#anthologie #15 | traverser

« Elle aura eu une belle vie, non ? »… Comment peuvent-ils… osent-ils ça… « Avoir eu une belle vie »… Est-ce que ça veut dire qu’il y a matière à comparer ce qui n’est pas… absolument pas et jamais… comparable ? Est-ce qu’il faut que tout ça soit rempli et qu’on puisse montrer… c’est ça montrer… que quelque part, quelque chose a été réussi… accompli… Continuer la lecture#anthologie #15 | traverser

#anthologie #13 | chez elle

L’appartement a été acheté vide – grâce à la rançon de l’enlèvement (du 12 janvier au 3 avril 1977) de Piero Costa (le fils de l’armateur) qui s’élevait à plus de cinq cent mille euros d’aujourd’hui – un milliard de lires – au printemps de la même année et Mario et Prospero l’ont préparé. Nous avons travaillé sans faire trop Continuer la lecture#anthologie #13 | chez elle

#anthologie #15 | Inconnu à cette adresse…

Où habitez-vous ?… Ce sont les noms propres qu’on perd en premier… L’autre jour , je me suis perdu dans le quartier… impossible de demander mon chemin. J’avais perdu mes mots …mais où habitez-vous ?…je ne savais plus le nom de ma rue… en fait… mon adresse … je ne connaissais plus mon adresse…je l’ai pourtant noter des milliards de fois…mais d’un coup… tout Continuer la lecture#anthologie #15 | Inconnu à cette adresse…

#anthologie #15 | Salut, ça va?

Salut ça va ?… légère irritation car pas de réponse possible… salut ça va, t’ es prêt ? … pas de brèche pour dire si oui ou non, ça va… salut ça va, désolé je suis en retard… même le point d’interrogation après « ça va» disparaît… salut ça va… non ça va pas ! Pourquoi tu me demandes ?… Continuer la lecture#anthologie #15 | Salut, ça va?

#anthologie #14 I rattraper le temps

Je suis à la bourre… pas le temps, pas l’espace, pas l’inspiration, pas, rien du tout… Je vais laisser tomber… respirer un grand coup loin de la feuille blanche… la lavande est en fleurs, les cigales se sont réveillées… les figues, ah les figues ! Le mistral balaie la canopée de chênes verts… je vais me vautrer dans la paresse au Continuer la lecture#anthologie #14 I rattraper le temps

#anthologie #10 | Lui

Le jour de ses quarante ans il piétine devant la porte de son domicile ne sachant s’il veut ou non entrer. Il fait nuit. Il fait froid. Il sait qu’on l’attend pour fêter son anniversaire. Il regrette d’être né en hiver. S’il avait fait beau, si les jours étaient plus longs, s’il n’avait pas besoin de s’engoncer dans des vêtements Continuer la lecture#anthologie #10 | Lui

#anthologie #09 I un pas

je marchais d’un pas résolu, celui d’un jeune homme décidé à en découdre avec la vie, d’en découdre, certes, mais pas comme chacun l’entend, pas comme mes parents l’entendaient, pas comme mon père l’entendait, mais comme moi, je la veux, comme moi je la décide… c’est peut-être eux qui commandent mais c’est moi qui décide, je marchais d’un pas leste, Continuer la lecture#anthologie #09 I un pas

#anthologie #14 | c’est fait, ce n’est plus à faire

« C’est fait, ce n’est plus à faire » se prononce d’un trait, mais pas toujours. On l’emploi couramment sans la négation et sans virgule. Après une grande inspiration, sur une profonde expiration à flot continu dire le plus simplement du monde : « c’est fait c’est plus à faire ». Dans certaines variantes on y ajoute le mot « voilà » comme une sorte de Continuer la lecture#anthologie #14 | c’est fait, ce n’est plus à faire

#anthologie #15 | Pilates

« Mais le Pilates (prononcer pilatesse, comme politesse), le Pilates, ce n’est pas pareil, après tout, ce n’est pas du yoga » pour vous qui ne comprenez pas grand chose à cet engouement déclaré pour toutes les disciplines du corps, je sais… tout cela semble identique… « et ça vient d’Allemagne, ou de Suisse, j’ai confiance dans les Suisses »… rien de mystique là-dessous… Continuer la lecture#anthologie #15 | Pilates

#anthologie #13 | Le Front de mer en 726 mots

En bas de la ville, le Front de mer. Dans le petit matin rose ou bleu pâle, quelques sportifs longent la barrière rocheuse qui le protège de la mer et des vagues. Parfois dans l’aube, la mer ne scintille pas encore, quelques âmes errantes, la démarche parfois titubante, le regard vitreux ou brillant, le corps en dérade, échappées du centre-ville Continuer la lecture#anthologie #13 | Le Front de mer en 726 mots