A propos de Vincent Francey

Enseignant, chanteur et clarinettiste amateur, je vis dans la région de Fribourg, en Suisse, et suis passionné de lecture et d'écriture depuis toujours, notamment via mon site a href="https://www.lie-tes-ratures.com/">lie tes ratures mais aussi sur un blog né à la suite de l'atelier d'été sur la ville : fribourgs.com. Auteur d'un livre autoédité, Je de mots, dictionnaire intime, je suis également présent sur YouTube pour, entre autres expérimentations, y parler de mes lectures.

#voyages #prologue | Ce fut / Ce serait

Ce fut Prague, les rues de couleurs et ce nom : Franz Kafka. Ce fut l’île de Skye, la falaise au corned-beef fouettée de pluie. Ce fut Bruges, la valse des verres et ce nom : Rochefort 12. Ce fut Kunming, la cohue souriante qui ne dit jamais non. Ce fut Nantes, ces quatre hommes qui se sont levés sous la pluie. Continuer la lecture#voyages #prologue | Ce fut / Ce serait

Carnets individuels | Vincent Francey

#1 Il ne pleut plus. Pourquoi en suis-je surpris ? Peut-on décider d’êtresurpris ? Cette femme dans le train, capuchon sans visage. Train la nuit, on ne sait plus quelle gare, on était trop dans le livre. Trois machines de chantier orange dans l’ombre, à l’arrêt. Désobéir : l’imprévu aussi dans le monde intérieur. #2 Il venait, il disait quoi, poussait quels cris ? Continuer la lectureCarnets individuels | Vincent Francey

#photofictions #09 | L’enfant et la frontière

L’enfant n’ose pas sortir de la forêt. Il a peur des policiers et des gardes-frontière, parce qu’il sait que c’est tout près, la France, peut-être même que c’est déjà là. Il n’a jamais franchi de frontière, l’enfant, alors il ne sait pas si ça se voit, une frontière, dans une forêt, il ne sait pas s’il y a des gens Continuer la lecture#photofictions #09 | L’enfant et la frontière

#photofictions #01 | manivelle ; marteau-piqueur

Deux pans : le mur, crépi ; ligne noire ; d’autres murs, fragmentés. Pierres apparues, briques, ciment, coulures. De la chaux, de la moisissure, des carrés de sol quadrillés, usés, piétinés. Du temps amassé sur ce sol, sur ces murs. Rosé, le crépi. Et la manivelle, obsolète, cachée dans l’ombre d’elle-même, rouillée. FUCHS Frères Constructions mécaniques PAYERNE Suisse. Gravé : Continuer la lecture#photofictions #01 | manivelle ; marteau-piqueur

#chantiers | Grange

Né du cycle « faire un livre », voici mon chantier, une histoire que j’ai nommée Grange en référence à la grange de la ferme de mes parents qui se trouve être justement en ce moment en chantier, la grange devenant appartements. Il s’agit donc d’un retour à mon enfance à travers la fiction que voici.

#40jours #40 | satellites

Journal d’écriture du projet Grange, ouvert le 23 juillet 2021 : besoin de réfléchir à la matière accumulée, d’esquisser des structures, d’interroger le déjà-écrit. Deux-cents pages en un an et un jour, presque un livre entier, ce moment de la fin qu’on repousse sans cesse et ces trente-neuf variations, ces satellites qui tournent autour du livre, ces mots qui se glisseront Continuer la lecture#40jours #40 | satellites

#40jours #39 | le mot de la femme de dos

Cela se passait là, dans cette grange – tout se passe toujours dans cette grange –, il y avait lui, il y avait elle, et le dos de cette dame qui s’en allait. L’écho d’un mot aussi : l’Amérique. Cette grange sans les dessins, cette grange nue, de l’herbe, une fourche, la tête noire de Dahlia, cette grange avec elle et Continuer la lecture#40jours #39 | le mot de la femme de dos

#40 jours #38 | frontières vers l’Amérique

Pour aller en Amérique, il faut franchir deux frontières. Seulement deux. L’enfant a la carte devant les yeux. De la Suisse à la France, de la France à l’Amérique, avec un océan au milieu. La première frontière, celle de la Suisse à la France, l’enfant la connaît déjà, on était allé de l’autre côté, la douane, c’était Vallorbe, il a Continuer la lecture#40 jours #38 | frontières vers l’Amérique

#40 jours #37 | pèlerinage au ruisseau

L’enfant – ce n’est plus un enfant depuis longtemps mais ici oui – l’enfant est allé au ruisseau, un presque rien d’eau qui file droit entre champs de maïs et champs d’orge, une haie, un arbrisseau rabougri mais tenace, le souvenir des bouteilles de limonade qu’on emballait de papier journal et ce parfum d’herbe et de terre, l’enfant – retombé Continuer la lecture#40 jours #37 | pèlerinage au ruisseau

#40 jours #36 | grange-cimetière

Cette grange, se dit l’homme, c’est un cimetière, un cimetière sans morts, un cimetière dont les morts sont ailleurs, mais un cimetière quand même. L’homme est debout devant la fleur. Il lit – il n’y a rien d’écrit sur le mur mais l’homme lit – ci-git lui, ci-git l’homme qui aima la terre, ci-git la terre elle-même, ci-git le paysan, Continuer la lecture#40 jours #36 | grange-cimetière