#40jours #32 | les capitales sont des lettres

Je suis devenue la terreur idolâtrée d’un Palace new-yorkais, élevée par le personnel, dans une solitude de damnée et tous les lieux huppés de toutes les villes avaient désormais deux accès : le lobby et l’escalier de service. J’étais aussi un petit garçon dans la mouise d’une bicoque où quatre grands-parents partageaient le même lit dans un quartier industriel, un taudis Continuer la lecture#40jours #32 | les capitales sont des lettres

#40jours #32 | bribes de bibliothèque

Ballade dans Londres | c’est le soir | il croise un inconnu qui ressemble à son amour | il baisse les yeux | il est question régulièrement de cosaques Zaporogues | lui sait des lais pour les reines | une femme dont il est séparé | comme une chanson avec refrain « …la complainte de mes années » | il marche, il Continuer la lecture#40jours #32 | bribes de bibliothèque

#40jours #34 | au bord de l’océan

Elle n’avait jamais été la rivière apeurée. Enfant, jamais elle n’avait craint d’entrer dans la mer. Dans l’océan, elle était poissons et mammifères à la fois, algues, vagues, phoques, coquillages, embruns, libre. L’eau était sienne qui prenait possession de son corps tout entier offert. Lui, son contraire, avait peur de l’océan et, sournois, le cachait. Plus âgé qu’elle, il jouait Continuer la lecture#40jours #34 | au bord de l’océan

#40jours #34 | les voix transparentes

Dans l’appartement qui avait appartenu à ses parents et qui était devenu le sien, elle connaissait chaque recoin, avait apprivoisé le bruit des boiseries rabougrissant sous la chaleur de l’été, le sifflement du vent du nord s’infiltrant par les rainures des fenêtres ; même les pas des voisins du dessus se déplaçant d’une pièce à l’autre lui étaient devenus familiers, comme Continuer la lecture#40jours #34 | les voix transparentes

#40jours #33 | inquiétude effroi désarroi

Arrêté préfectoral, interdiction d’arroser les jardins de 9 à 19 heures, de laver les voitures… Le lac de Serre-Ponçon est à un niveau historiquement bas pour un début de juillet. Sécheresse. Manque d’eau à venir. Effroi Rumeur : un homme est décédé, enlisé dans les sables mouvants de ce même lac. Plages interdites. Effroi. La Russie aurait kidnappé plus de Continuer la lecture#40jours #33 | inquiétude effroi désarroi

#40jours #34 | Jardin secret

En fait, la chose est remontée, inattendue, à la lecture de la proposition. Elle n’est pas remontée telle quelle, c’est ce qui est étrange en fait. Elle s’est imposée à travers le récit qui suit, au contact même de ce que soulevaient les indications liminaires. Et donc le récit est exactement l’empreinte de la chose. Pour s’approcher encore, on pourrait Continuer la lecture#40jours #34 | Jardin secret

#40jours #34 | l’ascenseur

Deux immeubles face à face et un centre commercial surplombent la grande place bétonnée. Plantes et arbustes croissent dans des jardinières en ciment. On se presse dans les allées avant d’entrer dans le supermarché. Au septième étage de l’immeuble de droite, un palier en L distribue trois portes identiques. Le lino orange au sol vient d’être posé, l’odeur de colle Continuer la lecture#40jours #34 | l’ascenseur

#40 jours #34 | La fantôme sur la gauche

Les voitures filent. Nous traversons la lande du Dartmoor, le pays des Baskerville. C’est beaucoup plus tard que je lirai le roman. Je ne me souviens pas de ma place dans le convoi de trois véhicules que nous formons, mais je suis dans la voiture de mes parents. Mon père est au volant, je suis assis derrière lui. Comme nous Continuer la lecture#40 jours #34 | La fantôme sur la gauche

#40jours #34 | colère en noir et blanc

A travers les carreaux des fenêtres, la lumière jaune des lampadaires éclaire la rue froide et humide. Huit heures du soir, un peu plus peut-être. Dimanche, les vies s’épluchent à l’intérieur des appartements, au cœur des foyers, autour de la table de la salle à manger. Les dernières heures du weekend s’égrainent. La boule au ventre d’une semaine qui va recommencer, la Continuer la lecture#40jours #34 | colère en noir et blanc

#40jours #32 | Colirocation

Dans l’immeuble ont été relogées des familles de plus mal-lotis. Difficile d’y reconnaître le lieu des temps heureux. Mais il faut faire place. Impossible de les voir comme des réfugiés. Il faut accepter l’idée que de tout temps, sans que cela nous ait été visible, composer avec le précaire. L’accepter au risque de devenir soi-même un refuznik. A devoir se Continuer la lecture#40jours #32 | Colirocation