarder. J’ai appris à écouter. J’ai appris à parler. J’ai appris à goûter. J’ai appris à toucher. Apprendre et tenter de comprendre comment exister, comment vivre. Je n’ai pas choisi, mais il fallait se nourrir. Mastiquer ce qui entrait dans la bouche. Continuer la lecture#anthologie #prologue | J’ai appris

#anthologie #prologue | J’ai vu, je suis.

J’ai vu, j’ai observé sans comprendre. Bruits, sons, paroles, phrases.J’ai appris à faire du vélo devant la maison. J’ai fait du vélo dans les landes. J’ai fait du vélo dans Paris. J’ai suis allée de Saint-Jean de Luz à Bordeaux en vélo. Je ne sais plus faire de vélo.J’ai vu, j’ai observé, j’ai entendu, j’ai imité. Paroles, phrases, questions. Mon Continuer la lecture#anthologie #prologue | J’ai vu, je suis.

# nouvelles, boucle 2 |Hélène Boivin

table des matières 1- une rencontre 2- Job 3-une famille recomposée 4-le salon des refusés L’imprésario Midi, les rues chauffées à blancs se vident, les estivants du festival se dépêchent de gagner l’ombre pour ne ressortir qu’à la fraîche et voir jouer les comédiens dans la cours des grands. Indifférents, enthousiastes et naïfs, nous jouons à toutes les heures. Out Continuer la lecture# nouvelles, boucle 2 |Hélène Boivin

#versuneécopoétique #02 | Égarement

Dès que le soleil commence à réchauffer les murs des villages alentour, il n’est pas difficile de constater la multiplication, quel que soit le nom qu’ils empruntent, de marchés aux puces, brocantes ou vide-greniers. Un étal de deux ou trois mètres sur des tréteaux, une table de camping chancelante, l’arrière d’une voiture avec le hayon levé, une couverture ou une Continuer la lecture#versuneécopoétique #02 | Égarement