#construire #04 | revenir là toujours

Devant toi la route passe par le pont pas d’autre possibilité. Tu marches sur le pont et tu t’arrêtes à mi-chemin des deux extrémités pour te pencher en posant les mains sur le muret de pierre tu avances le buste juste assez pour voir au dessous l’eau qui dévale et tu sens sur ton visage la fraîcheur qui monte — Continuer la lecture#construire #04 | revenir là toujours

#construire #04 | tu décides de la suivre…

Tu traines. Ton corps et ta peau dans un paysage sans couleurs, un paysage gris et blanc. Délavé. Les nuages se retiennent de pleuvoir. Mais ils sont au bord. Tu traines dans la rue grise. Les murs sont gris. L’église tout en bas est toute grise. Le ciel est gris. Les silhouettes font vite. Il va pleuvoir. Une femme tassée Continuer la lecture#construire #04 | tu décides de la suivre…

#construire #04 | Dégonflée

Tu traînes les pieds ne traîne pas les pieds traîne dans ta tête comme une antienne mais tu traînes les pieds quand même tu traînes les pieds dans le couloir de l’appartement tu traînes les pieds dans l’allée de l’immeuble tu traînes les pieds dans le couloir du métro tu traînes les pieds sur la quai de la gare tu Continuer la lecture#construire #04 | Dégonflée

#construire #04 | Variation

Tu traînes. Tu imagines un algorithme définissant les rues, les quartiers, les immeubles, les mettant en réseau, les séparant les uns des autres : les quartiers connectés, les quartiers fracturés, les rues-monde, les rues-intermodales, les rues-compost, les façades intelligentes, les façades béates, les façades dépierrées, les fenêtres recyclées. Tu longes les petits kiosques à recharger son portable en pédalant, des trottinettes Continuer la lecture#construire #04 | Variation

#construire #04 | une vie qui s’emporte avec toi

Tu ne regardes pas. Assise tu dodelines sans savoir. De la tête du corps tu soubresautes assemblée à rien tenue à rien accrochée à rien — suspendue dans le matin suspendue dans le jour — peut-être la nuit peut-être à peine des bouts de pensée, (un brouillard de choses à faire, ne pas oublier, est-ce que j’ai bien … ?) Tu Continuer la lecture#construire #04 | une vie qui s’emporte avec toi

#construire #04 | voyage immobile

tu regardes dans un cadre au travers d’un cadrebordé le plus souvent de noirparfois un peu brouilléinscrit légèrement de biaisdans un rectangle plus grandlui-même inscrit dans un autre rectangletu oublies le rectangle tu oublies le cadretu vois les murets les treillages les haies se précipiter vers toitu vois les rues les hangars les immeubles les usines les entrepôtsles maisons serrées Continuer la lecture#construire #04 | voyage immobile

#construire #04 | Pour oublier le temps…

Elle marche dans sa ville, elle marche et marchera toujours, c’est sa bouée de sauvetage quand elle se sent mal, quand elle a le blues. Elle a traversé son quartier tant et tant de fois depuis l’enfance, montées, descentes, déambulations ou course après le temps, pieds nus l’été sur le goudron fondu sous la chaleur du soleil, en bottes fourrées Continuer la lecture#construire #04 | Pour oublier le temps…

#construire #04 | Le hors piste de ton nous

Tu rentreras chez toi, tu te réécouteras, transcriras ces mots 1 à 1. Ce sera déjà ça. 00 :15 :57 sur ton H1n Handy Recorder, plage 21/22, mark 1. Tu fermes ta porte d’entrée, fais 15 pas, tu arrives à l’ascenseur, appuies sur le bouton, tu attends, … la porte se ferme, dans le reflet du miroir toi et la lumière Continuer la lecture#construire #04 | Le hors piste de ton nous

#construire #04 | Quand Méde sort de chez elle

Médée sort de chez elle. Le chœur la suit. Le chœur Où penses-tu aller ? quelle cité te recevra ? quel hôte ? qui acceptera de donner l’asile à une femme répudiée, à une femme criminelle ? Maintenant tu es seule et personne ne veut plus te connaître. Tu erres dans Corinthe, dans le pays que tu ne devais pas habiter. Tu galopes sans Continuer la lecture#construire #04 | Quand Méde sort de chez elle

#construire #04 | Grandes marées

Les mains dans les poches, des pas lents, de temps en temps, du bout de la botte, retourner un caillou et finalement, devoir te baisser, presque avec un soupir, pour le remettre en place parce que du bout du pied, tu n’y arrives pas. Tu traînes, les mains dans les poches et les yeux en l’air, tu suis le vol Continuer la lecture#construire #04 | Grandes marées