A propos de Aline Chagnon

Ce qui me passionne dans l'écriture, c'est l'expérience, le chemin.

#anthologie #25 | carnet des odeurs

L’odeur de l’écran sur lequel mon père projetait les diapos. Une odeur sonore, ceux des cliquetis à chaque changement de photo. Odeur du lys dans la chambre de la maternité Odeur de naphtaline, les placards de ma grand-mère, les lavabos en Inde Odeur d’oreiller, y enfouir le nez Odeur de la chambre sortant du sommeil Le vide a sans doute Continuer la lecture#anthologie #25 | carnet des odeurs

#anthologie #24 | ils dorment

Ils dorment le dos courbé, front posé sur les bras croisés sur la tablettel’arrière du crâne plaqué à l’appui-tête, gorge déployée et bouche ouvertela tête penchée vers le magazine tombé sur les genouxaffalé sur l’épaule du voisinle front sur les genoux remontés sous le mentonun masque noir cache les yeuxla tête ballotée contre la vitreluttant, la tête s’alourdit, sursaut, se Continuer la lecture#anthologie #24 | ils dorment

#anthologie #23 | à la terre

on s’est assis au sol on a fermé les yeuxon voulait savoir si on pourrait confier à la terre laisser descendre plus bas il y aurait un colimaçon parois souples et gargouillis de ventres en digestion des sucs amers dissoudraient des grumeaux mal délayés mal balayés par les maigres eaux suintant les pores des argiles couvrant les surfaces des boues fermentées échappées Continuer la lecture#anthologie #23 | à la terre

#anthologie #22 | Rue Michel Servet

Rue Michel Servet – souvenir lointain C’était vraiment difficile de trouver une place pour se garer dans la rue Michel Servet. Le parking de la place du marché était proche mais trois fois par semaine, les mardis, jeudis et samedis il fallait enlever la voiture sinon la fourrière. J’avais oublié une fois mais les forains avaient poussé ma voiture. Le Continuer la lecture#anthologie #22 | Rue Michel Servet

#anthologie #21 | train annotations

Je m’étais calée contre la vitre les colonnes de fonte ponctuant le quai défilaient Le train quittait lentement l’ombre de la halle métallique de la gare de Perrache J’étais soulagée de voir le jeune homme assis à l’autre bout de la banquette se plonger dans un livre(1) Je n’avais rien su faire d’autre que me précipiter vers la gare il n’y Continuer la lecture#anthologie #21 | train annotations

#anthologie #20 | Pêche à la truite

C’est une photo noir et blanc, assez grande et de format carré. Je ne sais pas ce qu’elle est devenue, la dernière fois que je l’ai vu, ma grand-mère a lancé ce pauvre Jean-Paul avant de la remettre dans une boîte en carton.Un portrait en buste. Un homme jeune, les cheveux sombres lissés vers l’arrière. Il porte une chemise à carreau, le dernier Continuer la lecture#anthologie #20 | Pêche à la truite

#anthologie #19 | Images

le losange rouge du logo du journal Libération, la page des petites annonces minute après minute, le flip flap des lamelles du radio réveil l’odeur grasse des pulls fait à la main, la laine vierge tricotée serrée avec de grosses aiguilles l’échec de la mère à construire des barrages pour empêcher l’océan Pacifique de venir inonder ses terres la naïveté Continuer la lecture#anthologie #19 | Images

#anthologie #18 | révélateur

Mode rafaleOn appuie sur le déclencheur et l’appareil prend des photos en continu au rythme de 20 images par seconde. Un bruit d’arme automatique. Mitrailler prend tout son sens. RetardateurOn pourrait mesurer le degré de confiance de mon père dans son appréhension du temps sur les photos de fin des vacances. Son buste en gros plan, surpris dans une enjambée Continuer la lecture#anthologie #18 | révélateur

#anthologie #17 | Reflets

Il a fermé sans bruit la porte. Il repartait. J’ai roulé sur le lit, mon corps cherchait l’empreinte de son corps, un corps large dans lequel il m’était facile de trouver une place. Je me suis rendormie. Faire l’amour dans une chambre d’hôtel m’avait toujours paru sans conséquence. Avec R. c’était différent. Cette rencontre me bouleversait, me donnait le vertige. Continuer la lecture#anthologie #17 | Reflets

#anthologie #16 | alors vous

Assise sur le bord de la chaise, les coudes posés sur le bureau qui les sépare et les doigts entrecroisés sous le menton, elle le regarde. Plusieurs fois, sans que rien d’elle ne bouge elle bourdonne mmm mmm et son bourdonnement se superpose à l’incessant flux de paroles. Passe inaperçu, elle s’en rend bien compte. Elle replie ses bras sur sa poitrine. Continuer la lecture#anthologie #16 | alors vous