A propos de Émilie Marot

J'enseigne le français en lycée où j'essaie envers et contre tout de trouver du sens à mon métier. Heureusement, la littérature est là, indéfectible et plus que jamais nécessaire. J'anime des ateliers d'écriture au lycée et maintenant un peu ailleurs. C'est l'horizon mais beaucoup de chemin encore !

#40jours #03 | Aimé Césaire

1 [Ecole Aimé Césaire, 9 esplanade Edouard Glissant, Nantes] Toit végétal qui fait penser aux paysages de landes ou de dunes de la côte vendéenne : végétation herbue rase, jaunie et brûlée par le soleil et le sel, petits chemins en lattes de bois qui mènent tous plus ou moins à la mer. Ici, le chemin de bois légèrement sinueux dessert Continuer la lecture#40jours #03 | Aimé Césaire

#40jours #02 | la ruelle à toits ouverts

Il n’est pas loin de huit heures du soir. Au numéro 8, un garçon d’une dizaine d’années joue aux petits soldats dans un salon pendant qu’à la télévision défilent des images de la guerre en Ukraine. Au numéro 6, dans la maison mitoyenne, une femme prépare des bananes pesées. Une façon de conjurer l’exil. Sur le buffet, une demande de Continuer la lecture#40jours #02 | la ruelle à toits ouverts

#40jours #01 | une petite tasse de café

Dans le rond de la tasse de café posée sur la petite table en bois du jardin, tremblent les feuilles de l’avocatier. Elle lève la tête. Le vent s’est levé. Il met en mouvement le jardin tout palpitant d’herbes folles, de graminées et de papillons blancs, petit carré de vie au cœur de la ville, enclave de verdure et de Continuer la lecture#40jours #01 | une petite tasse de café

#40jours #00 | lieux disparus (en chantier…)

1 Mur en béton de deux mètres de haut qui borde la rue pentue en dégradé de gris ocre brun graff bleu noir blanc, sur lequel l’œil attentif reconnait à mi-chemin le rectangle à l’âme murée d’une ancienne porte, et pour seuls vestiges, deux lignes verticales de pierre de taille enserrées dans le béton et la ligne horizontale de la Continuer la lecture#40jours #00 | lieux disparus (en chantier…)

dialogue #04 | une voix dans le noir

J’écoute, les yeux fixés au plafond, ce que la nuit me livre de toi Je t’écoute A travers les volets, les lumières du chantier de fouilles archéologiques, les réverbères Si j’avais su Tu ne pouvais pas savoir Il aura donc fallu cette nuit-là, il aura fallu partager l’intimité d’une nuit de juillet pour que les paroles si longtemps emmurées adviennent. Continuer la lecturedialogue #04 | une voix dans le noir

dialogue #03 | la mouche

– Assieds-toi, je t’en prie… – Merci… – Un petit café ? – Ce n’est pas de refus… L’air lourd du mois de juillet écrasait la cour, les bêtes et les hommes. Les moissons n’allaient pas tarder à battre leur plein. Même les morts avaient chaud dans le cimetière de la plaine. – Ca va les bêtes ? Avec cette chaleur… Continuer la lecturedialogue #03 | la mouche

dialogue #02 | Massalanmo

Et puis soudain, oui, ça y est. Un grondement. On les entend. Massalanmo me souffle à l’oreille : (ils arrivent) Je les sens. L’air s’électrise. Ça arrive oui, démange les corps. Autour de moi, on s’agite. Massalanmo sourit. Certains remontent déjà la rue téléphone en main. En écho à Massalanmo : oui, oui, ils arrivent. Je t’attends. Dépêche-toi. Au niveau de la cathédrale. Continuer la lecturedialogue #02 | Massalanmo

dialogue #01 | sous l’avocatier

C’était sous l’avocatier en fleurs dans le jardin…ils étaient deux…pas un brin de vent…ils étaient deux mais c’est comme s’ils n’étaient pas, comme si ce deux, ils ne parvenaient plus à le faire advenir…les feuilles se taisaient ce jour-là…pas un brin de vent… ils étaient deux mais ils étaient seuls… l’air bruissait pourtant…de moiteur, de lumière, de senteurs, de pépiements Continuer la lecturedialogue #01 | sous l’avocatier

transversales #02 | une semaine de compressions

Mardi 15 février Elles sont quatre. Deux circassiennes. Deux danseuses. De part et d’autre de l’océan réunies sur un rectangle noir. Tour à tour duo, trio, quatuor. Les voix conversent. Il y est question de femmes poto-mitan, de places, de doutes, de lignes de failles et de lignes de forces tandis que les corps dansent et que les cerceaux tournent. Continuer la lecturetransversales #02 | une semaine de compressions

autobiographies #08 | bribes entre deux (1/3)

la petite fenêtre à la peinture blanche écaillée vertigineusement perchée ; les fleurs du mal ; le fil où deux pinces à linge décolorées jouent les équilibristes ;  les toits en zinc à perte de vue ; le monde à vol d’oiseau ; Irma la douce ; au printemps, un bouquet de jonquilles jaunes, éclat de soleil posé au bord du gris ; le long de l’un Continuer la lectureautobiographies #08 | bribes entre deux (1/3)