A propos de Hélène Boivin

Après avoir écrit des textes au kilomètre dans un bureau, j'ai écrit des textes pour des marionnettes à gaine et en papier. Depuis j'anime des ateliers d'écriture dans des centres sociaux et au collège. J'entretiens de manière régulière ma pratique auprès du Tiers-livre.

#boost#11 bis Apocalypse maintenant

Quand la présence d’une lumière sous la lisière des troncs d’arbres, quand un oiseau commença à pépier par intermittence, quand notre attention accrochée à sa reprise, quand d’autres chants répondirent, quand la rumeur de l’autoroute commença à reprendre, quand l’aboiement des chiens flairant notre présence, quand les notifications vibrèrent sur nos téléphones, nos paupières se descillèrent. En chrysalide dans nos Continuer la lecture#boost#11 bis Apocalypse maintenant

#boost 11# constellations de feu

Arrivés au banc sous le figuier et le cognassier, nous vîmes la silhouette noire du ruban des voitures qui essayaient de fuir vers le nord, en vain, figées sur les rubans aériens. Les émanations de pétrole, de raffinerie et de carbone nous asphyxiaient déjà malgré nos foulards en chèche. Sans nous concerter, nous évitions de nous tourner vers la porte Continuer la lecture#boost 11# constellations de feu

#boost#10 Aller, cours

Aller profite du vide qui s’installe et veille sur ton intuition allumée, protège la des piétinements, des intempéries, ne te retourne pas ou tu seras figée en statue de sel, suis la vibration de la cloche qui tinte. Aller les orteils, la plante des pieds, appuie-toi sur la terre, ressens la qui renvoie son propre poids, enfonce tes talons qui Continuer la lecture#boost#10 Aller, cours

#boost#09|c’est ton tour.

Le précédent candidat avait appelé mon nom en quittant la salle, c’était mon tour d’avancer vers le bureau ravalant ma salive qui circulait dans un sens que je ne lui connaissais pas, essuyant au passage mes mains contre mon pantalon, le corps traversé par des courants froids et chauds. Les fenêtres se reflétaient sur le sol fractionnant la pièce en Continuer la lecture#boost#09|c’est ton tour.

#boost #07| Parades

Laisser la porte ouverte pour inviter dehors dedans. Danser cinq minutes par jour dans un dehors revisité par ces pas de côté. Glisser la paume de ses mains de haut en bas de bas en haut en étalant la peau comme si on voulait se faire une grande tartine de miel. Mettre tout à plat les coquilles le casse noix Continuer la lecture#boost #07| Parades

#boost#06, visages|Miroir

Essuyant les gouttelettes qui dégoulinent sur le miroir, le chiffon frotte détourne les ruisselets qui brouillent le visage plongé dans sa tache ménagère, refusant de s’attarder à l’évidence, sur cette face aux sourcils écarquillés surplombant la monture des lunettes, séparés par deux rides transversales et une bouche tricheuse qui repulpe ses lèvres en la poussant en avant. Décidée à passer Continuer la lecture#boost#06, visages|Miroir

LVME#10#| Polar : le tonneau de zozime

Le 17 janvier 2022 à 20h15, Melissa Delillo qui sort comme tous les mercredi mixer au Copacabana, trouve son voisin Zozime Bouzaoui à moitié nu sur son palier, grelottant dans une chemise d’hospice civil de Lyon. Elle lui passe un peignoir marron glacé en panne de mousseline de soie, s’arrête chez les Moreau pour les prévenir, file car elle est vraiment Continuer la lectureLVME#10#| Polar : le tonneau de zozime

#LVME|09# Vendredi matin : passation

Le vendredi matin vers 11 heures, les talons de Miranda claquent dans les escaliers de la traboule accompagnant une conversation téléphonique ininterrompue. Elle file nettoyer les appartements de Valérie Pasquier. Jour de grand ménage entre deux passations. Les locataires de la semaine ont pliés bagages souvent plus tôt que l’horaire limite et ceux du week-end n’arriveront pas avant le milieu Continuer la lecture#LVME|09# Vendredi matin : passation

#06 commencer par la fiction

Commencer par la fiction, trois fois Le griot, le doigt sur la bouche pendant la visite de la traboule, achève sur un ton confidentiel : c’est là qu’a eu lieu, le crime du siffleur, au troisième, un jour de juin 1939. Le siffleur, c’est comme ça qu’on l’appelait, Hervé Champier ; un cheminot employé aux chaudronnerie d’Oullins qui sifflait tout le Continuer la lecture#06 commencer par la fiction

#04 sols&murs -sols bas murs hauts

Longtemps on n’a pu circuler sur la place qu’en empruntant les planches au dessus de la terre et du sable donnant aux traversées un petit air de place saint Marc les jours d’inondation. Des travaux de pharaon avaient été annoncés par des signes cabalistiques de couleur fluo, jaune ou orange, suivis des tranchées pour la reprise des canalisations, de gaz, d’électricité, Continuer la lecture#04 sols&murs -sols bas murs hauts