#anthologie # 17 | Dante Sauveur

La maison perchée sur un roc brillait comme un phare dans la nuit, tous lampions dehors, la cour dallée enserrée dans un muret de pierres sèches accueillait déjà une quinzaine d’invités, les tables se garnissaient de petits fours, de tartelettes, de pélardons, de fruits, de salades, l’hôtesse multipliant ses va-et-vient entre la cuisine et l’extérieur. On attendait encore du monde, Continuer la lecture#anthologie # 17 | Dante Sauveur

#anthologie #17 | rêve et

dans le rêve elle porte une robe de gaze, elle avance vers moi , ses pieds sont nus, de verre il semble; s’ils se brisent la cloche tintera; et la fenêtre vole en éclats. Dehors il neige, de gros flocons échevelés, légers comme des feuilles: Viens, me dit Sylvia, il y a du lait et des biscuits, tu ne sentiras Continuer la lecture#anthologie #17 | rêve et

#anthologie #11 | autoroute

Très vite ça s’était décidé Dans la voiture assise à côté de lui silencieuse Le silence s’est fait après les paroles la précipitation La nuit déjà la ville traversée L’autoroute L’autoroute comme une autoroute comme un rail Il y a peu de voitures peu de camions On salue les trois pins maritimes comme trois chefs apaches comme à chaque fois qu’on passe devant eux comme chaque fois qu’on prend cette autoroute Dans la nuit presque invisibles Seront-ils éveillés Ils ignorent notre venue Ne pas réfléchir se laisser porter Parler il a dit Le bruit de la voiture des roues du silence À quoi pense-t-il Foncer Ne pas penser Le panneau de la ville et les mots attendus énoncés comme à chaque fois Ceux d’une enfant du début du siècle Les dire ces mots les dire mécaniquement les dire superstitieusement les dire comme on rétrograde les dire comme les mains les pieds trouvent le levier de vitesse les pédales les dire comme les disait l’enfant les dire pour les faire continuer continuer une généalogie Déjà on sort de l’autoroute on traverse la ville Le Café Français Au premier étage ils habitaient l’enfant qui récitait la comptine longeait le fleuve pour rejoindre l’école L’imaginer l’enfant Continuer la lecture#anthologie #11 | autoroute

#anthologie #11 | la nuit jusqu’au débord

et dire que les histoires qu’on invente sont les fables qui tiennent au corps, avec le froid dans la maison et les poumons qui brûlent à cause de la cigarette, l’asthme qu’il avait, et la rage déjà quand il balançait tous ses bouquins en dansant sur lui-même, moi j’entendais surtout ses cris à elle qui couvraient les siens, et qui Continuer la lecture#anthologie #11 | la nuit jusqu’au débord

#anthologie #10 | Dimanche 12 juin 1966

Il est déjà tard mais elle ne sait pas se coucher. Elle a quarante-trois ans. Elle passe la nuit à fumer des cigarettes, des rothmans rouge, accoudée à la minuscule lucarne du deux-pièces où elle a tenté de fuir avec son fils. Encore un deux-pièces. Elle repense à la rue Saint-Sauveur et à l’autre fils, François. Vincent dort dans la Continuer la lecture#anthologie #10 | Dimanche 12 juin 1966

#anthologie #10 | Juan/Jean

Il a 50 ans quand il s’adresse au président de la cour électorale de la République à Montevideo pour faire une demande de citoyenneté, la sienne étant périmé, il vit alors en Alsace dans le département du Haut Rhin. Il a 17 ans quand ses parents se marient, trois mois plus tard son père meurt à 44 ans des suites Continuer la lecture#anthologie #10 | Juan/Jean

#anthologie #13 | à la grand-messe

Du côté des dames, trois petites vielles se lèvent, s’assoient, s’agenouillent. Une statue porte un enfant qui porte un oiseau dont la tête a été arrachée. Les enfants de chœur glissent leurs bras dans les manches de l’aube puis les secouent avant de sonner la clochette. Au vitrail, le curé d’Ars sourit et sainte Cécile caresse la lyre. On entend Continuer la lecture#anthologie #13 | à la grand-messe

#anthologie #17 | lieux de vie

Lautaro ne dormait pas27 décembre 1990, Carrer del Lloro, Blanes, Espagne J’étais monté quatre à quatre, une bouteille de vin à la main. La porte de l’appartement était entrouverte, je n’avais qu’à entrer. Roberto Bolańo m’accueillit une cigarette à la main et le sourire affectueux. Derrière lui, Carolina essayait de calmer Lautaro. Elle me sourit aussi, m’indiquant d’un haussement d’épaule Continuer la lecture#anthologie #17 | lieux de vie

#anthologie #09 | Une grande inspiration

c’est ça, respirer, c’est de ça dont j’ai besoin, une bonne bouffée d’air frais, une grande inspiration pour dire enfin les choses, ma mère devra m’écouter cette fois, papa n’est plus là pour la protéger, pour mettre entre elle et moi ce mur de silence que je n’ai jamais osé rompre, parce que sa présence justement, c’était tout ce qui Continuer la lecture#anthologie #09 | Une grande inspiration