une traversée de Buffalo, le projet

plus de trois ans à ne jamais cesser de traverser la ville de Buffalo



- l’histoire du projet, sa genèse

- accès par la carte (en cours)

- table des textes

- performances avec Dominique Pifarély : Marseille _ Nantes _ (liens à venir)

 

Buffalo, l’histoire du projet


Début 2010, un dimanche, en voiture de location, venant de Niagara Falls, se perdre dans l’étendue urbaine indéfinie de Buffalo.

Surgit, juxtaposée à l’infini, toute l’histoire industrielle et sociale de l’Amérique des Grands Lacs.

De retour à Québec, je tente de retrouver sur Google Earth ce pays inconnu brutalement surgi, et je me perds encore plus.

Les photographies aériennes nous donnent un accès indiscret aux lieux inaccessibles ou interdits de la ville, décalent notre vision de la ville ordinaire. C’est depuis ce moment que j’associe ces images à des bribes de fiction qui s’autorisent le fantastique, et recomposent à leur tour une autre ville.

C’est ainsi qu’est né ce projet Une traversée de Buffalo .

 

Buffalo, développements


Le projet de fond, pour moi, c’est bien le passage du livre à un autre objet de « lecture dense » : une mosaïque graphique dont chaque point donne accès à une mini-fiction liée à ce détail d’image précis. La page texte donne alors accès à l’image plein écran du détail entrevu. Les mots-clés associés à la fiction permettent de rejoindre des textes associés et organiser d’autres suites de parcours (y compris simplement chronologique), tandis que les liens hyper-texte dans l’intérieur des textes donnent accès, via le web, à une strate de web directement liée à la réalité des lieux convoqués (exemple).

Enjeu : lorsqu’on appréhende la ville européenne d’aujourd’hui, qui se constitue en mégalopole depuis son vieux tissu, pas possible de faire l’économie de la ville américaine. Ces villes horizontales, qui se bâtissent au long des voies de circulation, et pas le contraire. Une notion différente de l’espace, une façon plus nette quand s’arrête le territoire de la ville, une répétition aussi, que l’histoire plus ancienne et compliquée des villes d’Europe n’a pas laissé se constituer.

Donc non pas un discours « sur » la ville américaine, mais – en se saisissant de la vieille couronne industrielle, partiellement défaite, de la région des lacs, Buffalo, Milwaukee, Detroit, Chicago, appréhender ce qui change de notre imaginaire de la ville – et notamment notre imaginaire européen. La littérature moderne, via Dickens, Balzac, jusqu’à Céline ou Proust, s’est constituée depuis l’idée européenne de la ville : de quelles fables neuves – pour nos villes, notre espace – ouvre la ville américaine ? Et sans doute bien d’autres inventions à tester, en géolocalisant chaque image, en proposant leur surgissement aléatoire ou nouvelle continuité toute fictive...

 

février 2013, Buffalo : reprise


Reprise aujourd’hui du chantier Buffalo. Un premier état se basait sur 36 fictions brèves, chacune à partir d’un détail d’une vue satellite de Buffalo ou des villes similaires de la région des Lacs. Cette version web incluait un système de mots-clés et une navigation graphique. Elle était disponible sur publie.net depuis novembre 2010 sous forme d’un PDF texte image, sans évolution possible. En parallèle, j’en ai présenté depuis lors de nombreuses lectures-performances, seul ou avec Dominique Pifarély (ce que je préfère, et magnifiques souvenirs de la Dynamo/Banlieues Bleues, Le Petit Faucheux à Tours, Lieu Unique à Nantes ici), La Marelle&BDP à Marseille (ici), ou de cette version acoustique au château de Chambord un dimanche après-midi du printemps 2011... Prêts bien sûr à en faire d’autre.

Le déclic pour moi c’est le lancement du projet web-edition de publie.net : court-circuiter la case epub du livre numérique en renforçant par contre l’éditorialisation web, et l’autonomie du projet dans le site.

Une traversée de Buffalo est donc désormais dans zone premium de Tiers Livre, une vingtaine de billets sur les 36 initiaux (le reste à venir), versions textes révisées d’après l’évolution de la version scénique, l’envie de reprendre l’écriture pour une quinzaine d’autres (de nombreuses autres images satellites en attente).

Pour cette première re-mise en ligne, un sommaire général, un sommaire graphique, et l’insertion dans chaque billet d’un petit cartouche de navigation permettant soit la lecture linéaire, soit (dans les jours à venir) d’autres bifurcations. Je vais reconstruire aussi le système de mots-clés et de liens externes. Chantier qui se fera donc progressivement jusqu’à fin mars.

Il est décisif pour nous de tester grandeur nature ce principe d’accès privilégié à un certain nombre de ressources web pour les abonnés à publie.net. L’accès est libre pour lecture rapide, mais vous devrez vous connecter pour l’accès illimité, plus d’une minute par page.

Enjeu dans notre proposition aux auteurs : mettre en valeur des ressources devenues passives sur leur site, avec possibilité de les éditorialiser, sans pour autant leur imposer la réduction qu’est le format epub du livre numérique. Une bascule très embryonnaire, mais pour nous vitale.

 

en public (invitez-nous !)


Une traversée de Buffalo a été depuis lors présentée en public, soit seul, soit en binôme avec Dominique Pifarély, dans les lieux suivants :
- Québec, Le Cercle, création, 26 mai 2010
- Pantin, Banlieues Bleues (sept 2010) ;
- Nantes, école des Beaux-Arts (janv 2011) ;
- Bron, Fête du livre (fév 2011) ;
- Tours, Le Petit Faucheux (mars 2011) ;
- Chambord, château de (avril 2011) ;
- Louvain-la-Neuve, université (mai 2011) ;
- Nantes, Lieu Unique (janvier 2012) ;
- Marseille, La Marelle / Bibliothèque départementale de prêt (juin 2012).


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne 25 avril 2010 et dernière modification le 7 décembre 2013
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