autobiographies #03 et 04 | autobiographie véhiculée de ma voix qui pleure

passe la montagne le soleil, ce jour nouveau, le nom de la montagne, les noms de chaque montagne falaise et barre, cette route, le pont de nann, quelqu’un est mort ici, nouveau jour, le trousseau allégé ne tinte pas, le carton le plastique grincent toujours, sifflet de la vitre entrouverte toujours mais pas de soufflerie, que moteur, n’aimerai pas plus ma voix ou ce qu’il en restera, d’éloigné, de dévoré, bonjour les arbres de la forêt moussue, bonjour toi sur l’autre rive bonjour pin d’alep tout seul, seras-tu celui qui stoppera net ma voix véhiculée un autre matin, d’hiver, bonjour roches et pierres et ciel et soleil sur les cimes et fougères, et les animaux petits et grands cachez-vous, vent qui efface et dilue et estompe, les noms des vents, des nuages, si peu de mots, qui ne viennent à l’esprit de ma voix qui veut penser à voix dite, hors dedans tête, doigt d’ange sur mes lèvres, penser haut ne donne pas les mots, le nom du vent de ce jour, le nom du nuage d’hier, le nom de la falaise de maintenant, si peu de mots, les chercherai en silence dans l’encyclopédique, n’être que voix débile de ce qui vient à l’esprit dans véhicule tetrapak, la mer on ne la voit pas, nuages de l’Est bas, tous ces petits chênes après le col, les noms de la couleur verte, on ne voit pas de mer, plus de mer, qu’est-ce qui n’est pas résolu dont je ne suis débarrassée de cette histoire, les noms des roches, les noms des gris, les noms des bruns et des ocres, traces d’avions, lire leurs feuilles de route, les couleurs du froid de la chaleur, vers le plateau premier palier, jamais plus descendue au niveau de la mer ne connais pas d’adresses, ma voix qui pleure ne donne pas plus toutes les pensées de ma tête que la voix de mes mains, elle les dit autrement, pauvrement, elle collisionne les vu, au matin de ce jour avec les j’ai connu quelqu’un qui, transcrire ma voix qui pense à haute voix ne sera que partie de ma voix qui pense à, autrement, double partie, montée de sixtes parallèles, faire des boucles, ma voix que je ne préfère pas entendre tant elle pleure ma voix haute aurait donc besoin de ma voix basse, celle des mains qui transcrivent le souffle, et pourtant cela ne suffit pas, je dois en appeler à une autre voix pour la jonction la complétion entre les deux précédentes, elles ne savent rien faire toutes seules séparément, la voix de la complétion vient des morts, depuis les mastabas sous les hauts porches, les rencontrer, un par un, pas eu le temps de tous, de les manger, d’ailleurs les vivants ne les connais pas plus que ça, ne connais pas leurs adresses vraies, les morts sur les bords de la route, un bouquet desséché, un marbre gravé d’une moto d’un prénom, des fleurs en plastique, des chiffons en torchis, marquent les adresses des morts sur la nationale, ci-mourût tel, borne 28 nationale 85 code postal 05460, l’âme de celui-ci à cette adresse, et encore imprécise, dix mètres avant la borne 28 ou 3 mètres avant la 29, ou bien un caveau, ailleurs, ou bien un colombier, ou bien, en quel lieu cette voix motorisée interceptée, accrochée à une branche, caillot collé aux écorces, et qui aurait à lui écrire ou l’entendre, ne plus savoir où s’adresser, au mort dont la voix persiste, lieu des recouvrances, l’arbre la pierre sur le bord de la nationale, un cimetière ailleurs, adresse obsolète ne servant de rien, une boîte aux lettres encombrées de prospectus, courriers administratifs, ne connais pas d’adresses, sauf la mienne qui ne récolte que les mêmes, prospectus et administratifs, jusqu’à ce que, lassés, plus rien, et de fait ne serai pas dans ma boîte aux lettres, peut-être au pied du pin d’alep ou de ce chêne-là, trop petit, quoique, pas grand chose pour buter une voix en terre, un caillou mal placé, éboulé , ailleurs, au lieu où se sera tue ma voix, mes voix, et, je l’espère tant, mais pourquoi, toutes mes voix réunies au mastaba, avec les autres morts ou comateux que l’on éveille de temps en temps, comme les vivants, Lucien à vilote, Audrey à ferrère, Edmond à saint-jean, ma sœur rue de tunis, pouvoir trouver leurs adresses partout et puis, leurs voix je les entends sans adresses, chiffres, noms de voies, seuls les végétaux habitent là où ils sont, vivent et meurent au même endroit, sans adresse l’arbousier aux fruits vermillons, temporaire localisation cadastrale sise à six mètres de l’excavatrice, seetp, plot plastique blanc lesté d’eau, barrière cmat, feu provisoire, décompte cadran lumineux 7 passé à 6, prendre un bonbon, chêne vert et arbouses, 5, chemin corniche, panneau impasse interdit à tout véhicule, 4, oh ma voix véhiculée, grand pin parasol découpe colline au loin face, 3, délire des oiseaux trouées vacarme excavatrice, 2, tranchée, câbles tuyaux bleus, sable vole, enterrement, 1, ne sais pas compter, cadran rebours, pas de 0 clignotement circulez, pub histoire de glaces, en piste pour votre réussite, suis passée par les nuages, oh, cent pigeons gris en symposium sur câble électrique, attention aménagement sécuritaire provisoire, 30 rappel pas plus, dos d’âne en triangle, boulevard alice, ne vois pas d’ipomées, camion-poubelle jacarandas violets, détritus sur les bas-côtés, matelas, meubles brisés, un canapé immonde, cut, le rythme tapotis je déverrouille, deux croches, double croche pointée trois fois et toc, silence,

