#été2023 #03bis | quatre enfants

Ils sont quatre. Quatre enfants qui dorment sous la couverture. Ils sont serrés, la couverture est trop petite pour les couvrir tous les quatre. Les quatre tirent la couverture à eux, à lui, à elle. Florida tente de tirer la couverture à elle, Gaspard aussi, et les deux autres, l’autre fille, l’autre garçon, tentent aussi de tirer la couverture à Continuer la lecture#été2023 #03bis | quatre enfants

#été2023 #03 / Derrière la porte

Tout le monde le sait dans la petite rue aux trottoirs défoncés, et puis je l’ai déjà dit. Écho a vécu trois années de sa vie vagabonde derrière la porte grise du 2171. Comme on l’a beaucoup dit, poussée – chassée ? – par un tempérament follement « romantique ». Aujourd’hui encore je ne sais pas ce qu’il faut entendre par « romantique ». Continuer la lecture#été2023 #03 / Derrière la porte

#été2023 #04 | salon de l’artistique

A L’Isle Adam, elle leur est venue comment l’idée de m’inviter au Salon de l’Artistique cette année ? L’année dernière, il leur avait signalé ma présence sur la commune, ils sont venus à trois, ont installé un beau stand avec mes photographies du Mexique, des tirages d’époque, début des années 40 Paul Strand ne pouvait pas faire ce reportage, il Continuer la lecture#été2023 #04 | salon de l’artistique

#été 23 #4 | trois fois vers Grigny

Le train d’avril s’arrache à la grande ville, qui ne s’efface pas vraiment, prise et postée tout du long dans le maillage de la banlieue avoisinante. La voie ferrée longe le fleuve, que l’historien et l’étudiante suivent du regard, comme s’il avait le pouvoir d’adoucir le paysage autant que l’histoire.  A ce moment-là, tout est possible :  puisque l’étudiante sous pression Continuer la lecture#été 23 #4 | trois fois vers Grigny

été2023 #04 | au chaud d’elle dans le bus

Je me rends en autobus au bourg voisin. J’expérimente le trajet pour de vrai. D’ailleurs je pensais qu’il n’y avait pas de bus, en fait si, on m’a renseignée. Un le matin et un le soir, c’est ce qu’on m’a dit à la mairie. Très bien j’ai dit. Mais je n’ai pas l’intention de faire le voyage en solitaire. J’ai Continuer la lectureété2023 #04 | au chaud d’elle dans le bus

#été2023 #03bis | Louise, Marie et Jeanne

Il est question de femmes ; sur la photographie elles sont trois, Louise, Marie et Jeanne. Louise Sénac est née Louise Fouga, sa mère s’appelle Jeanne, Jeanne Justal. Le prénom complet de Marie, la fille aînée de Louise, est Guilhaumette Jeanne Marie, elle s’appelle Guilhaumette comme son grand-père paternel, Guilhaume Sénac, Marie comme sa grand-mère paternelle, Marie Sénac, née Marie Gascon. Continuer la lecture#été2023 #03bis | Louise, Marie et Jeanne

#été2023 #03 | Derrière l’absence

Comme je le disais, elle était tout sourire, cela irradiait, une source intérieure, cela jaillissait. Il n’y avait pas d’épaisseur, cela irradiait, l’intention livrée entière à son expression, le sentiment tout sourire sur le visage. La présence, sans épaisseur, sans la cave de l’intérieur, une façon pastorale d’être là. Comme les bêtes, comme si infusait la proximité de cette vie Continuer la lecture#été2023 #03 | Derrière l’absence

#ateliers #été2023 #2bis | Jokari

Il avance sur le quai d’un air nonchalant. L’air est humide, la bruine immobile, le ciel touche le sol. Il entend une voix annonçant le départ d’un train sur le quai 2 et il hésite un instant : repartirait-il vers cet ailleurs indiqué ? Non, il ne peut pas renoncer. Pas maintenant. Il sort de la gare et remarque que l’Hôtel Continuer la lecture#ateliers #été2023 #2bis | Jokari

#été2023 #01 | L’atelier

Il suffit de prendre l’ascenseur – quand il n’est pas en panne – pour descendre les quatre étages, déverrouiller dans un bruit qui claque l’électromagnétique ouverture de la porte vitrée blindée, traverser la rue, ouvrir la porte de garage Hörmann qui ferme le passage carrossable entre les immeubles numéro 5 et numéro 9 de cette rue G. , accéder au Continuer la lecture#été2023 #01 | L’atelier

#été2023 #03 | des sanglots on ne savait rien

Comme je l’ai dit, il sanglotait, couché sur le parquet au bout du couloir, sur le ventre, un bras levé au-dessus de lui, l’autre replié sur le côté, comme sa jambe. On ne saura pas d’où venaient les sanglots, ou pas encore. Peut-être que si on trouve un jour le bloc rhodia, on le saura. Lorsque j’ai ouvert la porte, Continuer la lecture#été2023 #03 | des sanglots on ne savait rien