A propos de Fabienne Savarit

J'ai toujours eu envie d'écrire des histoires. Le temps me manque, alors j'écris par petits souffles, en atelier, dans des carnets, sur un coin de table. Mon premier roman a été publié en juillet 2020, j'en suis encore ébahie. Mes mots sont voyageurs et se perdent au creux des courants marins. https://www.facebook.com/Fabienne-Savarit-Autrice-105753008006663

#anthologie #20 | j’aurais dû te reconnaître

Je n’ai que six photos de toi… je ne sais pas pourquoi six et pas plus… tu es pourtant venue plus souvent que six étés. Tu as dû venir… tu n’es peut-être pas venue plus de six étés… tu ne te souviens pas… je ne me souviens pas très bien non plus… le visage de ta mère et le tien Continuer la lecture#anthologie #20 | j’aurais dû te reconnaître

#anthologie #19 | toutes les images disparaîtront

sa silhouette s’éloignant vers le potager suivie par le chat se frottant à ses jambes, cueillant fraises et mirabelles, ramassant les œufs, apportant une feuille de salade aux poules, retenant le tout dans un pli de son tablier les feuilles de tilleul étendues sur un grand drap blanc au grenier attendant de sécher avant de remplir les bocaux Le Parfait Continuer la lecture#anthologie #19 | toutes les images disparaîtront

#anthologie #18 | souriez !

Photos anciennesJ’ai découvert un album de photos en noir et blanc dans le tiroir d’un bureau descendu du grenier de la maison de mes parents. Une couverture en cuir refermée par un bouton pression. Je n’y reconnaissais aucun visage jusqu’au moment où j’ai vu mon père, jeune, en costume noir et cravate. Il était au bras de sa mère, ma Continuer la lecture#anthologie #18 | souriez !

#anthologie #17 | l’ode au céleri

Il déambule de l’étage à la cuisine puis au salon, s’assied dans le canapé face à la cheminée éteinte, sur le fauteuil face à la porte fenêtre. Il tousse une fois, deux fois, reste rêveur, puis se lève et compte les arbres fruitiers. Je me suis levé beaucoup trop tôt… trop impatient de prendre la mer… trop inquiet du temps Continuer la lecture#anthologie #17 | l’ode au céleri

#anthologie #16 | son regard

Elle est appuyée contre l’encadrement de porte, la poignée s’enfonçant dans le bas de son dos. Elle a annoncé le motif de sa venue et attend avec un léger sourire, un peu mal à l’aise, les deux bras croisés sur la poitrine. Le bas de son pantalon humidifié par les herbes du jardin, la cuisine surchauffée par le poêle de Continuer la lecture#anthologie #16 | son regard

#anthologie #15 | avec ça ce s’ra tout ?

Avec ça ce s’ra tout ? Au fond de la poche peu de pièces… l’envie pourtant de goûter un sorbet… une part de fraisier… de rester plus longtemps à la fraîcheur… Merci, je vais réfléchir… Avec ça ce s’ra tout ? J’ai oublié… oublié une dernière chose… je voudrais, je voudrais… un mot m’échappe… l’idée… l’image… il faut noter… faire des listes… Continuer la lecture#anthologie #15 | avec ça ce s’ra tout ?

#anthologie #14 | qu’est-ce que voulez que je vous dise !

Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ! La maison tremble, l’eau s’infiltre par la toiture. Au fond de l’allée des gens chantent, d’autres crient à toute force. Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ! Ici on ne peut pas dormir, on fait les cent pas sur le labyrinthe des chemins, on avance entre bourrasques et menaces. Qu’est-ce que Continuer la lecture#anthologie #14 | qu’est-ce que voulez que je vous dise !

#anthologie #13 | tout un monde chez Marcel 

Lorsque nous tenions la pension de famille il y avait toujours des clients aux noms étonnants. Peut-être parce que l’on est proche de la gare et que les voyageurs portent des noms insolites. Certains faisaient escale sans jamais repartir. Ils pendaient leur imperméable à la patère derrière la porte et la laissait pour les jours de pluie, les jours difficiles Continuer la lecture#anthologie #13 | tout un monde chez Marcel 

#anthologie #11 | Du soir à la nuit

Camille remonte l’embarcadère longe des engins de chantier les grues immenses gagne une zone plus naturelle percé d’un chemin de graviers blancs Elle longe bientôt des jardins où peu à peu les couleurs éclatantes des dahlias lilas se tapissent d’ombres Au fond d’une poche un galet blanc qu’elle emporte toujours avec elle lui raconte la marée montante descendante une respiration Continuer la lecture#anthologie #11 | Du soir à la nuit

#anthologie #10 | Augustine

Elle a vingt ans, elle travaille avec ses parents dans un hôtel restaurant à Nice, elle pose devant la façade avec tous les employés. A côté d’elle se tient son amie Françoise. Son père était pensionnaire du restaurant et un matin il est parti faire une courses laissant juste un mot demandant de bien s’occuper d’elle. Elle a 36 ans. Continuer la lecture#anthologie #10 | Augustine