3 à l’essai

L’un :

  • Collée sur lui la grimace-saignée, le rictus plâtreux, les lèvres déjetées sur les gencives, les dents jaunes tordues et inégales, une poigne terrible saisirait la peau derrière le cou, la tendrait la tordrait jusqu’à déchirer l’arrière-crâne.
  • Dans son for intérieur : il sent une nouvelle fois le ver forer ses os empiler ses anneaux dans le tube vertical du dos raidir ses jambes calcifier ses bras le figer bientôt pierre.
  • Écoutez-moi une fois d’encore avant trop tard messieurs les infirmiers qui partagiez autrefois des cigarettes et du café donnez-moi toujours s’il vous plaît comme je vous en supplie devant vous en raucassant sans exprès le souffle de tabac froid, donnez s’il vous plaît du sursis d’avant-garde, prenez vigoureusement la grande mesure des choses et la précaution maladroite des couloirs du corps bouché depuis l’invasion d’accident. Regardez-moi, mesdames et messieurs les infirmiers des blouses blanches, j’ai cependant bien compris l’habitude de ma misère personnelle. J’en fais pour vous malgré qu’elle m’épuise à longues lampées, mon minerai d’histoire, et mes collections de zoologie intime, pour distraire et divulguer le mal que j’ai ; j’en fais pour vous encore le petit spectacle propice à nous repousser d’un nouveau saut la dernière fois d’avant trop tard ; s’il vous plaît mesdames et messieurs : le noir brûlant mélangé de fichue fumée fouilleuse pour déloger.

L’une

  • une longue mèche de cheveux virgule son pâle visage juvénile pointille sa pétillante caresse au plein des lèvres ; elle s’ovale soupir arrondi d’inquiète surprise au reflet d’une vitre — sursaut de miel l’entaille bleue du regard déjà s’efface
  • Dans son for intérieur : en écho de visage la photographie tombée dans l’écran, une de ces enfants noir et blanc maintenue assise bien droite pour faire comme d’avant être une morte.
  • alors c’est quoi ?– la morsure immonde des images mortes pour arrêter le réconfort d’oublier, j’ai à peine entamé mon début de vivre ma grande fête de jours et de nuits les caresses qui m’attisent celles que je sais donner les sources et les rires que je bois. C’est ainsi, ma force m’assigne au tout vouloir d’une certitude pleine une plénitude de beauté oui c’est ainsi qu’à peine j’ai commencé le vivre…

L’autre

  • Elle est maigre longue et grise déambule coque creuse cerclée de bras crochetés durs autour du tronc maigre et long et gris serrent contre elle ses peluches noires et grises aussi ; elle marche en ricochant de temps en temps elle est maigre elle est sèche elle vacille se penche parle repart sans bruit
  • Dans son for intérieur un défilé incertain d’ombres de lumières de silhouettes entre les tables blanches et les couloirs de vert d’ocre et d’âcre. Des visages étrangers surgissent et s’effacent sans autre trace que l’onde d’un lointain frisson. Une voix mécanique répète : « ils sont si sages mes petits »
  • dur’lumièr                                flocon dousichaussisage                         l’ encorp                  gronventr’bébé                           mai’pleuré                          lèvr’ san          yeu’san                    obébéd’                 allée si sage                  long vert la branche      coulée           lalala bébé silasisi sage              voyez voyez                 ombre baiser                       attend’effacée.                         oooooh                                               coquille là                      sisisage            ooooh                    d’eff            

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