A propos de JLuc Chovelon

Prof pendant une dizaine d'années, journaliste durant près de vingt ans, auteur d'une paire de livres, essais plutôt que romans. En pleine évolution vers un autre type d'écritures. Cheminement personnel, divagations exploratives, explorations divaguantes à l'ombre du triptyque humour-poésie-fantastique. Dans le désordre.

#écopoétique #06 | Saint-John-Pluie

Tombez, larmes du monde sur nos idées funestes quand l’air noir se propage jusqu’aux esprits guerriersTombez sur la grève plastiquée de notre plage triste minée par les souvenirs heureux d’un soleil blancTombez et lavez d’une onde de pureté douteuse par cette eau chargée des tourments chimiques qui nous affectentTombez et ne vous relevez pas, restez là, immobile, sentez la terre Continuer la lecture#écopoétique #06 | Saint-John-Pluie

#écopoétique #05 | les restes

Ça fait tant d’années que je n’étais pas revenu. Au moins trente ans, j’ai du mal à compter. Mon grand-père était vivant, Raymonde aussi. Quant à Marguerite, son nom est toujours inscrit sur la boite à lettres en bas du petit immeuble semi-bourgeois de la traverse de la solitude. À Marseille, le style semi-bourgeois se caractérise par des plafonds hauts Continuer la lecture#écopoétique #05 | les restes

#écopoétique #04 | la bombe ma voisine

Il n’y a pas de vent aujourd’hui. Il a plu toute la nuit, les éclairs ont enluminé mes réveils nocturnes et le tonnerre a fait vibrer la maison pendant que je ne dormais plus. On dirait que la nature se repose, qu’elle fait la sieste après s’être déchainée. Je me demande parfois ce que ma maison deviendrait si elle était Continuer la lecture#écopoétique #04 | la bombe ma voisine

#écopoétique #03 | ne plus

À commencer par un pas, puis deux, puis trois. Trois pas seulement depuis le palier de la porte et déjà la poussière de terre m’appelle de ce cri qui résonne sourd. Des aiguilles de pins tapissent le chemin, l’air s’échappe d’un été finissant, odeur de sève, de thym, d’automne. Sous l’herbe jaune, quelques pousses nouvelles verdurent timidement. Les pierres ont Continuer la lecture#écopoétique #03 | ne plus

#anthologie #40 | continuums hypothétiques

Je cherchais un livre dans ma bibliothèque (était-ce un précis de science-fiction ou un exposé de quelques théories spatio-temporelles ?) et je suis tombé dessus. Vous savez, les livres qui se cachent derrière les livres, ceux qu’on croit perdus parce qu’ils sont rangés à l’abri des regards, couchés derrière d’épais volumes debout sur leur tranche dans un renfoncement improbable, ceux qu’on Continuer la lecture#anthologie #40 | continuums hypothétiques

#anthologie #39 | lieux et moment à l’odeur du temps

Je vis l’odeur du temps envahir mon esprit. Vous l’aurez compris, ni le nez ni aucun autre organe en particulier ne permet de saisir l’odeur du temps. Je pourrais dire que c’est une sensation, en sachant très bien qu’il n’est pas possible de déterminer d’où vient une sensation. Un souvenir ? Vaguement. Une certitude ? Imprécise, une certitude imprécise si cela veut Continuer la lecture#anthologie #39 | lieux et moment à l’odeur du temps

#anthologie #38 | le jour de l’invention du temps

Je vis le soleil se lever derrière la crête de la montagne qui se trouve de l’autre côté de la vallée. C’était un lever de soleil tardif comme c’est toujours le cas en montagne. Comme si les couvertures étaient plus épaisses, le soleil a plus de chemin à parcourir avant que ses rayons effleurent la cime des mélèzes, les clairières, Continuer la lecture#anthologie #38 | le jour de l’invention du temps

#anthologie #37 | trois visions

Je vis les traces des pas qu’il laissait derrière lui. Il venait de marcher dans une flaque d’eau avant de passer devant une vitrine abritée par un auvent en toile. L’eau dessinait sur le sol sec le contour de ses semelles avec le dessin inversé de leur relief. L’empreinte laissée perdait ensuite ses détails pendant qu’il s’éloignait. Jusqu’à disparaître. Il Continuer la lecture#anthologie #37 | trois visions

#anthologie #36 | image mouvement

Tout était arrêté. Autour de nous, la ville était figée. Temps suspendu, image fixe de la projection interrompue d’un film dans une salle de cinéma à la suite d’un incident technique. Bobine cassée, panne de projecteur, rebondissement d’un scénario de science-fiction. Tout ça à la fois. Le temps était arrêté sauf lui qui marchait. Sauf moi qui le suivais. Sauf Continuer la lecture#anthologie #36 | image mouvement

#anthologie #35 | l’autobus

L’autobus roule. Il est filmé par-dessus, le grand rectangle blanc de son toit est posé au centre de l’écran dans sa largeur, il semble immobile. Sur le bord de l’image défilent de droite à gauche des personnes, des voitures, un parapluie ouvert vus du ciel. Des traits de lumière zèbrent le bord de l’image de gauche à droite, les reflets Continuer la lecture#anthologie #35 | l’autobus