#P 6, une semaine un journal

1. Amie.Tu sais que tu la retrouves toujours comme hier, avenante, rieuse, positive. Le verbe haut, fort, ar-ti-cu-lé, savourant un récit toujours prêt à raconter, avec sa voix l’intense de son regard bleu, conter la vie, la sienne, celle des autres, mise en chair de mots dont elle se régale, te régale. Tu vas penser : si différente de moi. Continuer la lecture#P 6, une semaine un journal

#L9 pièces à ajouter au dossier

Libellules. Les rives ombreuses de la Verse étaient infestées de moutisques. Des libellules en livrée bleu electrique – des Calopteryx splendens – faisaient un carnage chez les diptères. Elles montaient, descendaient, de-ci de-là, sur le dos ou sur le ventre, en arrière ou en avant comme d’étranges vaisseaux sans boussole secoués de bourrasques furtives. Groseilles. On lavait les groseilles et les Continuer la lecture#L9 pièces à ajouter au dossier

#Hors Série 2 | Longue vie d’un objet

S’installer au bureau matin ou soir, croiser les jambes, les décroiser, réajuster le fessier en s’agitant d’un bord sur l’autre à cause de l’assise qui manque un peu de rembourrage, à chaque fois s’en faire la remarque en dépit du coussin rajouté pour compenser le défaut de moelleux et ajuster la hauteur, ne pas se souvenir d’où sort ce diable Continuer la lecture#Hors Série 2 | Longue vie d’un objet

P#8 Tu

Tu n’as peut-être jamais fait ce que tu voulais toutes ces années alors maintenant que te voilà vieille, tu n’en fais qu’à ta tête.Tu n’apprécies visiblement pas que tes enfants me parlent.Tu ne veux pas non que ton petit fils vienne jouer avec les garçons trois étages au dessus de chez toi. Tu ne me salues pas non plus, en Continuer la lectureP#8 Tu

la fabrique | Écrire l’été IV

Dimanche Le plus long dans l’écriture c’est de s’autoriser à écrire ce qu’on veut absolument écrire. Je négocie comme au marché des Vacillantes chaque changement de destination d’un texte. Or, à part moi, qui pourrait s’offusquer que ce ne soit plus Selim, mais Osmin qui vive ou dise ou rêve ceci ou cela ? Lundi Matinée d’écran pour la mise en Continuer la lecturela fabrique | Écrire l’été IV

#L9 Une rue longue comme une vie

Marcher dans une rue, une rue longue, longue comme une vie, marcher dans cette rue comme on retraverserait sa vie, à rebrousse temps, tu gravis cette rue comme si tu cherchais à remonter le temps et tu désires si fort t’y voir, t’y rencontrer, enfant, tomber sur toi par hasard, te voir là, jouant sur le trottoir, riant avec d’autres Continuer la lecture#L9 Une rue longue comme une vie

P#6 Seule

Aujourd’hui : lundi 30 Août. Ce matin ça a pris tout son sens, je veux dire ça a recommencé ça s’est reproduit ce que j’avais écrit ; j’ai ouvert les yeux et la lumière du couloir était bleue, je me suis levée comme une petite fille en cachette sans faire de bruit et j’ai allumé l’ordi, je me suis offert de regarder le zoom Continuer la lectureP#6 Seule

#P5 Vertige de colère

Ça tombe dessus, marteau-comète qui brise le crâne et fait perdre pied. Oscillations sables mouvants ventouse à ténèbres ou lévitation forceps arrache-pieds-sur-terre : ce contact douce voûte plantaire. Ça égratigne la patience, bouillonne le sang froid, nourrit le cri de la chorale des rejetons enfouis, couleuvres avalées, frustrations refoulées, colères enterrées sous la chape du plomb de la bienséance et Continuer la lecture#P5 Vertige de colère

Lire avec vous / sentimenthèque d’un été Tiers-Livre.

Je t’aime comme de l’eau Je t’aime comme de Kafka à Kafka Je t’aime comme l’écriture comme un couteau Ôter les masques Y penser toujours — « Je t’aime comme mouillette d’œuf coque et d’enfance, ou l’omelette de petite adulte dans son studio. » page 33 Merci Milène Tournier pour Je t’aime comme et Sébastien Bailly pour la proposition d’écriture et le tirage Continuer la lectureLire avec vous / sentimenthèque d’un été Tiers-Livre.

#L9 | Féérie perpétuelle 2

29/08 [MAL]Tu as tous les droits, sauf celui de te faire mal, dit-elle à l’enfant qui semble immédiatement comprendre l’ampleur de cette responsabilité.  **« C’est mal » s’écrit souvent : « c’est très vilain », en rose sucre, avec un petit sourire. Mais parfois, trop souvent, en lettres de honte sur mon visage durci par le scandale. *** Les mots vidés de leur contenu, la parole sans Continuer la lecture#L9 | Féérie perpétuelle 2