#40jours #34 | l’incendie, la page de dictionnaire et le miroir

Dans le petit matin rougi d’aube, il fait chaud encore. Nous avions évacué nos maisons en pleine nuit et avions attendu que l’incendie soit maitrisé pour pouvoir y retourner. J’avais réussi tant bien que mal à me rendormir rafraichie par des serviettes humides. Plus aucun ventilateur ne fonctionne. Nous n’avons plus l’électricité. La ville s’éveille, ignorante encore de la nuit Continuer la lecture#40jours #34 | l’incendie, la page de dictionnaire et le miroir

#40jours #32 | fragments de villes-en-livres

cases et tôles cuits de soleil dans les débrouillades diurnes et nocturnes de l’En-Ville | cités grises d’asphalte et de béton traversées du bruit adolescent de vélomoteurs où la vie se joue à qui perd gagne | dédale labyrinthique des rues où des portes ouvrent sur des univers étranges | ville défiée objet de dévoration et d’appétits voraces où se Continuer la lecture#40jours #32 | fragments de villes-en-livres

#40 jours #35 | ce ne sera jamais notre rue

Avoir sa rue. Sa rue pour soi tout seul. Sa rue, notre rue, son appartement dans un immeuble, pas notre immeuble, pas notre rue, pas tous les appartements, seulement le sien et pas sa rue, la rue de tous, la rue pas qu’à nous. Voilà ce dont nous rêvons ou ce dont je rêve. Ma rue, mon immeuble, mes appartements, Continuer la lecture#40 jours #35 | ce ne sera jamais notre rue

#40 jours #30 | Amibes sensitives

Dans votre nuit renversée, je me perds parfois.  Vous me réservez une petite place, cela vous demande de l’effort, et je sais comment m’y loger.  Je gratte à votre mur de détresse, je parcours votre lunaire agonie et je m’assois dans un des creux de vos soupirs.  Quand des larmes tombent, j’empoigne la fraîcheur de votre peau et je lèche Continuer la lecture#40 jours #30 | Amibes sensitives

#40 jours #35 | valeur du parpaing

Dans notre ville on bâtissait des maisons oubliées. Dans le temps les parpaings se payaient en deutschemarks – c’était la monnaie de l’époque, une devise dure, stable et fiable. Les deutschemarks se transformaient en parpaings que scellait le ciment réglé en deutschemarks. Dans le temps on montait des façades, des terrasses et des garages où parquer des Golf achetées avec Continuer la lecture#40 jours #35 | valeur du parpaing

#40jours #34 | l’enfant et le perroquet

L’enfant fait du vélo dans la grange. Il n’a pas osé enlever les petites roues. Dehors, il pleut. L’enfant zigzague un peu, il freine beaucoup, il y a trop peu de place pour aller vite, il ne faut pas rouler sur l’herbe, il ne faut pas renverser ce bidon avec des clous dedans et ensuite crever les pneus du vélo, Continuer la lecture#40jours #34 | l’enfant et le perroquet

#40jours #34 | rencontre

J’avais une vingtaine d’années, tout au plus et vivait encore chez mes parents dans une bourgade proche de Hoorn. Marla, ma petite copine vivait dans un quartier proche du mien, mais déjà périphérique, isolé, à la lisière de la ville. Je lui rendais souvent visite avec son accord, ce n’était qu’à quelques kilomètres de voiture. Un soir, en rentrant du Continuer la lecture#40jours #34 | rencontre

#40jours #35 | Esprit de ruche

Dans notre ville, on bâtit continuellement kafka Dans notre ville, on bâtit continuellement Ne nous demandez pas de suivre tous les chantiers, nous ne faisons que notre part d’abeille entre friches et démolitions. Nous n’avons plus de place pour fabriquer nos maisons collectives. Nous squattons en permanence et déménageons au gré des expulsions violentes. Certains bobos bios veulent nous installer Continuer la lecture#40jours #35 | Esprit de ruche

#40jours #33 | inquiétude effroi

un homme au café avec sa fille de dix ans, elle joue sur le téléphone qu’il lui prête pour qu’elle s’occupe pendant qu’avec un copain ils boivent de la bière, chacun sa tournée à la tienne à la mienne hahaha, il est 11h du matin, inquiétude | Passer sous un échafaudage qui couine, inquiétude | elle l’appelle ma crotte, mon Continuer la lecture#40jours #33 | inquiétude effroi

#40jours #33 | des jours d’orage

Inquiétude, je n’arrive pas à l’écrire, à ordonner dans ma tête. Inquiétude, tous ces textes forts écrits déjà. Inquiétude, on est tous reliés là, en cette seconde, et l’état dans lequel on est. Effroi, tout s’effondre et craque, ce noir et cette peur qui s’étale sur la planète. Effroi de ces étoiles éteintes depuis longtemps et qui réagiraient à l’observation Continuer la lecture#40jours #33 | des jours d’orage