connais quelqu’un qui terrasse chaque matin une monstruosité dans la montagne entre les blocs gris, ne connais pas tout le vocabulaire des montagnes, encyclopédisme, ni l’adresse de la marmotte, ne sais nommer les géologies, cirque pierres lavandes, les sauvages les vraies les angustifolia les aspic, qui les aura nommées, quelle adresse la marmotte, l’image dans la tête, l’été dernier, l’alpe, marmotte à plat ventre sur un bloc de granit se chauffant, le berger quel besoin d’être localisé, abreuvé de prospectus, gendarmerie employeur pompiers, son gîte de nuit bergerie, se cacher, vivre et se cacher, la marmotte creuse de fausses entrées, ne donne pas son adresse au loup, aux chasseurs, on chasse les marmottes qui le sait à part les chasseurs, et les laboratoires, si besoin l’adresse du laboratoire, et cela ne m’y mènerait pas, le numéro la voie donnée à mâchouiller à une application, refusé, je m’applique à reconnaître le chêne rouvre quelques kilomètres avant le laboratoire où déposer trois pipettes de mon sang, sur la nationale des ci-mourût ce chêne précis sous lequel simone a embrassé lucien et identifiable à ce baiser, cet arbre, si quelqu’un savait, l’aurait su mais de peu, et encore, si la connaissance du baiser de simone à lucien sous ce chêne rouvre le localisait lui, ce chêne, même si longtemps longtemps après le chêne grandi, forci, simone sous terre et lucien pas loin, auraient déposés leur baiser au mastaba, avec quels mots, ci-naquît les amours de simone et lucien, habitant ou ayant habité au numéro tant de la voie z, code postal x quand leurs voix véritables demeurent dans les lignosités du chêne qui n’a pas les mots pour dire le baiser de simone à lucien, alors que quelque chose d’indescriptible commençait là, faire des boucles, nulle administration n’accepterait comme adresse “au-chêne-du-baiser-de-simone-et-lucien”, quelque chose d’indescriptible d’inaudible, ça le constitue le chêne l’histoire de simone et lucien, le chêne a constitué l’histoire de simone et lucien, l’univers a bougé, avec ou sans cœur gravé dans l’écorce, avalé les cœurs, sève battante du baiser, peut-être venaient-ils aux anniversaires du baiser, simone et lucien, le chêne venait aussi là où il est déjà et encore et depuis longtemps, des rites, des saisons, la mer sorbet d’abricot, rite du premier feu de poêle à bois, de la cueillette des dernières tomates vertes, avant le gel, le rituel nouveau des enregistrements, trajet du matin, de ce qui me constitue et que je ne sais pas entièrement, s’habituer à ma propre voix, oublier qu’elle pleure, chuinte, ma voix chuinte que je transcrirai ce soir malgré ce qu’elle raconte dans son timbre et souffle dont je ne veux me souvenir, sommant les capacités supposées de mes autres voix, mains, corps, morts, âmes accrochées aux pierres rives déroutes, complétion, ai connu pourtant des arbres, deux mûriers blancs, occlusion de béton et ruines ronces-mûres, deux chênes de cinq cents ans et ne dirai où, un fusain japonais la petite centaine, un mirabellier à l’Est d’une voie ferrée, un pommier cerclé d’ancolies, je tairai leurs adresses, ceux qui savent savent, ces arbres personne ne voudrait entendre, ou en constituer fait divers enrobé encyclopédisme personnages lieux, l’attendu, éventuellement, le dénié, plus souvent, quels sont les faits, soyez factuelle, des voix entendues et puis quoi, comprendre imaginées par vous, écrivez noir sur blanc, adressez-vous à, postez à telle adresse, les lettres gênent, je n’écris plus de lettres, des courtoisies jointes aux courriers administratifs, une adresse un envoi à quelqu’un travaillant à tel endroit factuel, une préface, j’ai écris du sincère de mes multiples voix, à la main, comme un livre ils disaient avec sourires mais ne répondaient pas, n’écris plus, téléphone parfois, ma voix qui pleure et chuinte ne s’entend pas telle au téléphone, elle s’enjoue et sourit toujours, des sentes, des traverses, brouillages des pistes, tracés par noirceur, rejoindre les furtifs, personne n’a jamais trouvé mes logis successifs sans repères, après la boulangerie, avant le carrefour, à hauteur du panneau, juste avant l’église, n’ai rien dit des arbres, ces épouvantes, les arbouses sans le rai de soleil on ne les voit plus, les chimies de la lumière les spectres le froid se mussent à la porte de cet automne trop doux,

lapiaz lapié ciselure eau tellurique chaîne pente escarpement estive estiver alpe enmontagner amoncellement mont vallon falaise serre crête baou barre chau chalp adret ubac pointe tête pic roche rocher roc cluse clue gorge doline cirque poljé karst calcaire grotte gouffre marne érosion fissure tuff travertin argile concrétion ma voix rauque ne vais pas aimer

A propos de Pietra Balsi

Elle s'appelle Pietra, Pietra Balsi. Elle est cilice dans sa propre chaussure. Pierre contre laquelle ils trébuchent. Elle vit dans l'angle d'un carreau de verre soufflé au grand feu mais par qui. Elle est piètre compagne. Rugueuse, elle n'est pas polie. https://pietrabalsi.blogspot.com/

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