#40jours #39 | Sur la route

Partir à l’aube, avant tout le monde. C’est plus fatigant mais il y aura moins de monde sur la route. Ce que tu te dis pour te persuader. Les enfants dormiront à l’arrière du véhicule, dans le désordre et l’accumulation des bagages. Une chance d’avoir la paix. Avant le lever du jour, la faim qui tenaille, le besoin de s’arrêter, Continuer la lecture#40jours #39 | Sur la route

#40jours #39 | fragments d’enfance parisienne.

Transforme, c’est à dire agit sur la forme, principalement en interrogeant sa nature la plus secrète. Traverser la forme, les formes comme une autre flèche à l’arc. Et en tous cas ramène la forme à cet espace, à ce lieu du secret. L’idée que ce secret recouvert par tant de fantasmagories puisse, grâce ou à cause de l’écriture, ressurgir, questionne Continuer la lecture#40jours #39 | fragments d’enfance parisienne.

#40jours #39 | Tombeau du toi d’avant

Ce soir, tu sais que quand tu reviendras, dans longtemps, tout sera presque exactement comme maintenant. Juste l’odeur de la naphtaline qui aura eu le temps de tout imprégner. Il faudra alors chasser l’air vicié par la longue obscurité, aérer en grand, un peu comme si tu apportais l’air frais, vif, neuf d’où tu reviendras. Tu sais aussi que tu Continuer la lecture#40jours #39 | Tombeau du toi d’avant

#40jours #39 | je n’ai pas grandi à Lissieu

Je n’ai pas grandi à Lissieu, je n’y suis pas venue en vacances non plus chez une grand-mère, une vieille tante ou un vieil oncle ou chez des paysans louant quelques pièces à la campagne au bon air. Je peux imaginer ou transposer l’arrivée de la ville de ces enfants qui viennent en voiture au château ou par le tram Continuer la lecture#40jours #39 | je n’ai pas grandi à Lissieu

#40jours #37 | pélerinage : écrire et parcourir trois lieux obsédants de l’enfance

| le HLM orange et sa lourde porte qui se refermait sous propre son poids dans un léger claquement net et sans bavure pendant que le bébé dormait là-haut dans le silence de l’appartement vide | la maison à la petite grille noire et aux petits gravillons gris, maison de la fugue enfantine. S’avancer en chaussons sur les petits cailloux gris. Continuer la lecture#40jours #37 | pélerinage : écrire et parcourir trois lieux obsédants de l’enfance

#40jours #double | dans le jardin

Il me semble bien qu’un point d’usure est atteint. Que cette rue a été suffisamment arpentée. Du bas jusqu’à ce presque haut que tes pas ne parviennent pas à fouler. Que les souvenirs du numéro 1 au 21 se sont écrits. Cela suffit, non ? Qu’il faudrait pousser l’avancée jusqu’au numéro 40. D’ordinaire, tu aimes bien les sous-bois et les zones Continuer la lecture#40jours #double | dans le jardin

#40jours #39 | Champagne

Les bulles pétillaient encore. Quelques fonds de champagne dans les flûtes posées sur la table basse. Peut-être de moins en moins de bulles, mais assez pour moi, lors de cette fin de soirée, dans ce salon, d’où les adultes s’étaient éloignés. Sensée m’être endormie dans la chambre des enfants, aux lits superposés. Ce soir-là chez le couple d’amis de mes Continuer la lecture#40jours #39 | Champagne

#40jours #39 | le pull rouge

Je marche sur mon enfance comme sur un terrain marécageux à la recherche de points d’appui qui m’empêcheraient de m’enliser. Je sais pourquoi. Mais en parler deviendrait juste des mots posés sur du papier, je préfère donc fixer mon attention sur le pull rouge, placé un mois à l’avance sur le dos de l’unique chaise de la chambre, dans l’attente Continuer la lecture#40jours #39 | le pull rouge

#40jours #36 | parole aux morts

Estelle R. 1978-2016 Je me suis jetée dans la Loire, un jour de décembre gris. L’eau noire m’a avalée. J’ai noyé ma douleur. La tête en étau. La peau grise. Plombée de chagrin j’ai sombré dans la vase le limon les algues dérivé délivrée légère enfin dans le courant dissout le corps et l’âme dans les méandres du fleuve. J’ai Continuer la lecture#40jours #36 | parole aux morts

#40jours #39 | ville-maison

La ville est un refuge. La chose fixe et sure de laquelle partir et à laquelle revenir. La ville est une maison. De l’enfance le nom de rue est un pays. Ce n’est pas un départ c’est un déracinement, un arrachage propre et sec des racines d’une plante qui visiblement n’a rien à faire là. J’attendrai 43 ans avant le Continuer la lecture#40jours #39 | ville-maison