#anthologie #26 | craquements

Ça craque. Tu dors ? C’est le bois qui travaille, a dit papa. Bois du vieil l’escalier qui mène aux chambres, bois des vieilles charpentes, bois des portes jamais vraiment fermées, celles des granges. Ça craque de partout, je te dis. Chut. Il n’y a pas que le bois. Un bruit de pas, quelqu’un qui monte les marches sur la pointe Continuer la lecture#anthologie #26 | craquements

#anthologie #26 | rue d’orsel

ça lui reprend l’envie de crier dans la rue comme une ambiance d’instant historique comme ils disent il a envie d’en être de drapeau brandi ça fait longtemps qu’il n’avait pas eu ces idées il avait même cru ne jamais y revenir et quand elle lui a parlé de la manif il n’a pas compris de suite elle parle vite Continuer la lecture#anthologie #26 | rue d’orsel

#anthologie #26 | La pluie et la fureur

Il y a du bruit partout dans la maison, dehors c’est la tempête, dehors les cris de la pluie continuent d’hurler contre les tuiles. D’en bas, elle perçoit le clapotis des gouttes qui envahissent le grenier. Elle n’a pas la force de monter. Elle n’a plus la force depuis longtemps déjà. Le craquement du plancher. Juste avant le bruit des Continuer la lecture#anthologie #26 | La pluie et la fureur

#anthologie #26 | Dans la crypte

Plus on descend l’escalier de pierre plus on entend ses propres pas, dont l’intensité est proportionnelle à son propre poids, ainsi que celui de ceux qui vous suivent, respiration sifflante de la quatrième personne derrière liée au son mat de ses baskets s’écrasant sur chaque marche, sautillement d’un gosse à deux pieds sur chaque marche sa mère le retenant par Continuer la lecture#anthologie #26 | Dans la crypte

#anthologie #26 | De près comme de loin

De loin ça ressemble à une musique d’ambiance d’un soir d’été, comme un bruit confus de notes légères. En s’approchant un peu de là où le son remplit l’air, on arrive à distinguer le grésillement de quelques accords grattés sur une guitare amplifié par une possible sono mal réglée, de paroles en anglais chantonnées qui tentent de prendre le dessus. Continuer la lecture#anthologie #26 | De près comme de loin

#anthologie #14 | pas si compliqué

Ça pourra te paraître « un peu compliqué », c’est toujours comme ça la première fois qu’on joue, le temps d’apprivoiser les règles, a dit le fils en tendant la boîte vers lui ( est ce qu’il y attachait de l’importance à ce jeu, il voulait simplement, se réconcilier ) ; il faisait beau pour un dimanche, plein soleil. Et tu verras Continuer la lecture#anthologie #14 | pas si compliqué

#anthologie #26 | scialytique

d’abord c’est ténu, ça arrive comme d’un couloir, ça approche, ça se rapproche : des portes battantes peut-être ; frottement assourdi de semelles muselées, de polyester; glissière qu’on zippe ; il y a comme un roulement : des charriots peut-être, ça tire, ça racle : on déplace des meubles, on pose des choses : entrechoquement d’objets, métal contre métal. Il lui semble Continuer la lecture#anthologie #26 | scialytique

#anthologie #22 | Via Medina

Je prends la via Medina, j’ai choisi de passer par là, je veux revoir la via Medina. Elle est plus large que mon souvenir. Ce texte est double car tandis que je marche via Medina, que j’observe la via Medina, je veux me souvenir de ce qu’est cette rue pour moi. C’était mon adresse à Naples. Quatre ou cinq fois Continuer la lecture#anthologie #22 | Via Medina

#anthologie #25 | un souvenir olfactivement pur

L’odeur du sentier d’Avon La forêt de Fontainebleau m’inspire un sentiment assez proche me semble-t-il du sentiment amoureux mais faut voir que je manque de comparaison. Je l’associe à la vue des fougères, des blocs de grès et des pins mais aussi à l’odeur du sentier du rocher d’Avon. C’est  une odeur sèche et ronde. C’est celle de la paille Continuer la lecture#anthologie #25 | un souvenir olfactivement pur